samedi 17 décembre 2016

Reflex

Reflex est un roman de Maud Mayeras paru en octobre 2013 aux éditions Anne Carrière.

Présentation de l'éditeur :
« Chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu’aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ? Je suis toujours disponible. »
Iris, photographe de l’Identité judiciaire, shoote comme d’autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.
Henry Witkin, fruit d’une lignée chaotique de filles mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées.
Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu’elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors les monstres se révèlent. Ce n’est que lorsqu’il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines. Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.

Maud Mayeras est l'auteur d'Hématome, un premier roman très réussie qui avait été un coup de cœur pour moi lorsque je l'avais lu il y a déjà huit ans. J'ai profité de la sortie de Lux (paru aux mêmes éditions en octobre 2016) pour me procurer Reflex que je m'étais pourtant juré de lire à sa sortie ... Mieux vaut tard que jamais et grand bien m'en a pris puisque que son deuxième roman est totalement réussi.

Reflex nous plonge dans la détresse d'une mère qui a perdu son petit garçon. Celui-ci, avant d'être sauvagement assassiné, a été kidnappé dans son propre jardin alors que sa mère était dans la maison. Iris n'arrive pas à faire le deuil et son métier de photographe à l'identité judiciaire n'aide pas.

En parallèle, nous apprenons l'histoire d'Henry Witkin. L'auteur insiste bien sur le passé de sa mère et de sa grand-mère. On assiste d'ailleurs à de belles et tristes histoires qui nous expliquent le dur passé d'Henry. Pour mieux le comprendre, tenter de comprendre ses horribles actes car la nature humaine est bien complexe et ce genre de comportement n'est pas arrivé par hasard.

Le lien entre les deux histoires paraît bien simple, et pourtant ce n'est pas le cas. L'auteur réalise un tour de force en assouvissant petit à petit la soif du lecteur. Les théories se multiplient au fil de l'histoire mais la dernière partie va tout simplement les anéantir jusqu'au final époustouflant ... et terrifiant.
J'ai pris mon pied en dévorant ce roman. Maud Mayeras sait donnait vie à ses personnages, elle sait nous tromper en beauté, elle nous captive et nous tient à la gorge sans jamais nous lâcher. Elle sait décrire le Mal et la détresse. Reflex est l'une de mes meilleures lectures de l'année. Une histoire incroyable que l'on n'est pas prêt d'oublier ... Merci Maud !

samedi 3 décembre 2016

Goat Mountain

Goat Mountain est un roman de David Vann paru en Septembre 2014 aux éditions Gallmeister.

Présentation de l'éditeur :
Automne 1978, nord de la Californie. C’est l’ouverture de la chasse sur les deux cent cinquante hectares du ranch de Goat Mountain où un garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille se retrouvent comme chaque année pour chasser. À leur arrivée, les quatre hommes aperçoivent au loin un braconnier qu’ils observent à travers la lunette de leur fusil. Le père invite son fils à tenir l’arme et à venir regarder. Et l’irréparable se produit. De cet instant figé découle l’éternité : les instincts primitifs se mesurent aux conséquences à vie, les croyances universelles se heurtent aux résonances des tragédies. Et le parcours initiatique du jeune garçon, abandonné à ses instincts sauvages, se poursuivra pendant plusieurs jours, entre chasse au gibier et chasse à l’homme.
Soutenu par une prose poétique, précise et obsédante, Goat Mountain est le nouveau roman provocant et visionnaire d’un auteur au sommet de son art. Ce livre ambitieux contient en son essence l’humanité tout entière.

Encore un nouveau roman de l'auteur de Sukkkwan Island dans ma bibliothèque alors même que son nouveau livre, Aquarium, vient de paraître en France. Et comme dans ses autres romans, David Vann continue de sonder au plus profond de l'âme des êtres humains et d'en ressortir des problèmes toujours liés à la famille. Goat Mountain s'inscrit dans un ensemble psychanalytique de l'écrivain qui continue de marquer ses romans par l'empreinte de son passé, de son vécu.

Son rapport avec son père d'abord qui aimait la chasse et qui apparaît dans le roman tantôt comme un homme rustre, tantôt comme un père aimant mais qui n'arrive jamais à offrir de la tendresse à son fils. Puis son rapport avec les armes à feu qu'il combat tant bien que mal aux USA. C'est avec une arme à feu d'ailleurs que son père s'est suicidé lorsque David Vann était adolescent.

La narration du roman se fait à la première personne par un enfant de onze ans qui part chasser avec son grand-père, son père et Tom, un ami de son père. On peut déjà y voir, avec l’absence d'une fratrie et de la mère, comme un nouveau face à face entre lui et son père. Deux témoins sont tout de même là et seront également témoins du meurtre accidentel que le jeune garçon va commettre.

Qui est le véritable assassin dans l'histoire ? L'inexpérimenté, immature, qui a appuyé sur la gâchette ou celui qui lui a mis un fusil dans les mains y voyant un rituel imbécile de passage à l'âge adulte ? C'est bien là qu'est la véritable question ; qui est en faute ?
Le roman suit son cours avec un cadavre à transporter et une décision à prendre pour chacun des personnages : doit-on se taire ? Doit-on prévenir la police ? Dois-je protéger mon fils ? Doit-on laisser l'enfant se débrouiller ? Doit-on le punir à la hauteur de ses actes ?

Goat Mountain se transforme en véritable enfer pour cet enfant qui voyait en ces adultes des exemples pour lui-même. Bien que le roman ait ses longueurs et soit étrangement calme, on ressent le stress subi par l'enfant qui devient de plus en plus intense au fil des pages. Le final explose enfin, comme d'habitude chez l'auteur, et nous laisse une petite marque qui restera gravée encore longtemps après la lecture.

lundi 21 novembre 2016

Pétronille

Pétronille est un roman de Nathalie Nothomb paru le 20 août 2014 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Pétronille est une belle preuve d'amitié d'Amélie Nothomb pour la romancière Stéphanie Hochet. Pétronille et Amélie ont deux caractères opposés ; lorsque l'une brandit fièrement son poing gauche, l'autre s'offre un verre, voire une bouteille, de Moët & Chandon ou d'un tout autre grand champagne. Mais les contraires s'attirent et les deux femmes vont vite devenir inséparables tout en restant chacune un mystère pour l'autre.

Amélie fait la connaissance de Pétronille lors d'une séance de dédicace chez un libraire parisien. La rencontre est si particulière qu'Amélie est véritablement intriguée par ce personnage fort et hors du commun qu'est Pétronille. Depuis ce jour, les deux femmes partagent des coupes de champagne et commencent à partager une amitié qui grandit de jour en jour.

L'auteur agrémente son roman de nombreuses anecdotes bien amusantes avec son style si particulier dont elle a le secret. Si le roman avait été écrit par un autre écrivain, je l'aurais sans doute trouver ennuyeux mais la façon dont Amélie Nothomb raconte son histoire est tellement particulière qu'on arrive à se projeter dans les différentes scènes et à sourire à de nombreuses reprises. Pétronille est un roman frais qui se lit vite et qui m'a fait passer un bon moment !

mercredi 16 novembre 2016

Anonymous

Anonymous, Souviens-toi du 5 Novembre est un roman dont l'auteur a préféré rester anonyme pour rendre hommage au mouvement dont il s'est inspiré, comme le précise la quatrième de couverture. Le roman est paru le 19 Octobre 2016 aux éditions Pygmalion.

Présentation de l'éditeur :
5 novembre 1605. Guy Fawkes tente de faire sauter le palais de Westminster le jour de l’ouverture de la Chambre des Lords. 5 novembre 2020. Le groupe Anonymous diffuse sur l’ensemble des chaines télévisées du monde entier un message étrangement menaçant.
Le monde est en train de basculer. Quatre siècles de conspirations vont trouver leur conclusion. Quatre siècles de luttes entre le Pouvoir et les servitudes qu’il impose, et les Anonymes et la liberté qu’ils défendent. De Shakespeare à John Lennon en passant par Charles Manson, l’Histoire appartient au complot. Ces personnalités étaient-elles des Anonymes ou des esclaves du Pouvoir?

Le masque de Guy Fawkes continue à faire parler de lui et cette fois c'est par un roman qui s'appuie sur des faits historiques pour construire l'histoire d'une grande conspiration anti-système qui dure depuis plus de quatre cent ans. En effet, c'est en 1605, le 5 Novembre pour être précis, que Guy Fawkes a mis en oeuvre un plan visant à faire exploser le palais de Westminster, ou Chambres du Parlement, à Londres. Dans le roman, nous faisons un bon léger vers le futur pour retrouver un monde vivant en 2020 et sous la menace d'une équipe de hackers plus douée que jamais ; les Anonymous.

L'auteur fait évidemment référence au célèbre collectif Anonymous dont les hackers qui ont joué plus d'un tour aux gouvernements ou autres organisations mafieuses en publiant par exemple les noms et coordonnées des membres ou en utilisant des attaques DDoS.
L'auteur, comme tant de curieux, semble avoir envie de connaître le cœur de cette organisation ou, du moins, il imagine que ce collectif est réellement organisé par un noyau central qui décide des actions à mener. J'ai trouvé d'ailleurs un peu dommage que l'auteur ne garde pas ses personnages un peu plus discrets, voire invisibles, car c'est ce qui fait le charme du collectif.

L'histoire est vraiment très bien ficelée. L'auteur utilise Guy Fawkes, John Lennon, Shakespeare ou encore Charles Manson pour monter une conspiration sur plusieurs siècles. Il le fait de manière efficace car il utilise de nombreux faits réels pour alimenter son histoire et arrive même à semer le trouble dans l’imagination de son lecteur. Les personnages sont intéressants, on part dans une aventure parfois dans le style d'un roman policier ou bien parfois dans un roman historique. J'ai eu ma petite préférence sur les passages concernant le grand Shakespeare et Guy Fawkes qui est devenu depuis le film V pour Vendetta un symbole important de la résistance anti-système, un peu à l'image du Che Guevara.



lundi 7 novembre 2016

Demain les chats

Demain les chats est le nouveau roman de Bernard Werber paru le 03 Octobre 2016 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
Pour nous, une seule histoire existait : celle de l'humanité. Mais il y a eu LA rencontre.
Et eux, les chats, ont changé à jamais notre destinée.

C'est au travers des yeux d'une chatte, nommée Bastet par sa servante, que nous parcourons la nouvelle histoire de Bernard Werber. L'auteur nous entraîne dans une France où les attentats se multiplient et où la guerre civile se met en place. Avec toutes les conséquences que cela peut apporter ...

Nous (re) découvrons donc l'humanité par les yeux et le jugement de chats. Bastet et son voisin Pythagore vont se rencontrer et vivre une aventure extraordinaire où la première apprendra à ouvrir son esprit pour comprendre un peu mieux comment fonctionnent les humains. C'est avec l'aide de Pythagore qu'elle va comprendre le comportement de sa servante (ou maîtresse selon où l'on se place) car celui-ci est doté d'un atout électronique hors du commun ... mais je ne vous gâcherai pas la surprise !

Le roman se lit d'une traite, l'histoire est sympathique et rythmée. L'auteur nous sensibilise sur le quotidien des chats et comment le moindre de nos gestes, même les plus anodins, peuvent être perçus par ces boules de poils ronronnantes. C'est également avec surprise et un grand plaisir que l'on découvre la place du chat dans l'histoire de notre civilisation et l'on est parfois bien surpris des faits relatés.

Les réflexions que l'auteur soulève au sujet de l'existence d'un être en règle générale et de sa place dans notre monde sont intéressantes et enrichissantes. Le final part un peu trop vrille à mon goût et le côté surnaturel ne m'a pas convaincu mais le roman dans sa totalité est plutôt une bonne surprise !

dimanche 23 octobre 2016

La tourmente

La tourmente est le deuxième tome de la trilogie En proie au labyrinthe de Marek Corbel. Le roman est publié aux éditions La Liseuse.

Présentation de l'éditeur :
Printemps 2017

À Athènes, le délégué du Cartel européen est tué avec son garde du corps, alors qu’il effectue une visite au vice-Premier ministre grec, à propos des mesures de déréglementation à mettre en œuvre.

Le président du Cartel européen entend coûte que coûte, dans un climat de contestation de son autorité politique, identifier les véritables commanditaires du meurtre.

Pendant ce temps, en région parisienne, l’ex-flic Girod s’engage dans une contre-enquête afin de rétablir l’honneur de son ancienne patronne et de son collègue assassiné mystérieusement, lors de la manifestation du 13 février 2016. 

Les membres du Collectif arrêtés ce jour-là, bénéficient d’une liberté conditionnelle, avant leur procès. Mais leur retour à la vie civile ne va pas sans créer des dissensions au sein du groupe. Dans une France toujours plus affaiblie, Julie entend renouer avec une action radicale, mais Arno Pagani est happé par les sirènes politiques de l’ancien député réformiste, résolu à attaquer le gouvernement d’union nationale. 

Dans ce second volet de la trilogie En proie au labyrinthe, l’ensemble des protagonistes est aspiré dans un abîme combinant politique, manipulations, crimes, mais également loyauté et engagement.
L’auteur donne à cette uchronie contemporaine la couleur d’un roman noir.

La suite de La Lutte débute peu de temps après les événements tragiques qui ont clos le premier tome. Et pour nous aider à nous remettre de l'ordre dans nos idées, l'auteur commence le roman par la présentation des différents personnages et un court résumé bien utile du premier tome.

Le Cartel européen est toujours en place et met toujours la pression aux pays d'Europe. C'est en Grèce, pays en proie à la crise depuis trop longtemps, que survient le meurtre atroce d'Enzo, le bras droit du président du Cartel. Ce dernier a décidé de tout mettre en oeuvre pour découvrir qui se cache derrière cette exécution bien préparée. Pendant ce temps là, Tomrine reconstruit un mouvement pour lutter contre la politique menée par le gouvernement français. Et pour cela, il demande l'aide d'Arno qui pourtant souhaite s'éloigner de la politique après la manifestation de février 2016.

Quant à l'ex-flic Girod, il veut se rapprocher de son fils tout en aidant "Madame Raymonde", sa chef lorsqu'il était encore à la Police. Les personnages sont nombreux, complexes et en proie à de nombreux doutes, et le personnage de Girod est de loin, à mon avis, le plus intéressant. Je trouve dommage d'ailleurs que l'auteur n'insiste pas un peu plus sur lui.

Comme pour le premier roman, l'auteur a dû fournir un travail impressionnant pour arriver à construire un tel scénario. Ce livre noir sur fond de géopolitique reste une fiction mais flirte tout de même fortement avec la réalité. Le roman est parfois un peu complexe à lire, faute à de nombreuses phrases longues et riches. Mais le tout est cohérent et surtout très intéressant.

mercredi 28 septembre 2016

Puzzle

Puzzle est un thriller de Franck Thilliez paru en octobre 2013 aux éditions du Fleuve Noir.

Présentation de l'éditeur :
Accepteriez-vous de mourir… dans un jeu ?

Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer à la partie ultime. Celle de ce jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, seulement le nom : Paranoïa.

Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu.

Suivie, quelques heures plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir.

Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, quand Ilan découvre des informations liées à la disparition toujours inexpliquée de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à établir.

Paranoïa peut alors réellement commencer…

J'ai quelques romans de retard concernant l'auteur alors lorsque mon père m'a proposé de lire Puzzle, j'ai évidemment sauté sur l'occasion. Franck Thilliez, on ne le présente plus dans le monde du thriller, continue d'écrire et de ravir ses fans avec ses histoires souvent glauques et ses intrigues palpitantes.

L'auteur sort parfois de ses cycles Hennebelle / Sharko pour nous entrainer dans d'horribles histoires dans lesquelles il aime jouer avec son lecteur et ses personnages. Puzzle n'échappe pas à la règle, il s'agit d'un one shot.
Lors de la première partie, j'ai cru que l'auteur allait revisiter le film The Game mais finalement ce n'est pas le cas. On fait la rencontre d'Ilan, un jeune homme perturbé par la mort de ses parents et qui tente de résoudre une énigme laissée par ces derniers. Une énigme qui semble importante puisqu'elle commence à attirer les convoitises. Enfin c'est ce qu'Ilan pense puisqu'il remarque plusieurs phénomènes étranges. Des gens se seraient introduits chez lui ... et régulièrement !

Et ce n'est pas Chloé, son ex petite amie, qui va douter de ses paroles puisqu'elle-même vît des évènements inquiétants qu'elle associe au célèbre et fantomatique jeu de chasse au trésor : Paranoïa. Beaucoup en ont entendu parlé mais peu, voire très peu, savent vraiment si ce jeu existe ou s'il s'agit d'une légende urbaine.
Chloé et Ilan décident alors de continuer leurs recherches sur le jeu. C'est ainsi que les ex amants finissent dans un étrange bâtiment avec d'autres candidats en plein cœur du jeu. Mais tout semble partir en vrille ... est-ce réel ou est-ce le jeu ? C'est la question à laquelle vous ne saurez répondre avant la fin du roman. Qu'est-ce qui est vrai et qu'est-ce qui ne l'est pas ? L'auteur prend un malin plaisir à jouer avec nos nerfs.

L'ambiance est stressante quasiment tout du long du roman. Franck Thilliez a bien réussi une nouvelle fois de ce côté. Par contre l'intrigue, malgré qu'elle soit bien ficelée, s'essouffle un peu dans la seconde partie de l'histoire et on semble partir bien trop vite du jeu.
Je dois avouer avoir décrocher à quelques reprises car certains passages ne m'ont pas captivé. La fin est plutôt bonne bien que je n'ai pas été très surpris. Puzzle ne restera pas dans ma mémoire comme une référence dans la bibliographie de Franck Thilliez mais se lit plutôt bien et devrait ravir sans nul doute les amateurs du genre.

jeudi 1 septembre 2016

Sortie de classes

Sortie de classes est un roman de Laurent Torrès publié le 1 Septembre 2016 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
Prof de français dans un collège de banlieue, Julien est, comme tous ses collègues, submergé par la pression du système éducatif, la détresse de parents en pleine misère sociale, et la dérive d’enfants sans avenir. Le jeune agrégé ne fonde guère d’espoir dans les vertus d’un métier qui consiste à valider ce qui existe. Issu d’une famille bourgeoise, il est en décalage avec ses élèves et une partie des professeurs. Son intérêt pour un gamin solitaire et mutique va le replonger dans ses années d’adolescence, hantées par le souvenir d’un ancien ami, souffre-douleur de sa classe.

Reddition, impuissance, désillusions, sentiment d’imposture… un tableau saisissant du monde enseignant et de ces professeurs qui errent entre espoir et découragement, lassitude et ennui. Un roman générationnel qui confronte les années SOS Racisme à l’époque actuelle, où internet a remplacé la sociabilité mais pas la cruauté des élèves.

Pour un premier roman, Sortie de classes est vraiment étonnant. L'auteur maîtrise son histoire de bout en bout et ne rentre jamais dans les clichés sur l'école comme on peut bien trop souvent les voir à la télévision ou lire dans d'autres romans. Son histoire sonne vrai et c'est pour cela qu'elle nous passionne dès les premières pages.

Julien est professeur de français dans un collège de la région parisienne. Dans sa classe, il aperçoit Sofiane, un élève discret, trop discret, qui lui rappelle certains fantômes de son passé. Malheureusement, son passé il l'a pratiquement oublié, comme si, en vieillissant, il l'avait jeté dans un grand sac poubelle et enfoui quelques mètres sous terre au fond du jardin.
Ses souvenirs reviennent malgré tout bribe par bribe et sa principale découverte est le visage d'un camarade qu'il a côtoyé quelques temps. Un camarade qui paraît pourtant être un fantôme le temps que Julien approfondisse ses recherches. Louis était un camarade discret lui aussi. Le genre d'élève à rester loin des autres, prostré dans son coin. La cohabitation entre Louis et les autres élèves semblait totalement impossible puisque celui-ci avait un goût mature et prononcé pour la littérature et l'art en général. Il n'était pas du genre à soulever les jupes des filles et à pousser les autres garçons.

L'auteur nous fait donc voyager entre le passé du professeur et son présent. C'était en analysant ses actions passées qu'il s'aperçoit qu'il commet les mêmes erreurs ou fautes qu'il reprochait aux autres lorsqu'il était plus jeune. Il peut alors faire un constat de sa vie présente, ce qui semble lui permettre d'ouvrir un peu plus les yeux.
En effet, Julien est un professeur qui bouillonne de plus en plus intérieurement. Il en a assez de tous ces conseils de discipline chaque semaine, assez de ces parents d'élève qui se plaignent des notes mais qui ne font rien pour aider leurs enfants, et, par dessus tout, il en a assez des problèmes des autres. Même de Farid, un collègue qui semble être l'un de ses meilleurs amis.

Sortie de classes nous amène intelligemment à la réflexion sur des sujets comme la vie des professeurs et de l'éducation en générale en comparant le tout à l'époque où il était lui-même élève. Il nous laisse à plusieurs reprises devant nos responsabilités. Qu'aurions-nous fait ? Et comment ?
J'ai lu ce roman d'une traite. Je pourrais en parler pendant des heures tellement j'ai aimé le lire. Je le conseille vivement car c'est un vrai coup de cœur de la rentrée littéraire ! Bonne lecture à tous !

mercredi 31 août 2016

La fille dans le brouillard

La fille dans le brouillard est le nouveau roman policier de Donato Carrisi paru le 31 août 2016 chez Calmann-Lévy.

Présentation de l'éditeur :
Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Le nouveau roman de Donato Carrisi est plutôt surprenant. Pas seulement sur le fait qu'il dénonce des médias trop excités par le sang et le pouvoir qu'ils ont de démolir la vie d'une personne, mais il est également étonnant dans sa façon de traiter les personnages.
En effet, Vogel nous est assez rapidement, et classiquement, présenté comme un héros de la police et, du coup, on en fait aussi notre héros ; celui qui va résoudre l'enquête et rétablir l'ordre dans ce petit village des Alpes qu'est Avechot. Mais on est vite surpris de l'efficacité et de la justesse d'esprit de son bras droit du moment, Borghi, et également déçu ou agacé par l’entêtement du commissaire Vogel.

Bien qu'il ait indéniablement un flair hors du commun, Vogel se montre trop sûr de lui. Il va même jusqu'à user des médias pour servir son enquête. Les médias peuvent se montrer efficaces pour fouiner dans la vie des gens et trouver certains secrets mais ils ne savent pas garder leurs trésors et interprètent bien souvent trop rapidement. L'un des principaux suspects en fera l'affaire. Sa vie paisible se voit finir en véritable chaos.

Entre manipulation des médias, de la police et du tueur, le lecteur ne sait plus où donner de la tête et doute en permanence. La disparition de la jeune fille ne semble pourtant pas, au premier abord, être une enquête trop compliquée mais celle-ci va faire naître une psychose extraordinaire à l'ensemble des villageois. L'auteur s'amuse à nous montrer de nombreuses pistes et à nous faire découvrir différents personnages tous plus mystérieux les uns que les autres.
Le roman est un vrai régal à lire. J'ai été tout de suite captivé et n'ai jamais décroché avant la dernière page ... dernière page qui restera graver dans vos mémoires quelques temps encore après la lecture ...

jeudi 25 août 2016

Les disparus de Mapleton

Les disparus de Mapleton est un roman de Tom Perrotta, l'auteur de Little Children.

Présentation de l'éditeur :
Un événement inexpliqué, le « Ravissement », a provoqué la disparition de millions de personnes à travers le monde. A Mapleton, bourgade du Midwest, c’est un bouleversement pour la famille Garvey, qui fait partie des survivants. Kevin devient le nouveau maire, sa femme Laurie, leurs enfants, Tom et Jill, se débattent pour redonner un sens à leur vie. Tandis que Laurie part rejoindre une secte de « pénitents », sa fille, autrefois lycéenne modèle, se livre à tous les excès. La chronique décapante et intimiste d’une famille américaine moyenne après un traumatisme qui les dépasse, adaptée en série télévisuelle avec génie par le créateur de Lost sous le titre The Leftovers.

Les disparus de Mapleton est le roman qui a donné lieu à la surprenante et magnifique série The Leftovers. Ayant vu, voire vécu, la série, j'ai pu comparer les deux et remarquer de nombreuses différences justifiées pour pouvoir porter ce drame à l'écran.
Kevin Garvey, le personnage principal voire central du roman, est le maire de la ville. Il est devenu maire suite à la disparition soudaine qui a emporté de nombreuses personnes ; enfants et adultes. Certains ont eu la chance de garder leur famille entière, d'autres n'ont pas eu cette chance. Parmi ces derniers, Nora, elle, a perdu son mari et ses deux enfants. Kevin, lui, a gardé sa femme et ses deux enfants ... en un sens car sa femme est partie, son fils a décidé de suivre un soi-disant sauveur miraculeux et sa fille est complètement paumée et ses notes chutent à l'école.

Ces deux personnages ainsi que de nombreuses autres tentent tant bien que mal de se reconstruire dans un monde qui change. Un monde vidé de proches ; amis, famille, voisins ...
Naît alors une secte, les Coupables Survivants, que rejoint Laurie, la femme de Kevin. Les membres sont habillés de blanc, ne parlent pas en public et ont toujours une cigarette à la main. Leur but premier est de ne pas faire oublier ceux qui ont disparus. L'auteur nous montre la force de ces sectes, qu'elles quelles soient, qui arrivent à recruter et à manipuler les personnes les plus attristées.

Tom Perrotta nous décrit avec une justesse déconcertante la survie et la tristesse de tous ces personnages si différents mais unis dans le malheur après cet étrange phénomène. Les personnages sont attachants. Leur courage et leur force sont impressionnants face à ce terrible combat qui est de vivre chaque jour sans ces disparus. De devoir reconstruire leur vie sans leurs proches. Mais comment faire ? Comment trouver un sens à la vie lorsque l'on perd toute sa famille ?
Tom Perrotta signe là un roman très fort, très profond créant des personnages magnifiques que l'on continue à aimer après avoir tourné la dernière page.

jeudi 4 août 2016

Un homme, ça ne pleure pas

Un homme, ça ne pleure pas est le quatrième roman de Faïza Guène après Kiffe kiffe demain, Du rêve pour les oufs et Les gens du Balto. Il est paru le 3 Janvier 2014 aux éditions Fayard.

Présentation de l'éditeur :
Né à Nice de parents algériens, Mourad voudrait se forger un destin. Son pire cauchemar : devenir un vieux garçon obèse aux cheveux poivre et sel, nourri à l’huile de friture par sa mère. Pour éviter d’en arriver là, il lui faudra se défaire d’un héritage familial pesant. Mais n’est-ce que dans la rupture qu’on se découvre vraiment ?
Faïza Guène interroge l’héritage familial et la question de la liberté. Rien n’est pesant, rien n’est jugement.

C'est avec ce titre choc que nous revient l'excellente Faïza Guène, déjà auteur de trois très bons romans. Enfin, elle nous revient pour notre plus grand plaisir, six ans après son précédent roman. Je vais finir par créer une pétition pour qu'elle nous revienne plus souvent !!
Il faut dire que ses romans alliant humour et drame de la vie courante me touchent profondément. Ce que j'aime par dessus tout c'est l'amour qu'elle a envers ses personnages. Elle les fait pourtant passer pour des badauds mais c'est ce côté niais allié à des répliques chocs qui font leur charme.

Dans ce nouveau roman, nous suivons une famille algérienne venue s'installer à Nice. Les parents ont eu deux filles et un fils, Mourad, qui est le narrateur de l'histoire. Dounia et Mina sont deux sœurs bien opposées. Alors que la seconde file droit comme le souhaite ses parents, enfin surtout sa mère, l'autre est plutôt rebelle. Mourad, lui, est spectateur d'une famille qui se déchire parfois, et il est le pont entre la grande sœur et le reste de la famille.

Ce qui est également intéressant dans ses romans c'est qu'elle s'écarte de tout cliché pour mener à bien son histoire mais elle sait les insérer au bon moment pour nous faire rire. Les dialogues et les comportements de la mère sont à mourir de rire.
En plus de cet humour, Faïza Guène se pose des questions sur l'identité, sur, comme le signale le journaliste François Busnel de L'Express, l'héritage familial. Aussi, les commentaires intelligents du jeune Mourad ouvrent des perspectives de réflexion plutôt intéressantes sur l'intégration et le mélange des cultures. Encore un excellent roman signé Mademoiselle Guène !

dimanche 31 juillet 2016

Une victime idéale

Une victime idéale est le nouveau roman de Val McDermid publié aux éditions Flammarion le 11 Mai 2016.

Présentation de l'éditeur :
Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes qui se ressemblent sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté.
Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au cœur de l’enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Le célèbre profiler serait-il passé de l’autre côté du miroir ?
Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.

La nouvelle histoire des deux compères, Tony Hill et Carol Jordan, est excellente pour l'été. Il faut évidemment comprendre par là que le rythme sans relâche et le suspense intense vous prendront aux tripes et vous feront oublier, si vous en aviez besoin, le boulot.

Dans Une victime idéale, l'ex-commandant, Carol Jordan a démissionné de son poste après la mort de son frère et de sa belle-sœur. Meurtres qu'elle met sur le dos du psychologue et profiler Tony Hill. Ce dernier vît mal également de ne pas avoir prévu les meurtres de ce couple et semble totalement détruit par la distance que lui met Carol Jordan.

Paula McIntyre, ex partenaire du duo de choc, enquête sur la disparition d'une de ses amies, ou plutôt connaissances. Plus elle avance dans l'enquête et plus elle trouve de similitudes avec le meurtre d'une autre jeune femme. Surtout que celle-ci correspond en de nombreux points physiques à son amie disparue.
Un nouveau meurtrier surgit et Paula décide de recontacter le duo de choc pour se sortir de cet enfer. Tony accepte de l'aider pour donner son avis mais il se retrouve bien malgré lui en plein dans l'enquête ... comme accusé. Carol sortira alors de sa cachette pour tenter de rétablir la justice.

Le roman est prenant. Les personnages sont intéressants et certains, comme Paula, sortent vraiment du lot. La relation ambiguë entre Tony et Carol aurait mérité d'être un peu plus complexe ou plus approfondie à mon avis. Le gros point négatif du roman c'est ce manque de chance qui a conduit Tony Hill en prison ... c'est vraiment exagéré et on sent que l'auteur voulait à tout prix enfermé son personnage pour en faire une victime, voire une double victime suite à sa relation tendue avec Carol. Prenant donc mais irréaliste.

samedi 9 juillet 2016

La Reine et l'assassin

La Reine et l'assassin est un roman de David Morrell, l'auteur de Rambo, publié aux éditions Marabout le 9 Mars 2016.

Présentation de l'éditeur :
Londres, 1855.
La guerre de Crimée fait rage. L’incompétence de l’état major britannique provoque la chute du gouvernement en place. L’empire vacille. 
C’est dans ce contexte troublé que le sulfureux opiomane Thomas de Quincey et son «équipe» (sa fille et leurs deux acolytes de Scotland Yard) affrontent un tueur d’un genre bien particulier. Ses victimes, toutes des membres de l’aristocratie, sont autant de jalons vers un objectif ultime : l’assassinat de la reine Victoria elle-même.
Alors que de Quincey et sa fille se démènent pour protéger la reine, ils mettent au jour les secrets tragiques du passé d’un homme rongé par sa soif de vengeance.

Inspiré de faits réels, ce nouveau roman de David Morrell conjugue avec talent l’Histoire et la fiction, et fait revivre un épisode sanglant de l’Angleterre victorienne.

C'est avec beaucoup de talent et une documentation solide que David Morrell remonte le temps jusqu'à l'époque victorienne. Nous sommes en 1855, à Londres. La reine Victoria règne difficilement dans un contexte politique qui l'est tout autant. En effet, la guerre de Crimée fait rage, les anglais se battent avec les français et les ottomans contre les russes qui veulent s'étendre encore plus. Le gouvernement britannique bat de l'aile et des meurtres sont commis d'où le nom du mouvement Young England ressort.

Qui commet ces crimes horribles ? Qui en veut à la vie de la Reine Victoria et pourquoi ? Pour répondre à ces questions, le grand écrivain Thomas de Quincey surgit avec sa fille ... et son opium thérapeutique, enfin au début, pour enquêter. Lui et sa fille Emily sont d'ailleurs des personnages haut en couleur !

Les notes d'Emily complètent le roman et accentuent l'ambiance de l'époque. Avec tous ces personnages qui ont réellement existé, on ne sait plus discerner le vrai du faux. La Reine et l'assassin est un thriller victorien qui flirte de très près avec le roman historique. L'enquête est intéressante mais, surtout, le décor et l'univers transcrits par l'auteur nous envahissent et l'on regrette alors que le roman ait une fin ...

dimanche 19 juin 2016

Une ville en mai

Une ville en mai est le nouveau roman de Patrick Raynal sorti en mai 2016 aux éditions L'Archipel

Présentation de l'éditeur :
Nice, mai 1968. Frédéric Corniglion revient après dix ans d’Afrique. Chez les ouvriers et les étudiants, la révolte n’épargne pas Nice et ses facs.
Dominique, son ex-femme, lui apprend que Sophie, leur fille, ne donne plus de nouvelles depuis des mois. Elle fréquentait un étudiant, un certain Thomas. Inquiet, Frédéric contacte le commissaire Pancrazi, ancien RG. Le policier lui révèle les activités militantes de Sophie (distribution de tracts…), son appartenance à l’Union de la Jeunesse Marxiste Communiste et Léniniste.
En même temps, le cadavre d’un prof de la fac de lettres, Blanc-Dumont, est découvert sur une plage. Frédéric poursuit ses recherches. Il va voir les membres de l’Union, et rend visite à Corinne Duval, la colocataire de sa fille. Là, la jeune femme lui dit avoir reçu un homme à l’air méchant, et insistant pour avoir des nouvelles de Sophie…
Avec son équipier Casanova, Pancrazi investit la fac. Quelques étudiants en colère, un directeur rétif, et une info : Blanc-Dumont fréquentait des cercles néo-nazis…

L'ancien directeur de la Série Noire signe un nouveau polar et nous ramène quelques années en arrière, il y a près de 50 ans, à Nice où le soleil et la révolte des étudiants ne cessent de taper. On y suit Frédéric qu'on apprécie assez rapidement malgré de nombreux défauts ... dont celui d'avoir abandonné sa famille dix ans auparavant.
Il est revenu pour chercher sa fille qui a disparu. Et il n'est pas au bout de ses surprises car il va découvrir que sa fille est communiste et engagée activement dans sa cause, ce qui lui cause quelques soucis au vu de sa façon de penser, et qu'en plus elle semble être une jeune femme très libre ... dur à réaliser pour un parent.

Les coups de poing et coups de gueule ne cessent de pleuvoir dans ce roman qui se déroule à cent à l'heure. Frédéric est déterminé à retrouver sa fille. Mais pour cela il va devoir creuser pour que certains secrets réussissent à sortir et pour qu'il puisse remonter le fil des événements.

Dans un décor de mai 68 où la tension est électrique entre flics et étudiants, Frédéric va redécouvrir un pays qu'il avait abandonné une dizaine d'années plus tôt. Le type est à la fois détestable dans ses discours sur sa vision du monde mais il est également adorable dans l'attachement qu'il a envers sa fille qu'il ne connaît quasiment pas.
Le polar est bien mené, on accroche bien et on se laisse entraîner dans cette histoire qui prend des proportions de plus en plus folles au fil des pages ! Patrick Raynal a une culture de roman noir dont on retrouve les principaux codes dans Une ville en mai.

samedi 11 juin 2016

Congo Requiem

Congo Requiem est le nouveau roman de Jean-Christophe Grangé et la suite de Lontano. Le roman est sorti le 4 mai aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
On ne choisit pas sa famille mais le diable a choisi son clan. Alors que Grégoire et Erwan traquent la vérité jusqu'à Lontano, au cœur des ténèbres africaines, Loïc et Gaëlle affrontent un nouveau tueur à Florence et à Paris. 
Sans le savoir, ils ont tous rendez-vous avec le même ennemi. L'Homme-Clou.
Chez les Morvan, tous les chemins mènent en enfer.

Après près d'un mois d'inactivité sur mon blog, et je m'en excuse, suite à de nombreux projets personnels, je reviens vous donner mon avis sur le nouveau Grangé que j'ai terminé il y a déjà quelques semaines. L'avis ne sera pas à chaud mais le roman a eu le temps de s'imprégner en moi et voici ce qu'il en reste dans ma mémoire ...

La famille Morvan est à présent éparpillée et plus que jamais divisée. De toute façon, l'amour et la joie n'ont jamais été au rendez-vous dans cette famille. Erwan est en Afrique et remonte pas à pas le passé de son père et du fameux tueur nommé l'homme-clou. Il va découvrir un autre monde, où le mot pitié ne peut pas passer toutes les frontières. Grégoire, quant à lui, garde un œil sur son fils, car il connaît bien le terrain et les habitants, et l'autre œil sur des mines qui peuvent lui rapporter gros mais également attiser les jalousies.

Loïc, le frère d'Erwan, est parti à Florence avec sa femme (enfin future ex-femme) et ses enfants pour assister à l'enterrement de son beau-père. D'ailleurs celui-ci est mort dans des circonstances étranges que Loïc et sa femme vont essayer de découvrir ... à leur dépens !
Gaëlle, elle, est restée à Paris mais commence à avoir de sérieux doutes quant aux véritables intentions de son thérapeute. Ce dernier semble s'intéresser un peu trop à elle ... et à sa famille.

Autant vous dire que Jean-Christophe Grangé nous manipule encore tout au long de son roman. Les différentes enquêtes vont virer au cauchemar mais vont également faire ressortir un passé douloureux pour tous. Et pour conclure, l'auteur nous offre un final magistral qui n'aurait pu être autrement tant le destin de chacun des protagonistes semblait, durant toute le diptyque, des plus tragiques. Congo Requiem est encore un coup de maître de l'un des plus grand auteurs de polar français, un petit bijou littéraire qui est impossible à lâcher en cours de route ...

lundi 16 mai 2016

Il était une fois Les Bidochon

Il était une fois Les Bidochon est un album regroupant de nombreuses planches de bandes dessinées sur le plus beau couple de tous les temps, les Bidochon, paru chez Fluide Glacial le 16 Mars 2016.

Présentation de l'éditeur :
Vous croyez tout savoir sur Raymonde et Robert ?
Détrompez-vous, vous en apprendrez beaucoup dans ce livre-anthologie consacré au couple de français moyens préféré des français ! De leur première apparition dans les pages de la série Kador à leur découverte d'Internet, des voyages organisés aux visites dans les concerts ou les musées, ce sont (presque) quarante ans d'histoire qui sont ainsi évoqués par des interviews, des documents (dont des contributions de Pierre Perret, Jérôme Deschamps ou Bruno Masure), et bien sûr beaucoup de dessins et bandes dessinées signées Binet !
Dans la lignée du Il était une fois Fluide Glacial ou Il était une fois Superdupont, un livre patrimonial indispensable ! 

Etant un grand adepte des aventures des Bidochon, j'ai été vraiment heureux de recevoir ce superbe album en cadeau il y a quelques jours. Les Bidochon, c'est Robert et Raymonde, deux français moyens vivants, dans la plupart des albums, en HLM et qui s'aiment plus que tout même s'ils ont une manière un peu particulière de se le montrer ... Leurs aventures ne vieillissent pas, les personnages non plus d'ailleurs. Ils sont toujours à la pointe de la technologie et dans l'ère du temps même s'ils n'y comprennent pas grand chose.

Pour leur 40 ans de mariage, Fluide Glacial nous a préparé un album de 200 pages retraçant toute l'histoire des deux personnages. On y rencontre forcément le chien intellectuel Kador et on découvre également de nombreuses planches en hommage au couple et dessinés par d'autres dessinateurs talentueux (dont Edika). Quelques interviews viennent compléter l'ouvrage et nous apprennent de nombreuses choses sur Christian Binet.

Allez ! Je retourne lire (pour la cinquantième fois ...) l'intégrale des aventures des Bidochon !

dimanche 15 mai 2016

La Bête du Gévaudan et autres histoires vraies

La Bête du Gévaudan et autres histoires vraies est un ouvrage de Jean-Claude Bourret publié aux éditions de L'Archipel au mois d'avril 2016.

Présentation de l'éditeur :
Sous le règne de Louis XV, de 1764 à 1767, une créature monstrueuse sème la terreur dans le Gévaudan, tuant 52 personnes. Une bête, certes, mais que nul n’avait jamais vue. S’agit-il d’un loup ? D’un monstre ? Ou bien d’un homme ? Le mystère demeure…
À Paris, au XIXe siècle, on dit voir une silhouette rôder dans les cimetières, s’acharner sur les morts – et surtout les mortes. Crimes de sorcellerie ou pervers sexuel ?
En 1977, à Uruffe, commune de Lorraine, une femme est retrouvée calcinée dans son appartement, qui pourtant demeure intact. Comment est-ce possible ?
La Bête du Gévaudan, les possédées de Loudun, le vampire de Montparnasse, les fantômes du Trianon et les combustions spontanées d’Uruffe : les faits ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent être. Jean-Claude Bourret nous invite à un voyage à travers le temps – et à travers la raison – pour réexaminer des affaires encore mystérieuses qui demeurent à ce jour des énigmes scientifiques.

L'ouvrage est divisé en cinq parties, cinq histoires à la frontière du réel ... ça vous rappelle quelque chose ? L'auteur nous emmène dans un premier temps à Loudun où l'on soupçonne le diable d'avoir pris possession de l'âme d'Urbain Grandier, un homme aux multiples conquêtes. Un chanoine pour être plus précis qui avait des idées un peu trop révolutionnaires au goût de l'église de l'époque. L'époque justement ; 1632. Richelieu, à la fois homme d'état et homme d'église, règne d'une main de fer sur la France et il est fort probable qu'Urbain Grandier en ait fait les frais. Et c'est justement là où l'ouvrage est intéressant car il propose à la fois la vision du peuple de l'époque qui voit en ce phénomène l'oeuvre du diable, mais il présente également d'autres solutions plus recherchées et plus ... politiques. La fin de l'histoire est terrifiante et l'auteur nous présente une véritable mise en scène dans laquelle on se croirait spectateur.

Ensuite, nous partons du côté du Gévaudan où une bête particulièrement sanguinaire a fait des ravages durant plusieurs années. L'enquête est absolument passionnante, on y découvre des paysans extrêmement courageux qui doivent se battre contre la bête mais qui doivent également lutter contre la faim et la pauvreté de l'époque ; seconde moitié du 18e. Je ne vous en dis pas plus mais vous promets une lecture passionnante.

Par contre j'ai moins accroché avec les deux histoires suivantes : Le vampire de Montparnasse et les fantômes du Trianon. La première raconte l'histoire de François Bertrans, alias le sergent nécrophile, et la seconde nous entraîne dans une expérience paranormale qu'ont vécu deux jeunes femmes dans les jardins du Petit Trianon.

La cinquième et dernière histoire est la combustion spontanée survenue à Uruffe en 1977. Si les sources de l'auteur sont vraies, cette affaire est vraiment incroyable. L'auteur s'intéresse à toutes les solutions possibles pour essayer de comprendre comment cette dame a pu brûler de cette façon : certains membres du corps n'ont pas brûlé et seule une température dépassant les 2000°c pourraient causer de tels dégâts ... un phénomène qui interroge encore !

L'ouvrage se lit bien et j'ai beaucoup aimé la manière avec laquelle l'auteur nous entraîne dans ses histoires. Il nous plonge dans un premier temps dans l'histoire en plantant le décor pour ensuite s'intéresser aux phénomènes paranormaux en testant plusieurs pistes d'explications. La Bête du Gévaudan et autres histoires vraies est une lecture intéressante et très originale !

samedi 7 mai 2016

Le quai des enrhumés

Le quai des enrhumés est un roman policier d'Hugo Buan sorti le 11 mars 2016 aux éditions Palémon.

Présentation de l'éditeur :
La découverte du cadavre d’un homme nu, enfoui sous des tonnes de sel dans le port de commerce de Saint-Malo, ne laisse rien augurer de bon quant à son avenir. Cette méthode de conservation intrigue forcément la police locale et le commissaire Workan est envoyé de Rennes.
Arrivé dans la cité corsaire, il découvre que le départ de la célèbre Route du Rhum, dont il côtoiera certains acteurs, est imminent… Il devra en découdre avec Bob le chien et son irascible maître qui persiste à l’emmener faire ses besoins sur la pelouse du bâtiment de la Chambre de Commerce et d’Industrie.
L’enquête le guidera vers une valise à roulettes (ennemie jurée de Bob), un négociant en croquettes, une secrétaire du port nymphomane, un étrange cargo philippin, un sponsor russe, un crapaud.
Pendant ce temps, une menace gronde. Jamais au fil des siècles un tel danger n’aura plané sur les remparts de Saint-Malo…

Le quai des enrhumés est la septième enquête du commissaire Workan et la première que je lis. Dès le début on est pris dans l'histoire grâce à des personnages charismatiques et des scènes à la fois cocasses et angoissantes. Je pense notamment au passage de la gare de Saint-Malo que j'ai trouvé à la fois drôle et dramatique où un personnage transportant une mystérieuse valise est bêtement tué et se retrouve enseveli nu dans une montagne de sel. Heureusement le commissaire Workan et ses partenaires débarquent de Rennes pour enquêter sur cette affaire qui ne manquera pas de devenir de plus en plus étrange.

Le départ de la Route du Rhum est pour bientôt et le monde afflue dans la cité corsaire. Parmi eux, des russes qui investissent dans la course. Mais également un cargo philippin dans lequel tous les marins semblent être atteints d'un bon gros rhume peu commun. L'enquête mènera le commissaire Workan et son équipe dans une course contre la montre pour retrouver la fameuse valise qui pourrait bien contenir quelque chose de plus important que ces meurtres qui se multiplient étrangement à Saint-Malo.

Hugo Buan embarque son lecteur dans une aventure hors du commun. Ses personnages sont attachants et ne manquent pas d'humour. L'histoire dérive vers ce qui pourrait devenir une catastrophe planétaire et pourtant l'auteur rend tout ce micmac crédible. Le quai des enrhumés est une bonne surprise et donne envie de s'intéresser aux autres enquêtes du commissaire Workan !

dimanche 1 mai 2016

Là-Bas

Là-Bas est un roman de Joris-Karl Huysmans écrit en 1891.

Présentation :
Le héros Durtal, un médiocre auteur parisien, mène une enquête sur Gilles de Rais qui fut accusé, au xve siècle, d'avoir violé et torturé des dizaines d'enfants. Ces recherches exercent une étrange fascination sur madame Chantelouve, qui ne tarde pas à s'éprendre de l'écrivain et à devenir sa maîtresse. Fidèle de Satan, elle lui apprend que des messes noires continuent à être célébrées à Paris. Durtal s'initie alors au satanisme, s'entretient avec ses amis d'occultisme, d'astrologie, de spiritisme, de magie… (source wikipedia)

Joris-Karl Huysmans est un écrivain français de la seconde moitié du 19ème siècle qui est encore considéré comme le disciple de Zola. Tout comme son maître spirituel, il commence à développer un certain goût pour le naturalisme qu'il décide de lâcher petit à petit pour devenir un tout autre écrivain.

Là-Bas est l'un de ses romans qui montre une nouvelle facette de l'écrivain ; celle du doute. Le doute de la foi précédemment introduit par son roman phare A rebours. Mais Là-Bas va encore plus loin en s'intéressant au satanisme.

Le personnage de Durtal, présent dans quatre romans de Huysmans, fait son apparition dans ce roman. Durtal est un écrivain qui mène une enquête sur le personnage historique de Gilles de Rais, considéré souvent, par erreur, comme étant Barbe Bleue mais également compagnon d'arme de Jeanne D'arc. Durtal s'intéresse aux crimes et tortures inhumains qu'il a commis sur des enfants, ou plutôt, il est intrigué par le changement de comportement brutal de ce seigneur et guerrier reconnu qui est devenu un monstre sanguinaire.

Pour ce roman, Huysmans a été jusqu'au bout de l'intérêt qu'il portait au sujet en assistant même à une messe noire et en fréquentant les milieux ésotériques. L'enquête qu'il mène est fascinante et les rencontres que fait Durtal sont inquiétantes et rendent l'atmosphère du roman tendue. Le style et le vocabulaire utilisés par l'écrivain sont excellents, c'est un vrai plaisir de le lire même si j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour certaines phrases ...

dimanche 10 avril 2016

Le Voyageur à la mallette

Le voyageur à la mallette et Le vieux quartier sont des recueils de nouvelles de l'écrivain égyptien Naguib Mahfouz publiés aux éditions Points en 2012.

Présentation de l'éditeur :
« Et toi, comment peux-tu ressentir cette impression d’étrangeté, de jamais vu, au cœur de ton pays natal, parmi tes souvenirs ? » Un vieil homme retourne sur les lieux de son enfance. Malheureusement, tous les visages connus et aimés ont disparu ; la fontaine a été détruite, un café remplace la maison où il a grandi. Dans les ruelles du Caire, les habitants sont hantés par le passage inexorable du temps, l’inconstance de la vie et des émotions. Vieil homme, poursuis ton chemin, ne perds pas ton temps… la fuite des jours est irréversible.

Naguib Mahfouz est le seul auteur de langue arabe à avoir obtenu le prix Nobel de littérature, c'était en 1988. D'ailleurs l'ouvrage débute par le discours qui a été prononcé en son nom à la réception du prix ; un très beau discours.

Le voyageur à la mallette et Le vieux quartier sont donc deux recueils de nouvelles accessibles dans un seul ouvrage et qui nous projettent dans une Egypte contemporaine. Il nous décrit tous les changements qui s'y sont produits, et notamment au Caire, au travers des yeux de plusieurs personnages de tout âge. Des personnages marqués par les révolutions et dont le destin varie selon qui est au pouvoir.

La première nouvelle a été un véritable coup de foudre pour moi. En trois petites pages, l'auteur a su décrire plus d'amour et de tristesse par sa métaphore du train qui quitte le quai que n'importe quel autre roman. Le reste de l'ouvrage offre des nouvelles plus ou moins marquantes mais on remarque à quel point l'auteur lui-même a été marqué par l'histoire de son pays. Naguib Mahfouz fait partie de ces auteurs dont je vais continuer de fouiller leur bibliographie. Un auteur à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas !

samedi 2 avril 2016

Le château d'Otrante

Après plusieurs mois de recherche, j'ai enfin eu la chance de tomber sur une édition en excellent état et à bas prix du célèbre roman d'Horace Walpole ; Le Château d'Otrante. Voici donc une petite chronique de ce roman paru la première fois en 1764.

Présentation du roman :
"Le Château d’Otrante commence avec la mort de Conrad, le fils de Manfred, le jour même de son mariage, tué par la chute d'un casque géant tombé du ciel. En raison des implications politiques du mariage, Manfred décide de divorcer de sa femme Hippolita et d’épouser Isabella, la fiancée de Conrad. Une antique prophétie affirme cependant que le château et la seigneurie sur Otrante seront perdus pour ses détenteurs lorsque le vrai propriétaire sera devenu trop grand pour l’habiter. Le second mariage de Manfred sera perturbé par une série d’événements surnaturels comme l’apparition de membres surdimensionnés, des fantômes, du sang mystérieux et un vrai prince." Source Wikipedia

Le château d'Otrante est un roman avec une double particularité. La première, c'est qu'il s'agit de l'ouvrage qui initia le genre du roman gothique (Frankenstein, Le Moine, Vathek, les romans d'Ann Radcliffe ...), genre qui s'éteignit malheureusement au milieu du 19è siècle même si Bram Stoker lui offrit un dernier battement de cœur avec son mythique Dracula écrit en 1897.

La seconde particularité de ce roman est que l'auteur a prétendu un temps qu'il avait traduit un vieux manuscrit datant du 16è siècle retrouvé dans une vieille bibliothèque anglaise. Les critiques ont d'abord été totalement conquis par ce texte avant de crier au scandale en découvrant la vérité. Horace Walpole s'en est excusé lors d'une réédition de son roman. Mais malgré tout, en lisant ce livre, on peut constater que son mensonge était nécessaire pour donner encore plus de corps à son univers.

L'auteur dépeint un château étrange, limite effrayant, dans lequel le maître des lieux est en tout point semblable à un tyran et où l'atmosphère est continuellement tendue. Les personnages sont assez caricaturaux de l'époque et on ne s'attache pas forcément à eux. Le plus intéressant dans ce roman c'est que l'auteur nous donne l'impression de suivre une pièce de théâtre où les scènes s'enchaînent avec leur lot de catastrophes et leurs situations parfois cocasses. De plus, les dialogues sont intéressants et le rythme est soutenu.

Je suis enfin heureux d'avoir pu lire ce livre mythique de la littérature fantastique et je vais continuer à décortiquer l'univers gothique anglais qui est, à mon goût, l'un des plus surprenants.

dimanche 20 mars 2016

Trois jours et une vie

Trois jours et une vie est le nouveau roman de Pierre Lemaitre paru en mars 2016 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… » Pierre Lemaitre

Avec ce nouveau roman, le lauréat du prix Goncourt 2013 nous conte une histoire bouleversante avec un jeune personnage attachant en qui l'on peut retrouver certains traits de notre jeunesse. Hanté par la disparition tragique de son jeune voisin et ami, Antoine va connaître de nouvelles angoisses, de nouvelles peurs qu'à son âge il est impossible de gérer seul. Et pourtant, c'est bien seul qu'il devra tenter de remonter à la surface en chassant ces horribles cauchemars qui viennent lui rendre visite lorsqu'il arrive à dormir. Il se fait tout un scénario digne d'un film de gangster à chaque nouvel indice concernant la disparition de Rémi. Il en devient presque malade et ne souhaite qu'une chose, fuir cette ville où les catastrophes s’enchaînent.

Pierre Lemaitre décrit avec beaucoup de justesse toute l'émotion, la colère et la peur que peuvent ressentir les différents personnages dans le rôle qui leur est attribué. Il est arrivé à me toucher en plein cœur par cette tragédie qui prend naissance avec un stupide accident et qui, de fil en aiguille, s'amplifie jusqu'au drame. Il est difficile de se placer en tant que juge ou juré dans cette affaire ... mais je vous laisse découvrir le roman pour savoir de quoi je parle. L'auteur signe là une oeuvre majestueuse dont j'aurai bien du mal à m'en remettre. 

Le Crime du comte Neville

Le Crime du comte Neville est un roman d'Amélie Nothomb paru en août 2015 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
« Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. » Amélie Nothomb

Cela faisait un petit moment que je n'avais lu un roman d'Amélie Nothomb, c'est donc avec plaisir que j'ai lu Le Crime du comte Neville que l'on m'a prêté.

Le comte Neville, issu de l'aristocratie belge, vît dans un château qu'il a du mal à entretenir faute de moyens financiers. Lui et sa famille vivent un peu comme des pauvres dans une demeure défraîchie qui semble les tenir prisonniers, loin d'une vie "normale", car l'aristocratie c'est le sens du devoir lui répétait son père.

Le jour où sa fille Sérieuse fait ce que l'on pensait être une fugue, le comte Neville rencontre une voyante qui lui prédit qu'il tuera l'un de ses invités de sa grande fête. C'est à partir de là que tout commence à partir en vrille. Avec son rythme et ses nombreux dialogues, le roman prend vie et devient une comédie théâtrale qui se met en place devant nos yeux.

Le roman a tout d'une tragédie grecque, notamment par ses nombreuses références au sublime Electre, mais l'auteur, avec son style bien à elle, la transforme en comédie presque loufoque. Le Crime du comte Neville use de beaucoup d'humour pour nous entraîner dans une histoire courte hors du commun et qui se lit d'une traite. Un très bon moment de détente !

samedi 5 mars 2016

A la table des hommes

A la table des hommes est le nouveau roman de Sylvie Germain publié aux éditions Albin Michel en janvier 2016.

Présentation de l'éditeur :
Son obscure naissance au cœur d'une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S'il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l'espèce animale, dont une corneille qui l'accompagne depuis l'origine.
À la table des hommes tient autant du fabuleux que du réalisme le plus contemporain. Comme Magnus, c'est un roman hanté par la violence prédatrice des hommes, et illuminé par la présence bienveillante d'un être qui échappe à toute assignation, et de ce fait à toute soumission.

C'est dans la violence de la guerre que nous rencontrons l'animal qui deviendra, épreuve après épreuve, un homme. Il nous servira de guide dans cette histoire puisque nous le suivrons tout au long du roman et le verrons grandir physiquement et spirituellement. En effet, après être devenu un jeune adolescent sauvage, ne sachant pas parler ni même comment vivre en société, le jeune Babel va s'éveiller et se cultiver sans cesse pour devenir un homme sage.

A la table des hommes est un magnifique conte qui m'a rappelé Tarzan, comme si le petit cochon avait été adopté et intégré dans la jungle des humains. Mais contrairement au roman de Burroughs, le petit cochon subit une réelle transformation physique, métaphore de son évolution, son éveil. D'ailleurs son nom évolue également à mesure que son âge avance et qu'il devient de plus en plus humain.

Mais Babel, ou Abel, n'est pas le seul personnage. Il a des amis humains bien sûr mais également une amie animale. Une corneille qui est la seule témoin de sa métamorphose. En plus d'être une figure rassurante, elle devient le symbole du rapprochement du monde des hommes à celui de l'animal. Et l'on peut alors se poser la question de l'humain et de sa différence avec l'animal. Seuls la conscience et le savoir ont permis d'élever ce petit cochon au rang d'humain. Abel est bien devenu un homme mais tous les hommes ont-ils acquis cette sagesse ?

A la table des hommes est un roman qui va me hanter longtemps tant le personnage est attachant et la poésie omniprésente. Et le tout est écrit avec une plume des plus splendides.

vendredi 19 février 2016

Journal d'un vampire en pyjama

Journal d'un vampire en pyjama est le nouveau roman de Mathias Malzieu publié aux éditions Albin Michel en Janvier 2016.

Présentation de l'éditeur :
« Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

Journal d'un vampire en pyjama est un ouvrage autobiographique dans lequel l'auteur nous ouvre la porte de sa vie privée et surtout de la maladie qu'il a dû courageusement vaincre. En effet, le chanteur du groupe Dionysos s'est rendu compte un peu tardivement qu'il n'était plus en forme et que le moindre effort lui coûtait beaucoup d'énergie. A force de mettre cela sur le dos de la suractivité produite pour sortir son film (Jack et la mécanique du cœur), il n'a pas vu le pire arriver.

Et le pire est donc arrivé avec un verdict sanglant : aplasie médullaire ou manque de protection immunitaire produite par la moelle osseuse. Autant dire qu'il faut agir vite et très vite car son cas est critique. Les allers-retours à l'hôpital se multiplient et les mauvaises annonces s’enchaînent au point qu'on se demande comment il arrive à tenir encore debout.
Entre anecdotes et confidences, Mathias Malzieu nous livre du plus profond de son cœur toute sa douleur, ses peurs et ses angoisses. Son texte est très intime et nous donne l'impression de vivre, ou subir, cette éprouvante épreuve avec lui, sa compagne et sa famille.

Heureusement il ne manque pas d'humour et mêle vie personnelle avec son univers tant particulier représenté par sa Dame Oclès qui se nourrit quotidiennement de son malheur. Journal d'un vampire en pyjama est un ouvrage fort et une lutte acharnée contre une terrible maladie. C'est également un bon moment de lecture qui ne laisse pas indifférent.

samedi 6 février 2016

Les salauds devront payer

Les salauds devront payer est le nouveau roman d'Emmanuel Grand paru aux éditions Liana Levi le 7 Janvier 2016.

Présentation de l'éditeur :
Wollaing. Une petite ville du Nord minée par le chômage. Ici, les gamins rêvent de devenir joueurs de foot ou stars de la chanson. Leurs parents ont vu les usines se transformer en friches et, en dehors des petits boulots et du trafic de drogue, l’unique moyen de boucler les fins de mois est de frapper à la porte de prêteurs véreux. À des taux qui tuent... Aussi, quand la jeune Pauline est retrouvée assassinée dans un terrain vague, tout accuse ces usuriers modernes et leurs méthodes musclées. Mais derrière ce meurtre, le commandant de police Erik Buchmeyer distingue d’autres rancœurs. D’autres salauds. Et Buch sait d’expérience qu’il faut parfois écouter la petite idée tordue qui vous taraude, la suivre jusque dans les méandres obscurs des non-dits et du passé. Tantôt roman social trouble, tantôt thriller haletant, Les Salauds devront payer est une machiavélique histoire de vengeance. Emmanuel Grand y confirme son habileté à camper des personnages forts et à échafauder des scénarios diablement efficaces.

L'auteur de l'excellent Terminus Belz revient avec un nouveau roman policier et il était très attendu tant son premier roman était bon. Les salauds devront payer est un polar noir et musclé dans un décor de misère sociale puisque son histoire se situe dans le nord de la France, un lieu où le chômage est incroyablement élevé, notamment suite à la fermeture de leurs usines.

La drogue associée à la mafia ou à un gang, ça ne fait jamais bon ménage dans une petite ville. Les dérapages arrivent trop facilement. Et justement la jeune Pauline est retrouvée morte après avoir contracté un prêt important via un site Internet. Mais qui se cache derrière ce site web ? Est-ce si facile de demander un prêt ? Et surtout, qu'arrive t-il si l'on décide de ne pas rembourser ... ?
Les policiers ont affaire à une enquête qui s'avère tendue et compliquée. Attention, à ne pas croire toutes les rumeurs ...

Autant le dire tout de suite, Les salauds devront payer est très bon. Le roman est ingénieux et on ne s'ennuie jamais. On retrouve d'excellents personnages et l'auteur nous entraîne dans une sorte de ville far-west à la française où les fusils et autres revolvers sont de sortie. Une adaptation au cinéma serait sûrement excellente !

samedi 23 janvier 2016

Jack L'éventreur démasqué

Jack L'éventreur démasqué est un ouvrage de Russell Edwards édité ce mois-ci par L'Archipel.

Présentation de l'éditeur :
Après avoir acquis lors d’une vente aux enchères le châle qui a été retrouvé près du cadavre de Catherine Eddowes, quatrième et avant-dernière victime de Jack l’éventreur, Russell Edwards se lance dans une extraordinaire enquête qui durera sept ans.
Il cherche d’abord à authentifier le châle et à découvrir les secrets qu’il pourrait receler. Après lui avoir fait subir nombre de tests par les meilleurs scientifiques du pays, le châle se révèle authentique. Mais, outre le sang de Catherine Eddowes, il contient aussi des traces de l’ADN du tueur !
C’est ce qui a permis à Russell Edwards d’enfin mettre un nom sur le mystérieux tueur de Whitechapel…
Une découverte qui a stupéfié le monde à l’automne 2014. Plus de 120 ans après ses crimes légendaires, on connaît enfin l’identité de Jack l’éventreur.

Il aura fallu attendre qu'un amateur passionné par le plus célèbre des tueurs en série réussisse à se procurer un châle pour que le secret de l'identité de celui-ci soit enfin percé. Car en effet, il ne s'agit pas de n'importe quel châle, c'est celui de l'une des victimes de celui qui signait ses lettres à la presse par Jack L’éventreur.

Tout le monde connaît Jack L'éventreur qui est passé de l'histoire à la fiction au cinéma et dans de nombreux romans. Avec ce nouvel ouvrage, le mythe du tueur élégant londonien ou du psychopathe ingénieux s'écroule avec la véritable histoire racontée par l'auteur. En effet, pour ceux qui ne connaissent pas forcément très bien l'histoire du tueur, on passe d'un personnage fictif qui a des allures bourgeoises à un monstre sanguinaire.

Jack L'éventreur démasqué est un ouvrage intéressant qui passe au peigne-fin les rues de l'East-end, quartier de Londres où se sont produits les massacres, pour tenter de trouver les petits cailloux que l'éventreur aurait pu semer sur son passage. L'auteur décortique également la vie de chaque suspect et de chaque victime. Il remet même en question certains meurtres qui ne lui ont pas été attribués.
Au travers des courtes biographies des différentes personnes présentes dans l'histoire de Jack L'éventreur, il dépeint le décor d'une ville sombre où la misère se ressent à chaque coin de rue à une époque où de nombreux juifs ont migré vers Londres. Détail qui a son importance pour l'enquête.

Mais l'auteur s'attarde à quelques reprises sur sa vie personnelle et, quoiqu'il en dise, je trouve que cette partie est inutile pour comprendre comment il a mené l'enquête. Malgré ces passages, l'ouvrage est passionnant aussi bien par ses anecdotes historiques que par le déroulement de l'enquête.

Alors si vous aussi vous avez envie de découvrir qui est, vraisemblablement, Jack L'éventreur, n'hésitez pas à lire Jack L'éventreur démasqué. Attention, je tiens à signaler que, bien que son enquête se soit révélée incroyable en terme de révélations, d'autres spécialistes ont noté des réserves. A lire sur la page Wikipédia du tueur ... !