dimanche 7 juin 2015

Le Designer

Le Designer est un thriller de Sylvie Bardet paru au format numérique au mois de Mai 2015.

Présentation :

Un tueur en série, surnommé Le Designer, emballe depuis 20 ans ses scènes de crime dans du papier kraft blanc. 
Il reste introuvable à ce jour. 
Henry, profileur discret marqué par un passé difficile, se débat entre cette affaire et son attirance irraisonnée et dangereuse pour la femme de son ami d’enfance. 
Jusqu’au jour où tout va basculer… 

Le Designer est un thriller psychologique haletant qui va plonger Henry, le personnage principal, dans un enfer sans issue. 
Il devra lutter contre sa nature et ses sentiments pour arriver à sortir vivant du piège terrible dans lequel il vient de tomber.


Second roman de Sylvie Bardet, Le Designer est un thriller d'un peu plus de 150 pages écrit à la première personne qui vous place dans la peau de l'enquêteur et victime à la fois du tueur en série méticuleux appelé Le Designer. L'auteur nous entraîne donc sur les pas de ce tueur en série qui s'amuse avec son narrateur et l'attire sur les traces de son passé. Henry va alors devoir se confronter aux vieilles histoires de Saint Dix, la ville de son enfance qui n'a pas connu que de beaux jours. Surtout pour Henry.

Bien que l'on en apprenne pas mal sur sa façon d'agir, il est dommage de ne pas suivre parfois le Designer lors de ses meurtres, de ressentir la peur que peut ressentir une de ses proies. Il a pourtant le potentiel pour être tout à fait effrayant mais ce potentiel n'est, à mon goût, pas assez exploité pour en faire un grand méchant.
Le Designer se lit très bien et le personnage d'Henry est bien travaillé. Aussi, la façon dont sont tournées les phrases m'a lancé dès le début sur une fausse piste prévoyant une toute autre fin. Je ne sais pas si c'est voulu mais j'ai trouvé ça plutôt efficace. Je n'en dirai pas plus et vous laisse plutôt le découvrir.

dimanche 31 mai 2015

Le mondologue

Le Mondologue est le nouveau roman d'Heinrich Steinfest paru aux éditions Carnets Nord le 21 Mai.

Présentation de l'éditeur :
Sixten Braun a l’allure d’un homme d’affaires à qui tout réussit : sillonnant l’Asie comme commercial, il est fiancé à une jeune femme de la bourgeoisie colonaise qui l’attend sagement au pays. Mais derrière ce complet veston se cache un homme qui rêve de devenir maître nageur plutôt que manager, et qui n’éprouve que de l’indifférence envers cette fiancée bien sous tous rapports. En l’espace de seulement quelques jours, sa vie est bouleversée par deux accidents incroyables dont il réchappe de peu : primo, l’explosion d’une baleine dans une rue de Tainan, qui le fait rencontrer le grand amour, secundo le crash de son avion en mer de Chine, qui le renvoie illico vers sa mère patrie et un mariage sans amour. Mais parfois, le destin n’a pas dit son dernier mot et voici qu’il apparaît de nouveau dans la vie de Sixten, quelques dix ans plus tard, sous la forme du jeune Simon, son fils présumé avec la femme de Taïwan. Un garçon de 8 ans hors du commun qui grimpe comme un chamois, dessine comme de Vinci, ne parle qu’une langue inconnue de tous…

L'auteur des très décalés, et néanmoins très bons, romans Le Onzième Pion, Requins d'eau douce ou encore Le poil de la bête nous revient avec une nouvelle pépite cultissime. Et comme dans ses précédents romans, il crée des personnages terriblement attachants avec toujours cette particularité de dialoguer avec des mots bien choisis qui allie humour et intelligence. On reconnait même dans tous les personnages de l'ensemble de ses œuvres une certaine façon d'interagir et de penser qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire auparavant.

Dans Le Mondologue, le personnage qui nous raconte son histoire peu ordinaire s'appelle Sixten Braun. Un nom étrange pour un personnage au destin abracadabrant. Après avoir été victime d'une explosion de baleine en pleine rue de Tainan, il réchappe de justesse au crash d'un avion ... Puis, après avoir recueilli un jeune garçon de 8 ans qui ne semble pas être son enfant, il se lance sur les traces de sa sœur décédée quelques années plus tôt alors qu'elle escaladait une montagne.

Entre Sixten et Simon, son fils, un lien fort s'installe. Alors qu'ils n'arrivent pas à communiquer à cause de la barrière de la langue, et il faut dire que la langue de Simon semble totalement inventée, c'est cette affection naissante et grandissante qui va leur permettre de se comprendre et d'avancer. Simon est un garçon assez étrange et très intriguant. Il semble parfois être animé par une force inconnue qui les guide, lui et son nouveau père, toujours vers le bon chemin. Et en plus de cela il dessine comme un maître et sait grimper comme personne. Ce qui rappelle forcément à Sixten sa sœur perdue.

Ce n'est pas l'un qui vient remplacer l'autre. Mais l'un qui s'ajoute à l'autre. Le monde s'accroît. Et il en devient forcément plus compliqué.

Comme l'explique l'auteur, le mot mondologue est un néologisme pour remplacer l'expression "savant universel". Le mondologue est une personne qui s'intéresse à tout. Comme l'annonce le vieux personnage au nom improbable de Mercedes, Simon en serait un. Ce qui pourrait expliquer son comportement, ses réactions, son goût pour le dessin qui offre une vision totalement différente de ce que l’œil perçoit. On est même en droit de croire que son langage est totalement inventé et se base sur une multitude d'autres langages aux multiples racines linguistiques. Ce qui m'a un peu fait penser au film L'homme sans âge de Francis Ford Coppola. D'ailleurs Heinrich Steinfest s'imprègne énormément du monde du cinéma pour mettre en mouvement son roman et il l'utilise d'une manière très originale.

La dernière partie du roman nous embarque vers quelque chose de moins terre à terre et de bien plus fantastique. Après lui avoir ouvert les yeux sur la peinture abstraite, Simon guide son père pour qu'il ouvre son cœur et sa pensée afin de lui laisser percevoir, dans ses rêves, un monde où l'on peut communiquer différemment. Il s'en suit une quête ésotérique mi-rêve mi-réelle pendant laquelle Sixten se repentit de ses péchés et trouve certaines réponses aux questions enfouies au plus profond de son être.

Le roman est magnifique et mérite d'être lu une seconde fois afin de saisir l'ensemble des symboles que l'auteur sème au fil des pages. Heinrich Steinfest signe là son roman le plus abouti à mon goût et confirme qu'il est un grand écrivain.

dimanche 17 mai 2015

L'homme gris

L'homme gris est un roman noir de Fabrice David publié le 31 Mars aux éditions Black-out.

Présentation de l'éditeur :
"Les serrariens représentaient 99% des habitants de cette ville morte. Un amas d’êtres médiocres "qui ne sert à rien".
Il avait du mal à se convaincre lui-même de ne plus mériter cette étiquette qui lui avait collé à la peau avec tant de justesse. Comme ceux dont la vie passait sans que personne ne les remarque. Une existence entière à coûter à la société, sans rien lui apporter. Bouffer, chier, consommer, jeter. Mais en brisant la carrière d’une femme qu’il haïssait, responsable de la mort de son jeune frère, et toujours impunie près de trente ans après, il venait de passer dans l’autre camp. Celui des hommes qui laissaient une trace. Celui des hommes dont la vie avait un but."

C'est entre deux coups de pinceaux ou encore deux coups de tondeuse que j'ai avancé dans le roman. En pleine période de déménagement et de travaux, j'ai dû me contenter de rares moments ces derniers jours me permettant de me poser et de lire ce délicieux roman noir. Heureusement pour moi le roman est très bon.

L'homme gris est un homme comme on en voit partout, ou plutôt il est ce genre d'homme insignifiant que tout le monde snobe. Il est l'un d'entre nous, il est même parfois un peu nous. Il se terre soit chez sa mère, soit à la mairie où il travaille comme fonctionnaire. Il est aigri et se fait discret.
Mais l'homme gris, qui se nomme Heck, ne veut plus être un raté. Il veut enfin faire la fierté de sa mère et venger son frère décédé lorsqu'il était jeune. D'ailleurs l'auteur n'insiste pas sur ce passage, il nous laisse la liberté de nous imaginer l'enfer qu'à dû vivre Heck dans sa famille et comprendre comment et pourquoi il est devenu cet homme si assombri.

Heck est un débutant dans l'art de tuer mais il est malin. Cette part de sa personnalité m'a rappelé avec beaucoup de joie le fabuleux roman de Donald Westlake : Le Couperet. Tout comme Burk Devore, Heck est déterminé mais stressé. Il en devient même touchant. Les autres personnages, eux, ont plus d'assurance et se révèlent être souvent de sacrés ordures.
L'homme gris est un roman sans pitié qui n'épargne aucun de ses personnages et se révèle être une belle critique de notre société. Une très bonne lecture, bien noire !

vendredi 1 mai 2015

Ceux de la plaine

Ceux de la plaine est le premier roman d'Olivier Maison paru le 12 Janvier 2015 aux éditions Kero.

Présentation de l'éditeur :
« Avez-vous remarqué comme les granges sont belles et imposantes par ici ? Ils y mettent ce qu’ils ont de plus beau : leur argent ! Par chez nous, les femmes y déposent leur virginité et les hommes y mettent leur âme, dans les granges. Je vais vous dire : lorsque ces hommes couchent une femme dans un champ, ne croyez pas qu’ils se retirent de peur de les engrosser. Non, c’est une façon d’ensemencer la terre. Leur jouissance, c’est la terre, leurs terres et leurs bêtes, et seulement ça ! Rendre leur femme heureuse… mais c’est le cadet de leurs soucis ! »

Dans la plaine du Vaunard se croisent des personnages hauts en couleur, mais aussi taiseux, semblables à la campagne alentours, dure, contrastée, jalouse de ses secrets et de ses mystères. D’une plume sobre et magnifique, Olivier Maison nous offre un tableau de ce bout de terre, à la fois violent, poétique et crépusculaire.

Ceux de la plaine vous permet de partager quelques tranches de vie de personnages pittoresques, des franchouillards de la plaine du Vaunard qui n'ont pas leur langue dans leur poche et se remplissent constamment le gosier. Olivier Maison crée un véritable univers autour de ses personnages et nous laisse y pénétrer avec beaucoup de facilité.

Nous entrons donc dans un village hors de tout, loin de tout mais tellement proche de nous finalement. On s'y sent bien, on reconnait dans les personnages certains traits de caractères que nous observions étant jeunes sur des personnes âgées ; lors de vacances à la campagne par exemple. D'ailleurs on ne connait pas l'âge des différents personnages, ni l'année à laquelle se déroule l'histoire, comme si l'ensemble de la plaine se situait dans un autre espace-temps. Mais l'auteur nous laisse quelques pistes tout de même qui nous permettent de nous projeter facilement dans le cadre et d'imaginer les traits physiques de ceux qui vivent dans cette plaine perdue.

On ne s'ennuie jamais. Il faut dire que certaines répliques sont hilarantes. Le texte en général est très vivant et le style, travaillé, est succulent à lire. Lu en une journée, je peux vous assurer que Ceux de la plaine est un roman captivant et touchant.

lundi 27 avril 2015

Une putain d'histoire

Une putain d'histoire est le nouveau roman de Bernard Minier paru le 23 Avril chez XO éditions.

Présentation de l'éditeur :
Une île boisée au large de Seattle…
« Au commencement est la peur.
La peur de se noyer.
La peur des autres,
ceux qui me détestent,
ceux qui veulent ma peau.
Autant vous le dire tout de suite :
Ce n’est pas une histoire banale. Ça non.
c’est une putain d’histoire.
Ouais, une putain d’histoire… »

Bonne nouvelle pour les amateurs de polar français, l'auteur de Glacé, Le Cercle ou encore le très réussi N'éteins pas la lumière revient pour nous surprendre à nouveau dans un tout autre style. Cette fois, c'est la première personne qu'il utilise pour nous narrer son histoire, sa putain d'histoire. C'est dans la peau d'un jeune homme de seize ans qu'il se faufile ; Henry, élevé par deux femmes, France et Liv.
Henry est un adolescent comme les autres. Il a une petite amie, Noémie, il va au lycée et a une super bande de copains. En plus, Henry et les autres vivent sur une des îles au large de Seattle, un endroit, d'après ce que l'auteur nous en fait ressentir, qui a l'air très agréable. Mais Henry a un passé qu'il connait mal ... un passé dont il vaut mieux ne rien savoir.

Au départ, le choix de la première personne surprend de la part de Bernard Minier, lui a qui une si belle plume. Mais on est vite conquis par son personnage et l'histoire improbable dans laquelle il nous immerge. Et il faut dire que pour un adolescent de seize ans, il s'exprime plutôt bien.
Le pauvre Henry va voir sa vie bouleversée le jour où un meurtre se produit sur son île et qu'il se retrouve être l'un des principaux suspects. Avec sa bande de potes, ils décident alors de mener l'enquête pour identifier le véritable assassin. Ils ne seront pas au bout de leurs surprises et vont devoir déterrer quelques secrets bien enfouis sur cette île pour pouvoir avancer.

Tout au long de l'histoire, des pièces du puzzle s'assemblent et on peut imaginer de multiples scénarios possibles. Mais à chaque nouveau chapitre nos espoirs s'effondrent et on se retrouve bien obligé de revoir toute notre réflexion. Évidemment ce n'est qu'à la fin que l'on découvre toute la vérité de cette putain d'histoire étonnante. 
Captivant et surprenant, Une putain d'histoire est un roman dont on a du mal à décrocher. Les personnages sont tous attachants mais on sent bien qu'il faut se méfier de chacun d'entre eux. Il règne tout au long de l'histoire une ambiance chaleureuse qui nous ensorcelle et fait de nous l'un des habitants de cette mystérieuse île. Et plus les pages défilent et moins l'on souhaite que la fin approche.
Bernard Minier devient un auteur incontournable du polar français. Il l'avait déjà confirmé avec ses précédents romans mais, avec Une putain d'histoire, il montre qu'il peut toujours nous surprendre !

samedi 18 avril 2015

Les 3 crimes de West Memphis

Les 3 crimes de West Memphis est un documentaire de la journaliste Mara Leveritt paru en février 2015 aux éditions l'Archipel.

Présentation de l'éditeur :
West Memphis, petite ville de l’Arkansas. Le 5 mai 1993, trois enfants de 8 ans sont portés disparus. On les retrouve égorgés le lendemain dans un bois dénommé le « nœud du diable ». Ils auraient été tués suite à un rituel satanique.
Très vite, trois adolescents, Damien Echols, Jason Baldwin et Jessie Misskelley sont appréhendés suite au témoignage accablant de deux personnes.
Malgré une enquête bâclée et une absence totale de preuves, Baldwin et Misskelley sont condamnés à la perpétuité, Echols à la peine de mort...
Face aux incohérences du dossier, un détective privé décide de mener sa propre enquête.
En 2011, les accusés sont enfin libérés. En échange de leur remise en liberté, ils ont dû plaider coupable et s’engager à ne pas poursuivre l’État de l’Arkansas pour les dix-huit ans qu’ils ont passés en prison...

Histoire vraie survenue à West Memphis (environ centre-est des Etats-Unis), Les 3 crimes de West Memphis nous relate l'ensemble des faits de manière assez précise ; les crimes, l'enquête, les interrogatoires et le jugement. Toutes les personnes qui ont été proches ou loin de cette affaire sont citées et l'auteur n'a pas hésité à fouiller dans leur vie.

Le crime : trois enfants de huit ans ont été attachés, torturés, tués puis balancés dans une rivière. La façon dont sont ligotés ces pauvres enfants donnent aux enquêteurs l'impression que c'est l'oeuvre d'une secte. Alors lorsque l'on apprend que le jeune Damien Echols écoute Metallica, lit Stephen King, Anton Lavey et des livres sur l'occultisme, on voit en lui le parfait coupable ... Et ce qui jouera contre lui lors de son procès, c'est le témoignage incohérent et imprécis de son ami Jessie qui l'accuse pour sauver ses propres fesses mises également en danger.
Suite à un procès stupéfiant de bêtises et aux erreurs (voire falsifications de preuves) de la police, Damien Echols se retrouve dans le couloir de la mort et ses amis sont envoyés pour de très longues années en prison. Nous sommes en 1993 aux Etats-Unis.

Ce documentaire est prenant même si certains passages lassent. On est pris par l'histoire tant on est énervé par la façon dont l'enquête a été menée. Il est aberrant de lire de telles choses à notre époque. Ces adolescents ont été présumés coupables et non présumés innocents. Ce n'est pas venger la mort de ces trois pauvres enfants de huit ans que de jeter n'importe qui en prison.

En 2011, après avoir passés la moitié de leur vie enfermés, Jessie, Jason et Damien sont libérés mais toujours reconnus coupables. Ce qui est également dramatique au final c'est qu'on ne connait toujours pas l'identité du ou des vrais meurtriers. Le système judiciaire s'est tellement focalisé sur ces trois adolescents, que tout le monde pensait coupables sans raison valable, que les véritables tueurs ont pu fuir très loin.

Bande annonce de l'adaptation au cinéma avec Reese Witherspoon et Colin Firth :


dimanche 12 avril 2015

Soumission

Soumission est le nouveau roman de Michel Houellebecq paru le 7 Janvier 2015 aux éditions Flammarion.

Présentation de l'éditeur :
Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s'engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l'enseignement, il s'attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu'à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve. Le talent de l'auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.

Michel Houellebecq revient avec un nouveau roman polémique où il est question d'islamisation de la France et du déclin de la puissance occidentale. Soumission est une fiction politique d'anticipation puisqu'il se situe dans un avenir proche, à la fin du second mandat de François Hollande. Cette fois, les partis traditionnels n'ont plus la côte et le Front National continue de grimper. Mais face au parti de Marine, la Fraternité Musulmane, emmenée par le très charismatique Mohammed Ben Abbes, connait une ascension extraordinaire.

Comme à ses habitudes, l'auteur crée un personnage intellectuel, légèrement mou et débordant de névrose. François est un professeur à la Sorbonne et il est surtout une référence sur la vie et les œuvres de Joris-Karl Huysmans, écrivain et critique de la fin du XIXe siècle. Peu à peu que sa vie avance et qu'il se pose des questions, il ressent le besoin de se comparer à son modèle et même de suivre ses traces à travers la France.

Il faut dire que les deux auteurs se ressemblent un peu. Plutôt provocateurs tous les deux, il n'est pas étonnant que le côté sombre de Huysmans plaise autant à Michel Houellebecq qui nous a montré dans plusieurs romans sa vision déshumanisée de la société.

François, comme son idole littéraire, se tournera à la fin du roman vers un culte religieux. Tandis que Huysmans s'est laissé entrainer par l'église catholique, François, lui, se voit converti à l'islam. Ce qui n'est pas étonnant puisque l'islam, dans le roman de Michel Houellebecq, parait être une réponse contre la crise financière et la violence qui s'est accrue ces dernières années en France.

On est loin de l'ambiance de La possibilité d'une île ou encore de Les particules élémentaires mais le roman est loin d'être mauvais. Houellebecq continue de faire du Houellebecq avec son style bien à lui (vous n'échapperez pas à ses escapades sexuelles) mais il n'est pas parvenu à me surprendre comme il l'avait fait dans la plupart de ses précédents romans. Il l'écrit d'ailleurs lui-même dans ce roman, que les romans suivants un chef d’œuvre sont souvent très décevants.

Loin d'être décevant quand même, Soumission m'a surpris au final par cette quête de spiritualité et les questions qui en découlent. A travers les différents personnages du roman, il mesure le pour et le contre d'un parti religieux, et plus précisément islamique. Mais il fait également ressurgir les peurs et les craintes qu'un tel parti peut provoquer en France. Et il se sert d'un grand personnage aux allures de Napoléon pour tenter de nous convaincre.
En plus de montrer du doigt la soumission de la femme envers l'homme, Soumission représente la soumission de l'homme envers l'homme et de l'homme envers Dieu.