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mardi 19 janvier 2016

Le Grand dieu Pan

Le Grand dieu Pan est un roman fantastique d'Arthur Machen ré-édité récemment aux éditions Pierre-Guillaume De Roux.

Présentation de l'éditeur :
« Vous voyez la montagne, ces collines pareilles à des vagues ; vous voyez des bois et des vergers, le grain mûr des champs, les prairies qui dévalent jusqu’à la rivière. Vous me voyez debout à côté de vous ; vous entendez ma voix. Mais je vous dis, moi, que toutes ces choses – oui, depuis l’étoile qui vient de s’allumer au ciel, jusqu’au sol que nous éprouvons du pied –, je vous dis que tout cela n’est que du rêve et des ombres, les ombres mêmes qui nous voilent le monde réel. Il y a un monde réel ; mais il est sous cet éclat et sous ces visions, [...] derrière tout cela comme si un voile nous le cachait. Je ne sais si jamais un être humain a soulevé ce voile ; mais je sais que cette nuit, et devant vous et moi, Clarke, il le sera pour d’autres yeux. Peut-être trouverez-vous tout ceci étrange, insensé même : étrange, soit, mais réel ; et les anciens savaient ce que c’est que “lever le voile”. Ils appelaient cela voir le dieu Pan. »
Pour que le voile se déchire devant le « grand Pan », le Dr Raymond va user du scalpel et rien moins qu’inciser le cerveau de Mary, sa protégée. Cette opération chirurgicale renvoie-t-elle seulement à l’une de ces spectaculaires expériences dont raffola le XIXe siècle, à la fois scientiste et spirite ? Ou bien s’agit-il de convoquer quelque chose de plus archaïque et autrement plus redoutable – de questionner notre capacité à soutenir le regard de la divinité ? C’est de toute façon l’effroi qui est au rendez-vous : au drame de la jeune Mary va succéder une longue série d’événements aussi troublants que terribles.
Ce court roman d’Arthur Machen (1863-1947), qui compte parmi les plus célèbres de la littérature fantastique, est réédité dans la traduction qu’en donna le poète Paul-Jean Toulet (1867-1920) en 1901. Avec une préface d’Anne-Sophie Yoo qui en souligne les profondeurs spéculaires, et une couverture originale signée Philippe Druillet.

Cela faisait quelques temps que je voulais lire ce roman cité parmi les grands classiques du genre. Et c'est en lisant l'un des derniers romans de Stephen King, qui y faisait référence, que je me suis enfin décidé à me le procurer.

L'ouvrage s'ouvre avec une préface d'Anne-Sophie Yoo. On ressent toute la passion et l'émotion qu'elle a pu éprouver en lisant ce roman et en analysant la vie de l'auteur. Elle trouve les mots justes pour nous toucher et nous donner encore plus envie de le commencer.

Puis vinrent les premiers mots et mon excitation se décupla ; enfin je pouvais lire le chef d'oeuvre d'Arthur Machen ! C'est au travers de dialogues entre plusieurs hommes de la haute société que l'on découvre cette terrible et mystérieuse histoire du Grand dieu Pan. Et c'est durant le premier de ces dialogues que se déroule l'opération chirurgicale qui permet à Mary de voir quelque chose que personne habituellement ne peut voir ... ou ne devrait voir.
Les années passent depuis cette étrange opération et d'étranges morts surviennent dans le club très fermé des hommes riches londoniens. Heureusement, certains d'entre eux enquêtent. Mais la vérité est difficile à comprendre même si tout ramène à une seule personne.

Des rues plongées dans la pénombre. Une angoisse omniprésente. Arthur Machen, dans une superbe traduction, crée une atmosphère dérangeante, très sombre, qui rappelle les meilleurs romans gothiques de l'époque. Je suis très heureux d'avoir trouvé cette ré-édition de 2015.

mercredi 22 juillet 2015

L'Aurochs Rouge

L'Aurochs Rouge est un roman médiéval-fantastique de Tibéon.

Présentation du roman :
Depuis des générations, la Maison Gardenor protège les Marches Nord de la Claneterre des razzias des barbares Gueules, des sauvages qui se couvrent le visage de masques d’animaux pour paraître plus effrayants. Aussi, lorsque Aegorn Gardenor prend en chasse un groupe d’éclaireurs Gueules dans les Terres Sauvages, il ne s’attend pas à aller au-devant du chaos, malgré les avertissements des templiers.
Car dans la Gueulande, l’immense forêt où vivent les Gueules, un homme rassemble la plus terrible des hordes, poussé par une quête qui dépasse les Maisons. Et tandis que les querelles agitent la Claneterre, il s’apprête à y déverser son armée de masques.
Les templiers trouveront-ils les réponses avant qu’il ne soit trop tard ?

L'Aurochs Rouge est le premier tome de la série Chimeterre et c'est une très bonne entrée en matière. En effet, dès le début du roman on est pris dans ce nouvel univers qui mêle à merveille l'époque médiévale avec ses preux chevaliers et autres seigneurs, avec le genre fantastique d'où surgissent des créatures terrifiantes.

Le début est excellent et permet au lecteur de rentrer pleinement dans l'histoire. Certaines séquences de combat sont fortement empreintes de réalisme et on se surprend, déjà dès le début du roman, à ne pas souhaiter la mort de certains des personnages.
Le territoire est plutôt vaste et j'avoue avoir eu un peu peur de me perdre en chemin entre les différentes Maisons des seigneurs mais non, ce n'est pas arrivé. La fin m'a laissé sur ma faim et j'ai hâte de lire le second tome pour en savoir un peu plus sur le destin des personnages. Le sang risque encore de couler à flots dans le prochain roman.

Je ne suis pas habitué à lire ce genre de roman, non pas que je n'aime pas, mais je n'en ai eu que très rarement l'occasion. On sent bien par ce qui en ressort du texte que l'auteur est un habitué, voire un grand connaisseur du genre. Tout l'univers a été méticuleusement travaillé ; des personnages à la carte des territoires. Cette dernière se retrouve d'ailleurs sur l'une des premières pages permettant ainsi au lecteur de s'orienter plus facilement dans l'histoire, un peu comme l'avait fait Julien Bonin avec son excellent La vie d'Oru, héros désabusé. Mais ce que j'ai le plus particulièrement apprécié dans L'Aurochs Rouge c'est l'alliance d'une plume légère et d'un riche vocabulaire qui m'ont permis de dévorer le roman en deux jours. Une très belle expérience donc !


Pour découvrir les premiers chapitres de L'Aurochs Rouge.

samedi 27 juin 2015

Le voile des apparences

Le voile des apparences est un thriller fantastique de Natacha Calestrémé paru aux éditions Albin Michel ce mois-ci.

Présentation de l'éditeur :
Après une série d’événements tragiques, Yoann Clivel, flic brillant de la police judiciaire, se rend dans un hôpital psychiatrique. Il y fait la connaissance d’un jeune homme atteint d’autisme qui communique avec les morts. L’un de ses « fantômes » est une femme qui prétend avoir été assassinée. Supercherie ? Délire d’un malade mental ? Ou piste à prendre au sérieux ?
Happé par les méandres de cette affaire, Clivel se retrouve face à une autre énigme : l’assassinat de son propre père lorsqu’il était enfant…
À la frontière du paranormal et du thriller, Le voile des apparences confirme l’univers singulier et très documenté de l’auteur du Testament des abeilles.

Ce type de roman policier change un peu de ce que j'ai l'habitude de lire. Le voile des apparences fait un peu plus que flirter, à mon goût, avec le fantastique mais cela reste aux croyances de chacun sur la mort et ce qu'il s'y passe ensuite. Outre cet aspect fantastique présent, le roman vous entraîne bel et bien dans une nouvelle intrigue policière des plus excitantes.

Le personnage de Yoann Clivel est excellent. Il est vraiment attachant et on le suit avec plaisir dans cette enquête hors du commun. En effet, Yoann s'est trouvé un peu par hasard sur une nouvelle affaire qui a tout du crime parfait. Mais c'est sans compter sur les écrits de la défunte qui se sert d'un autiste pour mettre sur papier des bribes parfois incohérentes de sa vie passée et quelques indices dans le but de résoudre son assassinat.

Dans sa vie personnelle, tout ne va pas pour le mieux pour Yoann. Pour sauver son couple et se sauver lui-même, il doit affronter les démons de son passé et trouver le courage de découvrir la vérité quant au meurtre de son père alors qu'il n'avait qu'une dizaine d'années au moment des faits. Enquête qui s'avère difficile, notamment sur le plan des émotions puisqu'il lui faut fouiller le passé de son père. Un passé peu glorieux, vous l'aurez compris ...

Le voile des apparences se lit plutôt bien. Sa force se situe dans son intrigue solide et son personnage principal aux allures de justicier. Le côté paranormal peut en dérouter plus d'un mais l'auteur tente tant bien que mal de semer le doute dans l'esprit de son lecteur.
L'auteur en profite également pour dénoncer certaines prises en charge surmédicalisées des personnes atteintes d'autisme et à quel point ce trouble peut être sous-considéré. Une belle introduction qui permet, à qui le souhaite, de s'intéresser au sujet.

lundi 9 juin 2014

Joyland

Joyland est le nouveau roman du maître Stephen King, paru le mois dernier aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
Les clowns vous ont toujours fait peur ?
L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…

Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand by me.

La comparaison au superbe Stand By Me, qui accoucha d'un film tout autant magnifique, est légitime. On définit souvent le King comme étant le maître de l'horreur mais il ne faut pas oublier qu'il excelle dans cet autre genre de roman ; les romans profondément humains où la vie est un mélange de joie et de tristesse, où l'on connait des moments de gloire et des moments de honte, où l'on aime et où l'on hait. Comme pour Stand By Me, le nouveau roman de l'auteur décrit une partie importante de la vie d'un jeune homme qui va l'aider à grandir et à voir le monde autrement.

Joyland, c'est la rencontre et la naissance d'une grand amitié entre un jeune homme un peu paumé et de nouveaux amis. Joyland, c'est la rencontre entre ce jeune homme qui commence à trouver un but dans sa vie et ce petit garçon malade qui va l'aider de bien des façons. Joyland, c'est également la rencontre entre ce jeune homme au grand cœur et le fantôme d'une jeune femme disparue que seuls certains privilégiés ont pu voir. C'est cette rencontre invisible et impossible qui sera déterminante dans les évènements à venir.

Joyland est l'aventure de sa jeune vie, une métaphore de cette fin de vie d'adolescent et de début de vie adulte. Une étape dans laquelle Dev est confronté au fantôme de son premier amour perdu. Devin Jones va trouver en Joyland, ce parc d'attractions bien différent d'un Disney World, le moyen d'exorciser ses démons et de trouver toute la beauté possible dans ce qui peut paraitre triste.
Joyland est un roman rempli d'émotions dans lequel suspense et terreur ne sont pas les termes qui définissent le mieux le récit du King. Même si l'enquête sur le meurtre de la jeune femme est assez intriguante, on retient surtout ce moment passé avec Devin qui nous renvoie à notre propre passé et qui nous fait réfléchir quant à nos choix réalisés. Un très beau roman.

dimanche 30 mars 2014

L'autre

L'autre est le nouveau roman d'Olivier Descosse paru le 21 Février aux éditions Delpierre.

Présentation de l'éditeur :
« Si vous pouviez vous projeter au plus profond de votre esprit, le feriez-vous ? »
À vingt-cinq ans, Julien Ducat mène une vie passionnante. Il est pilote de jet privé, fréquente des célébrités et enchaîne les conquêtes féminines.
Son seul problème : une anesthésie affective qui l’empêche de tomber amoureux.
Pourtant, une mystérieuse jeune femme va bouleverser la donne. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi tient-elle tant à l’aider ? A-t-elle un lien avec ces hallucinations dont souffre Julien depuis qu’il a involontairement absorbé du LSD ?
Pour comprendre, il n’aura d’autre choix que de plonger dans les zones sombres de sa mémoire. Celles dont il a gommé l’existence quand il était enfant.

Attachez votre ceinture, le jeune pilote Julien Ducat va vous emmener dans un univers fantastique où il faudra faire preuve d'imagination et laisser de côté votre rationalité. L'autre est un fabuleux voyage ésotérique vers des mondes insoupçonnés et bercés de poésie. Julien Ducat a beau être du genre insensible et ne pas s'attacher à ses multiples conquêtes féminines, il va rencontrer un être spirituel qui va l'entrainer dans les pires recoins de son inconscient. Et peut-être même ailleurs ...

L'autre est finalement la quête du personnage principal afin d'exorciser son handicap affectif. Il devra trouver la force et la croyance nécessaires pour affronter son terrible passé et se connaître mieux soi-même. Olivier Descosse nous livre là un roman très socratique et personnel.

Malheureusement on attend tout au long du roman à être surpris, on attend le suspense qui ne viendra jamais. On suit l'aventure de ce jeune personnage plutôt touchant, même si parfois il est un peu irritant, sans jamais être frappé par un retournement de situation que l'on attend pourtant après un début proche d'un thriller. Mais Olivier Descosse s'est clairement détaché du polar.

Le récit est parfois un peu lent mais assez prenant. Le style est travaillé et totalement maitrisé. L'intention de l'auteur d'avoir écrit ce roman tient plus sur le côté personnel je pense. La dissociation entre le corps physique et l'esprit n'est pas chose courante dans mes lectures et j'ai été finalement ravi d'avoir pu être emporté dans un monde littéraire différent et d'avoir laissé l'auteur m'ouvrir de nouvelles portes de mon imagination.
Par contre, le lectorat visé par l'auteur n'est apparemment plus le même. Ce changement de style sera t-il apprécié et trouvera t-il ses lecteurs ? J'ai hâte de lire d'autres avis !

vendredi 12 juillet 2013

L'encre et le sang

L'encre et le sang est un court thriller fantastique écrit à quatre mains par Franck Thilliez et Laurent Scalese aux éditions Pocket et 12-21 pour la version numérique.

Présentation de l'éditeur :
Au fond d'un vieux garage hongkongais, elle est là. Elle l'attend.
La machine.
Il suffit de taper. Et tout s'écrira, dans la réalité.
Très vite, l'écrivain William Sagnier comprend qu'il tient là l'instrument de sa vengeance. La femme qui l'a trompé. L'homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l'ont humilié, utilisé, détruit, seront punis à leur tour.
La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là ou se mélangent l'encre et le sang...

La rencontre entre deux grands noms français du thriller est tout à fait attrayant et intriguant. On se demande ce que ces deux inventeurs d'histoires cruelles ont pu bien concocter ensemble ... C'est sur un thriller fantastique que leur choix s'est porté. Drôle de décision, non ? Bien que Franck Thilliez n'en soit pas à son premier coup d'essai (souvenez-vous de L'anneau de Moebius qui reste à ce jour l'intrigue que j'ai préféré de la bibliographie de l'auteur), je ne le voyais pas forcément renouer avec le genre. Mais tant mieux, car ça fonctionne plutôt pas mal. Quant au style de Laurent Scalese, je n'ai malheureusement lu aucun roman de lui ... je me rattraperai sûrement dans l'année.

Les deux complices ont joué avec mes nerfs puisque, sûr de moi, je pensais avoir facilement trouvé toute la solution à cette étrange histoire de machine à écrire et de personnages déchus. Bien évidemment, le dénouement m'a clairement recadré. Qu'est-ce que je croyais ? Pouvoir trouver aussi facilement le fin mot de l'histoire sans me faire berner ? Tsss...

L'intrigue m'a rappelé de bons souvenirs puisque j'ai participé (et même joué ... piètrement) dans un court métrage dont l'histoire était très proche. On se prend au jeu et on se demande même ce qu'on pourrait bien faire à la place du personnage principal. Le duo Thilliez-Scalese fonctionne bien pour cela. Ils nous font pénétrer dans un jeu où l'on ne sait plus qui tient les rênes ... et si c'était simplement les deux auteurs ?

dimanche 18 novembre 2012

Dreamland

Dreamland est un thriller fantastique de Brad Coleman, édité par Kyklos Editions.

Présentation de l'éditeur :
Dans les plaines arides et surchauffées du Nevada, Myriam McGregor, journaliste d'investigation au Los Angeles Times, va apprendre à ses dépens qu'il vaut mieux ne pas s'approcher de la Zone 51.
Depuis des années, le physicien Jack Wise travaille dans les installations les plus secrètes et les mieux gardées au monde de Dreamland. Ayant découvert le secret de l'antigravitation, il reçoit un message d'outre-espace lui enjoignant, preuves à l'appui, de révéler l'existence d'une civilisation extraterrestre.
Une course contre la montre va s'engager pour la journaliste et le scientifique, aidés par un indien Hopi aux étranges pouvoirs et un agent du Mossad. Traqués par les services secrets, manipulés par les agences gouvernementales, ils n'auront de cesse de prouver que la vérité est ici !

Brad Coleman signe avec Dreamland un thriller fantastique à portée humaniste, plongeant le lecteur au cœur de l'ufologie. Mais l'humanité est-elle prête à accepter des révélations qui bouleverseraient sa vision de l'Univers ? 

Définir Dreamland comme un roman fantastique est un peu léger car bien qu'il se base sur des phénomènes surréalistes, il a la particularité d'être très réaliste. Ce qui est plutôt troublant. L'auteur se base sur des faits totalement réels et une documentation très précise. Il demande juste à son lecteur d'ouvrir un peu son esprit et de se laisser emporter dans une histoire totalement fantastique dans tous les sens du terme.

Qui ne s'est jamais demandé ce que cachait la célèbre Zone 51 ? Fréquemment présent dans le monde de l'audiovisuel (dans X-Files par exemple), cette base militaire ne cesse d'intriguer le monde entier. Les fanatiques d'Ufologie et autres curieux du paranormal en tout genre se donnent à cœur joie dans les spéculations de tout type.
Dreamland est une vision personnelle de l'auteur de ce qui se trame dans cette base, et cette vision est quelque peu inquiétante et saisissante. Les nombreuses références à de réels documents intensifient le doute que l'on peut ressentir au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire.

Dreamland se lit d'une traite. Le roman est passionnant et ne manque jamais de rythme. La façon dont l'auteur amène son histoire est bien pensée, les éléments du surnaturel s'imbriquent parfaitement dans le réel. Les personnages sont également intéressants et je dois avouer ma préférence pour le scientifique et son histoire personnelle.
Alors, envie de rêver un peu ? De bouleverser vos opinions ? Et tout cela dans une ambiance proche d'un film d'espionnage. Dreamland devrait plaire à un large public car c'est un roman réussi et qui réveille notre soif de curiosité.

lundi 16 juillet 2012

Le retour des morts

Le retour des morts est un roman fantastique de John Ajvide Lindqvist, l'auteur suédois de l'excellent Laisse moi entrer.

Présentation de l'éditeur :
Stockholm, le 13 août 2002... un orage électrique terrasse les vivants... et fait se lever les morts.
Tous ceux qui ont disparu depuis deux mois reviennent à la vie.
Dans quel état ? Dans quel but ?
Au cœur de toutes les familles, l'espoir et l'horreur se mêlent bientôt.
Inextricablement.
Avec un réalisme sidérant et la sensibilité unique qui est sa marque, John Ajvide Lindqvist réinvente le roman de morts-vivants comme il l'avait fait pour le thème du vampire avec "Laisse moi entrer", adapté deux fois au cinéma.

Après s'être attaqué avec beaucoup de délicatesse et de poésie au mythe des vampires, l'auteur se lance cette fois-ci dans la légende des morts-vivants. Comme pour son premier roman, il s'approprie totalement le style pour le rendre plus humain, plus réel. L'auteur se détache totalement du 'Romero Like' et offre avec finesse un excellent roman qui laisse plusieurs pistes de réflexion sur la mort et l'inconnu en général.
Avec Laisse moi entrer, l'auteur avait repris à sa façon l'histoire de Roméo et Juliette. Ici, Le retour des morts fait toujours référence à Shakespeare mais au féérique Le songe d'une nuit d'été. J'ai apprécié son approche sur la vie après la mort, préférant nommer ces créatures des revivants plutôt que des morts-vivants. Outre cette référence à Shakespeare, et dans un style plus contemporain, on peut se rapprocher de Fido ou même de Land of the Dead pour cet envie d'humaniser le mort, lui donner le titre de renouveau car il apprend à nouveau. A communiquer par exemple.

Il n'est pas mort. Il existe.

Mais la véritable originalité de ce roman est sa montée crescendo de la panique que provoque l'arrivée des revivants. L'auteur s'éloigne complètement du caractère gore du genre (quoi que ...) pour faire passer ces créatures comme des étrangers qu'on écarte, dont on a peur. On commence par désirer les voir, puis ne plus voir en eux ceux qui nous étaient proches. On les rejette alors ou on tente de les protéger.
John Ajvide Lindqvist continue de nous glacer le sang avec un nouveau conte stupéfiant et angoissant où sont décrites les réactions de plusieurs familles retrouvant l'un de leurs proches récemment décédé. Chacun réagira différemment, mais quelle est la bonne attitude face à ce type de miracle ?
Et nous, comment aurions-nous réagi ?

dimanche 21 novembre 2010

Auras - 1. Le Supplément d'Âme

Le Supplément d'Âme est le premier opus de la trilogie Auras de Jean Laudic. Entre thriller ésotérique et roman fantastique, la trilogie Auras semble déjà, avec ce premier titre, ouvrir la porte à un genre nouveau.

Présentation de l'éditeur :
Mère de famille sans histoires, Isabelle voit sa vie basculer lorsque sa sœur Marianne, médecin en quête de thérapies nouvelles, lui propose une régression dans ses vies passées.Qui est ce Miguel de Gainza, surgi d'un palais andalou pour leur lancer cet étrange avertissement : « Vous faites fausse route, ce monde n'est pas celui que vous croyez... Vous nous mettez tous en danger... » ?
La quête de la vérité entraînera les deux femmes à travers l'Espagne, sur les traces d'un complot où se joue l'avenir de l'humanité.
Et si l'Église s'était trompée sur la nature de l'âme ?

Alors que le thème pourrait en rebuter plus d'un parmi ceux qui sont attachés au réalisme offert par certains romans, le premier tome de cette nouvelle trilogie tire son épingle du jeu en alliant efficacement surnaturel et pragmatisme. Malgré un départ assez perturbant, le récit arrive à capter l'attention de son lecteur en le projetant dans l'histoire.
En effet, il est possible de se retrouver dans certains des personnages tant ils ont tous une personnalité différente allant du fanatique religieux à l'homme le plus terre à terre qu'il soit. Il nait alors un combat entre ces dangereux fanatiques et ceux qui veulent sauver l'humanité. Combat mettant à l'écart la plupart des Hommes, aveuglés par l'ignorance de tout ce qui peut paraître paranormal. Marianne, elle, s'est mise à y croire et doit affronter l'un des plus grands secrets cachés depuis l'éternité.

C'est comme si l'aura avait été gommée, laissant une trace floue, pâle reflet de la flamboyance passée.

J'avoue avoir eu du mal à rentrer dans l'histoire. Le roman démarre fort en kidnappant son lecteur pour l'emporter vers des voies jusqu'alors inconnues pour moi. Des chemins à forte intensité de fantastique, d'ésotérisme. Mais l'âme humaine des personnages reprend vite le dessus pour calmer cette excitation surnaturelle et pour nous rendre nos bases terrestres sur lesquelles nous nous appuyons. L'auteur use d'une plume efficace et intelligente pour ne pas brusquer son lecteur tout en l'accompagnant vers des contrées irréalistes.
Finalement, Le Supplément d'Âme sonne comme le début d'un genre nouveau où se mêlent différentes formes littéraires et promet une trilogie terrifiante.

lundi 1 novembre 2010

La chute

La chute est le deuxième tome de la trilogie La Lignée des auteurs Guillermo Del Toro et Chuck Hogan. Rappelez-vous, l'arrivée en 2009 d'une trilogie vampirique par le célèbre réalisateur mexicain en avait surpris plus d'un.

Présentation de l'éditeur :
Tandis que les vampires envahissent les rues de New York, l'épidémiologiste Ephraïm Goodweather, le professeur Abraham Setrakian et un petit groupe de rescapés tentent de s'organiser face au chaos. Car partout dans la ville et dans le monde, des émeutes éclatent, des milices se mettent en place et les êtres humains se retrouvent impuissants face à leurs prédateurs, les vampires.
Ephraïm et ses amis pourront-ils arrêter le plan diabolique du Maître qui menace de plonger l'humanité dans la nuit éternelle ? Noir, désespéré, spectaculaire, le second tome de la trilogie « La Lignée » brosse le tableau d'un monde qu'une poignée d'individus essaie de sauver de l'abîme.

Quelle déception je viens de vivre avec cette suite ! Je ne ferai pas de jeu de mot concernant le titre et l'effet produit par la lecture du roman mais c'est avec un mal fou que j'ai réussi à le terminer. Alors que La lignée démarrait fort avec une séquence terriblement stressante dans un aéroport, La chute a loupé son envol et ne sert que de prétexte à offrir des combats pour les plus friands d'entre nous d'action et de scènes qui défilent à cent à l'heure.
Les deux auteurs ont préféré opter pour un style hollywoodien dans le but de miser sur les 'effets spéciaux', le décor et l'ampleur des dégâts plutôt que sur les personnages et la peur procurée par une ambiance froide et sombre comme ils l'avaient faits dans le précédent tome. Ce premier opus avait d'ailleurs l'avantage, comme tout roman initiant une série, de mettre en place les personnages et de faire monter la pression.

La Nuit Eternelle avait commencé.

Mais ne démolissons pas totalement ce roman puisqu'il a tout de même l'utilité de faire évoluer l'histoire principale : la propagation du virus vampirique dans le monde entier. Il nous en apprend également  sur l'origine des vampires sans trop nous en dire pour garder le suspense dans le troisième et dernier tome à venir.
Et bien que le portrait offert des créatures par les deux auteurs soit assez original et riche en histoire, le roman peine à se démarquer des autres ouvrages évoquant ce thème.
Donc pas vraiment d'engouement pour ma part sur ce deuxième tome qui se révèle surtout riche en combat et ferait à coup sûr un bon film grand public. Je lirais sûrement le dernier opus pour me faire une idée plus générale sur la série, en espérant y trouver plus de suspense et d'inspiration de la part des auteurs.

mardi 6 avril 2010

Laisse-moi entrer

Laisse-moi entrer est le premier roman de John Ajvide Lindqvist. Comme le signale la quatrième de couverture, ce roman est considéré comme l'un des plus gros best-sellers en Suède tous genres confondus. L'auteur a également signé le scénario de l'adaptation cinématographique ; l'excellent film Morse.

Présentation de l'éditeur :
« - Oskar...
Cela provenait de la fenêtre. Il ouvrit les yeux et regarda dans cette direction. Il vit les contours d'un petit visage de l'autre côté de la vitre. Il écarta ses couvertures mais avant qu'il ait eu le temps de sortir de son lit, Eli murmura :
- Attends. Reste dans ton lit. Est-ce que je peux entrer ?
Oskar chuchota :
- Oui.
- Dis que je peux entrer.
- Tu peux entrer. »
Oskar a 12 ans, il vit seul avec sa mère au cœur d'une banlieue glacée de Stockholm. Il est martyrisé par trois adolescents de son collège.
Eli a emménagé un soir dans l'appartement voisin. Un homme l'accompagnait. Elle sort le soir, semble ne craindre ni le froid ni la neige et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable.
Une magnifique et sanglante histoire d'amour et d'amitié entre deux êtres désespérément seuls et différents.

Oskar est un jeune garçon âgé de douze ans perturbé. Martyrisé par certains de ses camarades de classe et sans réelle figure paternelle, il va sombrer et s'enfermer de plus en plus dans un monde noir et violent qu'il s'invente. Devenu fanatique des tueurs en série, il découpe et collectionne les faits divers sanguinaires qu'il trouve dans les journaux. Après s'en être bien imprégnés, le soir, il descend dans la cour soulager sa rage en plantant un couteau contre un arbre. Mais un soir, il rencontre Eli. Et tout va changer dans sa vie ... et dans celle des autres.

Si seulement vous saviez. S'il vous plait, pardonnez-moi, mais si seulement vous saviez.

Des meurtres s'enchaînent dans un quartier pourtant assez paisible. Page après page des litres de sang dégoulinent mais à aucun moment la violence ne devient gratuite, elle en devient même vitale. L'auteur use d'un parfait sens de la narration et arrive avec brio à nous faire pénétrer dans un univers angoissant où chacun des personnages a un côté dur et un côté sensible, fragile. Lindqvist dérange d'ailleurs en nous plongeant dans les remords d'un homme mauvais, pédophile et devenu tueur en série malgré lui. Le roman dérange et nous perturbe par sa puissante force d'écriture. De cette terrifiante histoire, il en ressort de la poésie, de l'amour et de la tragédie. Un mélange de sentiments qui envahit votre corps et qui ne vous quittera que longtemps après avoir terminé la lecture.

- Je ne suis rien. Pas un enfant. Pas un vieux. Pas un garçon. Pas une fille. Rien.

Lindqvist donne une nouvelle dimension, plus humaine, au mythe du vampire. On a affaire à un monstre en pleine crise d'identité, malheureux et touchant à l'image de ce qu'il paraît être. Les nombreuses références à 'Roméo et Juliette' (comme la fabuleuse et pourtant très simple scène où les deux jeunes protagonistes se retrouvent chacun d'un côté de la fenêtre) font de ce roman l'une des plus belles tragédies du temps moderne. Lindqvist est un grand conteur d'histoire. Il m'a fait vivre l'un de mes plus beaux voyages littéraires. Encore un énorme coup de cœur ... l'année s'annonce littérairement magnifique !

Un loup déguisé en mouton ?




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vendredi 23 octobre 2009

Dracula l'immortel


Dracula l'immortel est un roman réunissant les mains de Dacre Stoker et celles de Ian Holt, roman affiché comme étant la suite officielle du Dracula de Bram Stoker. Les noms de famille des deux écrivains ne vous auront pas échappé, il s'agit bien de la même famille, Dacre étant l'arrière-petit-neveu du père de Dracula.
Difficile de ne pas passer à côté de ce roman tant la promotion a été importante ... alors, arnaque ou véritable suite ? Ma réponse ci-dessous ...

Présentation de l'éditeur :
En 1888, un groupe de six intrépides a réussi à détruire Dracula aux portes de son château de Transylvanie. Vingt-cinq ans plus tard, ils se sont dispersés mais le souvenir de cette périlleuse aventure où l’un d’eux a laissé sa vie les poursuit. Combat quasi mystique contre les forces du mal, vengeance d’amoureux endeuillés ou inextinguible jalousie : les raisons mêlées de leur acte continuent de perturber leur existence et la disparition du prince des ténèbres n’a pas apaisé leurs tourments. Une mort inexpliquée devant un théâtre parisien et un deuxième assassinat d’une effroyable cruauté au cœur de Londres vont réveiller la peur. Du Quartier latin à Piccadilly Circus, l’ombre de Dracula semble à nouveau planer… Les héros d’autrefois devront faire face à un ennemi insaisissable aux attaques sournoises ou d’une violence inouïe, mais aussi à leurs propres démons. De quoi brouiller les pistes et troubler les esprits, dans une intrigue menée avec maestria qui ressuscite le fantasme et la malédiction de l’immortalité.

Dacre Stoker et Ian Holt ont osé réveiller le vampire le plus célèbre de la littérature, le comte Dracula, alors que Bram Stoker s'était acharné à le détruire. Ils ont réalisé leur projet à partir des notes retrouvées de ce dernier et en y associant des faits marquants de l'histoire. En effet, un impressionnant travail de recherches vient se greffer sur la trame principale qui est, vous l'aurez deviné, le retour de Dracula. Dracula n'est pas le seul survivant puisque tous ses anciens adversaires (Van Helsing, Seward, Harker et cie) ont réussi à survivre quelques dizaines d'années, anéantis par les douloureux souvenirs de leur grandiose bataille. Nous sommes en 1912 et chacun de ces protagonistes a continué de vivre mais aucun ne semble être heureux. L'ombre du comte plane encore sur leur vie. Mais le reflet d'un autre personnage mystique semble onduler sur le flot paisible mais compliqué de leur existence, celui d'Élisabeth Bathory connue par ses monstruosités cités dans les folklores et les cultures populaires slaves.

- Le monde est cruel, ma chère. Je n'en suis que le reflet.

Un nouveau personnage apparait dans l'Angleterre du début du vingtième siècle, l'inspecteur Cotford, qui était prévu dans la version d'origine du Dracula de Bram Stoker et qui a été supprimé pour une raison inconnue. L'arrivée de ce flic donne au récit un côté hard-boiled qui, bien que j'apprécie beaucoup ce style, contribue à la perte du charme victorien instauré dans le Dracula original. Ce roman d'ailleurs a une importance capitale dans cette suite puisque Bram Stoker est transformé en tant que personnage de l'aventure (1912 correspond à l'année de sa mort) et se voit offrir le rôle d'un metteur en scène de théâtre. Il s'agit sans doute pour les deux écrivains d'un hommage afin d'immortaliser le grand auteur dans son œuvre capitale ... je ne trouve pas le résultat réussi puisque le personnage parait légèrement borné et même parfois un peu bête. Alors que l'écrivain décédé semble devenir un personnage, Dracula, lui, est humanisé. De même que toute la troupe de héros du premier roman. Tantôt issés au rang de héros, voire d'immortels, les Van Helsing, Harker et compagnie deviennent de simples êtres humains, mortels, avec leurs lots de problème. A l'inverse d'un bon vin, ces personnages ne se sont pas bonifiés avec l'âge ... l'héritage du premier roman semble totalement perdu.

C'était indubitablement l'œuvre du démon.

Après une première partie angoissante et entraînante, la suite se révèle être vraiment décevante. Au delà des personnages, c'est le mythe tout entier de Dracula qui parait dénaturé. Les auteurs en font trop. Trop de mélanges, trop de détails historiques enlèvent toute crédibilité à l'ouvrage initiale de Bram Stoker. Tous les personnages m'ont agacé dans cette suite alors qu'ils m'avaient tant fait rêver dans le premier opus. Les auteurs auraient sûrement du laisser le comte Dracula du côté des Carpates où la légende l'avait laissé se terrer à jamais. Malgré un style très appréciable, l'intérêt de l'histoire est à mon sens totalement perdu. Dommage ...

- A présent que c'est la fin, comprenez-vous qu'on puisse redouter la mort ?

A voir, le site officiel du roman : ici.
A voir également, un avis très complet sur le roman : ici.
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dimanche 18 octobre 2009

Dracula


Dracula est un roman de Bram Stoker devenu à présent un classique immanquable de la littérature fantastique. Alors que Dracula l'immortel de Dacre Stoker, arrière-petit-neveu du célèbre Bram Stoker, vient à peine de sortir en librairie, j'ai décidé de retourner dans l'univers de base du plus célèbre des vampires et poursuivre ma lecture logiquement avec le récent roman de Dacre Stoker et Ian Holt.

Présentation de l'éditeur :
Comment Vlad III, prince de Valachie, dont le goût immodéré pour le supplice du pal lui avait valu le surnom de "Tepes" (l'empaleur), est-il devenu, sous la plume de Bram Stoker, le comte Dracula ?
Comment un seigneur de la guerre mort au combat en 1476, contre les Turcs est-il devenu un non-vivant, se nourrissant du sang de ses victimes ? Comment, enfin, le folklore du vampire s'est-il nourri des chroniques historiques ?
Mystérieuse alchimie qui fit l'universel succès du roman de Stoker. Par lui, la légende, reprise à la scène et surtout à l'écran, est devenue mythe et a donné naissance à la saga du Prince des ténèbres.


Ce roman, considéré comme un grand classique de la littérature du XIXe siècle, a fait dépasser son personnage au delà des frontières roumaines de la Transylvanie où vécut le monstre historique qui a inspiré Bram Stoker pour son personnage : Vlad III l'Empaleur. Véritable icône mondiale du mal, cet être damné a également traversé les âges et les écrans de cinéma pour nous procurer nos plus grandes frayeurs ; on pense bien entendu au Dracula de FF Coppola, au Nosferatu de Murnau et aux acteurs qui ont contribué à rendre célèbre le personnage : Bela Lugosi et Christopher Lee. Bien que le mythe initié par Bram Stoker ait été modifié à maintes reprises (pour par exemple lui donner un caractère érotique ou humoristique), Dracula restera à jamais gravé dans nos mémoires comme étant l'un de ces montres suprêmes qui semblent indestructibles. Et c'est tant mieux, car ce personnage est intéressant sous tout point de vue et a permis de révéler de nombreux artistes aux goûts plus ou moins morbides ...

La mort, c'est pas la seule chose sur quoi on puisse compter ?

Dracula de Bram Stoker est un roman original sous plusieurs angles. Le mythe du vampire ayant déjà été évoqué dans la littérature bien avant lui, il associe le vampire aux légendes populaires, lui donne une véritable identité en réalisant des recherches poussées sur Vlad Tepes et lui associe des règles strictes pour se déplacer, vivre et mourir (ces bases du vampirisme sont d'ailleurs citées par le légendaire Van Helsing). Il couronne son personnage comme étant le roi des vampires. Une autre des originalités est le style de récit utilisé par l'auteur. En effet, Bram Stoker narre son histoire par le biais de témoignages, journaux intimes et lettres retrouvées. Cette astuce lui permet d'accroitre le réalisme de ses personnages ; un peu à la manière du Projet Blair Witch au cinéma.

Ma vengeance ne fait que commencer!

Dracula dérange et fait parler de lui depuis sa création. Mais au delà du simple personnage horrifique, Bram Stoker a créé un mythe qui inspire et fait réfléchir sur plusieurs thèmes. La mort par exemple, elle est considérée ici comme un mensonge (lire le passage où le cimetière est cité comme un recueil de mensonges, ou bien simplement avec ces victimes qui ressuscitent pour devenir à la fois mortes et vivantes). Ou encore les limites de la sexualité avec un personnage qui rassemble une longue liste de tabous en lui : il est vieux et cherche à s'emparer de jeunes femmes, il est parfois représenté comme un animal et il est un mort-vivant qui pratique des morsures sur ses victimes ... une sensualité omniprésente envahit le caractère terrifiant du monstre. Sueurs, angoisses, peurs, actions, héroïsme et rebondissements ornent ce chef d'œuvre littéraire qui a fait naitre l'un des personnages les plus célèbres de toute la littérature.

jeudi 17 septembre 2009

La lignée


La lignée est un roman du célèbre cinéaste Guillermo Del Toro en collaboration avec l'écrivain américain Chuck Hogan. Je continue sur le fantastique avec l'arrivée de ce premier opus d'une nouvelle trilogie sur les vampires.

Présentation de l'éditeur :
Depuis son atterrissage à l'aéroport JFK à New York, un avion en provenance de Berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ephraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord a de quoi glacer le sang : tous les passagers sauf quatre sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victimes d'un attentat au gaz ? D'une bactérie foudroyante ? Lorsque, le soir même, deux cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent plane sur New York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Pas seulement pour sauver leurs proches. C'est la survie de l'humanité entière qui est en jeu... 
La Lignée est le premier tome d'une trilogie sur les vampires écrite par le génie du cinéma fantastique Guillermo Del Toro. A seulement quarante-quatre ans, le réalisateur a signé des films aussi différents que Hellboy ou Blade 2 et Le Labyrinthe de Pan, récompensé par trois oscars. Chuck Hogan a quant à lui publié plusieurs thrillers salués par Stephen King, dont Face à face (Albin Michel, 1997) et Le Prince des braqueurs (Seuil, 2007).

Depuis longtemps le mythe du vampire fascine et apeure les populations. Encore aujourd'hui, ces anciennes légendes perturbent et stimulent l'imagination de nombreux artistes. Après la glorieuse tétralogie de Stephenie Meyer (Twilight) exposant un style de vampires humanisés, c'est au tour du réalisateur Del Toro d'y mettre sa patte. Après son premier coup d'essai vampirique avec le film Blade 2, le réalisateur mexicain, associé à l'écrivain Chuck Hogan, a décidé de continuer dans la voie du vampire en tant que monstre. Loin d'être un charmeur habitant dans un grand et somptueux château, ces Dracula aux allures de mort-vivant préfèrent nicher dans des trous discrets et surtout protégés de la lumière du soleil. Alors que le célèbre Dracula séduisait ses victimes, cette nouvelle race de vampires semble beaucoup plus gourmande et se jette abondamment sur la nourriture ... les humains ("Je suis le buveur d'hommes"). Projection et profusion de sang assurées ...

La Lune morte passant au-dessus de la Terre vivante.

La Lignée est un roman au style très proche du cinéma ; les scènes sont imagées au possible et tout est fait pour surprendre le lecteur. Dans la première partie, la tension monte progressivement et la peur s'implante dans notre corps afin de laisser finalement place à la panique la plus totale dans la seconde moitié de l'ouvrage. Les auteurs jouent avec notre peur de l'inconnu présenté ici comme une chose incontrôlable qui s'installe dans l'ombre de nos vies sans que nous sachions quoi faire pour se battre ou l'éviter. Le vampire est décrit comme une sorte d'épidémie en quelque sorte. Bien que la comparaison avec Blade 2 soit inévitable (la scène finale du film par exemple), j'ai senti de nombreuses autres références dont notamment Je suis une légende (pour quelques séquences de duel sombres et stressantes) et L'échiquier du mal (pour son vieux personnage terrassé par son passé dans les camps de concentration). Allusions littéraires intéressantes mais le roman s'approprie une identité originale en utilisant des phénomènes plus ou moins d'actualité ; comme la propagation d'un virus (H1N1) et l'attentat des deux tours jumelles de New York (aussi bien les ruines que la peur vécue par des millions de personnes hypnotisées par leurs téléviseurs lors de l'évènement).

L'homme tuait ses semblables, mais il pouvait aussi les secourir. Il était à la fois son salut et sa perte.

Malgré toute cette excitation rencontrée durant la lecture, il faut avouer que le style utilisé est assez pauvre, l'accent a été mis de préférence sur la peur. Et de ce côté, le pari est totalement réussi puisque le roman s'avoue être riche en horreur. Un second reproche, l'ouvrage aurait gagné à être relu et corrigé encore une fois car de nombreuses erreurs (fautes de frappes notamment) ont réussi à outrepasser la vigilance de la maison d'édition. Un bon premier roman prometteur, j'attends la suite avec impatience.

Note : 16/20

dimanche 6 septembre 2009

L'échiquier du mal

Pour mon 100ème billet sur ce blog, j'ai choisi de chroniquer le célèbre et corpulent roman fantastique L'échiquier du mal de Dan Simmons.

Présentation de l'éditeur :
Ils ont le talent. Ils ont la capacité de pénétrer mentalement dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l'Histoire. Sans eux le nazisme n'aurait peut-être pas été cette monstruosité dont nous avons du mal à nous remettre, Lee Harvey Osvarald n'aurait peut-être pas été abattu par jack Ruby, John Lennon n'aurait pas été assassiné devant chez lui, les fanatismes de tous ordres ne se réveilleraient pas de façon aussi systématique et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués, n'auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux, par " pions " interposés, à une guerre sans merci. A qui appartiendra l'omnipotence ? Sans doute à celui qui aura le plus soif de pouvoir. 

 L'échiquier du mal est clairement un roman fantastique. Bien que le volume (environ 1000 pages pour cette édition) puisse en faire fuir plus d'un, le roman est impressionnant de vitalité. Pas de temps mort pour le lecteur, si vous avez décidé de commencer la lecture, l'auteur va prendre un malin plaisir à se jouer de vous du début jusqu'à la fin. Dès les premières pages le ton est donné, vous allez pénétrer sur une véritable grille de jeu où chacun des pions peut capturer un pion de la partie adverse. Chaque chapitre va vous déplacer vers une nouvelle case qui change totalement la donne. D'un côté les blancs (le bien ?) avec Saul Laski, juif polonais ayant connu les camps de concentration, Natalie, une jeune photographe désirant venger la mort de son père, et Rob Gentry, un shérif mêlé malgré lui à toute l'histoire. De l'autre côté est placée l'équipe des noirs ( le mal ?) avec l'ex Nazi Willi et ses deux amies Miss Fuller et Miss Drayton. La partie aurait pu être simple si seulement un troisième groupe ne s'était pas intéressé au jeu ...

je me demande s'il existe d'autres personnes douées du Talent ou si la boucherie n'est pas tout simplement devenue un nouvel art de vivre

Pour Willi et ses deux Miss, faire le mal est un jeu où l'on compte des points. Alors lorsque survivent certaines proies, il est inévitable que celles-ci désirent se venger. Et c'est le cas de Saul Laski qui a rencontré Willi plusieurs dizaines d'années auparavant, lors d'une partie d'échec très spéciale ... à l'échelle humaine, s'il fallait préciser. Cette séquence donnera lieu à l'une des scènes les plus terrifiantes de l'ouvrage. Le lecteur se met à la place des pions, stresse de ne pas tomber face à un adversaire et finalement vit entièrement la peur et l'agonie de chacune des victimes. Des scènes atroces il en existe d'autres, aussi bien dans les camps de concentration qu'à notre époque dans l'épisode de Mansard House où certains pions de l'équipe du mal ont décidé de faire cavalier seul. Ce qui se termine alors en un combat mental, sanglant et sans merci entre divers vampires psychiques doués d'Utilisation sur n'importe être humain.

On nous a ordonné de prendre place sur les cases. [...] Je me trouvais à trois mètres du trône de l'Oberst, face au Juif lituanien terrorisé qui était le pion du fou du roi noir.

Le fameux Talent décrit dans ce roman semble servir d'excuse pour dénoncer certaines violences extrêmes (comme la Shoah par exemple) commises tous les jours dans le monde. L'auteur parait dire qu'il est inimaginable qu'une telle haine puisse exister ; seuls des vampires ou des monstres peuvent provoquer de tels actes. Au delà de ce message, le lecteur a affaire à un livre très complet mélangeant parfaitement le fantastique à l'action, il subit d'ailleurs à maintes reprises plusieurs traques à travers le monde. Avec L'échiquier du mal, Simmons revisite le mythe du vampire mais lui donne un tout autre sens. Ils sont humains mais sont dotés d'un étrange pouvoir leur permettant de contrôler les gens comme des marionnettes. Un conte effrayant, un aller simple vers l'enfer ... ou tout simplement un coup de maître.

Note : 18/20

dimanche 22 février 2009

Légendes du mythe de Cthulhu 1

Légendes du mythe de Cthulhu 1 est un ouvrage composé de neuf nouvelles autour du mythe de Cthulhu créé par HP Lovecraft. Ce billet a été mis à jour au fur et à mesure que j'ai lu chacune des nouvelles. Celles-ci ont été écrites par différents écrivains dont Lovecraft, bien entendu.

Présentation de l'éditeur :
Ils sont descendus du ciel et ont régné sur la Terre. Et ils ont été bannis hors du monde. Ils sont couchés dans les sépulcres au fond de la cité perdue de R'Iyeh. Depuis des millions d'années, ils méditent. Ils savent tout ce que nous pensons. Tapis dans la ville engloutie, ils veulent revenir. Parfois ils frôlent le seuil de l'univers. Mais les Grands Anciens savent qu'un jour les étoiles reprendront la position propice dans le cycle de l'éternité. Alors retentira l'appel de Cthulhu : sur toute la surface du globe, les adorateurs secrets accompliront les rites immondes ; la Terre tremblera ; la cité monstrueuse émergera des océans ; les Grands Anciens seront libres de réduire la Terre à merci. Et les hommes se mettront à hurler de peur, de frénésie et de rage déchaînée.
  • L'Appel de Cthulhu (HP Lovecraft - 1928)
Avec cette première nouvelle, Lovecraft pose les bases de ce qui deviendra par la suite le Mythe de Cthulhu. C'est avec des personnages sans émotion et aux propos quelques peu racistes, que le célèbre écrivain introduit pour la première fois dans ses écrits cet immense monstre doté de tentacules, de griffes et d'ailes. Considéré comme un "Grand Ancien" - une sorte d'ancien Dieu - Cthulhu est enfermé au plus profond des mers. Mais de sa capitale sous-marine R’lyeh, où se situe son cercueil, il arrive à pénétrer dans les rêves de divers humains pour les amener à être ses disciples. L'auteur utilise la première personne pour conter son histoire et nous invite ainsi à pénétrer dans son roman et à partager les peurs de son héros. Son personnage principal récupère, suite au décès de son oncle, divers documents inquiétants relatant les recherches de ce dernier. Ces investigations décrivent des séries de cauchemars retranscrits par ses soins, mais également le terrible accident vécu et raconté par un marin. Lovecraft possède une plume légère et efficace qui semble glisser sur le papier. Aussi, il est indiscutable qu'il bénéficie d'une grande faculté à décrire la peur. A noter l'apparition du Necronomicon dans cette nouvelle avec cette célèbre citation : N'est pas mort ce qui à jamais dort, Et au cours des siècles peut mourir même la Mort.
Dans cette nouvelle, le personnage principal se fait recruter par un mystérieux homme qui semble s'intéresser à la magie noire et notamment au Necronomicon. Le but de cet emploi est de servir de secrétaire et de traduire quelques textes écrits en arabe. Dès le départ, l'ambiance est dérangeante. L'employé est invité à vivre dans une des chambres de la demeure afin d'être le plus souvent disponible. Des bruits étranges surviennent ... à chacun de ces sons la peur paraît grandir sur le visage de son patron. Que cachent ces ténébreux gémissements ? La vérité est encore plus horrible que ce que vous pouvez imaginer ...

  • Ubbo-Sathla (CA Smith - 1933)
L'auteur rédige, avec cette nouvelle, une judicieuse remontée dans le temps à l'aide d'une boule de cristal retrouvée chez un antiquaire. Presqu'hypnotisé par le reflet que lui projette l'objet, le personnage principal va se retrouver totalement immergé dans une sorte de contre-courant l'emportant à une époque inconnue par tous ... le début de tout.
Un récit plutôt moyen, non pas pour le style de l'auteur mais pour le contenu de l'histoire. Le fond est creux et n'apporte pas grand chose au mythe. Mise à part peut-être la présence de la mystérieuse et grande Pierre noire située en Hongrie qui pourrait servir de clé permettant d'accéder à un autre monde ... Aucune peur ressentie et peu d'originalité, l'auteur ne réussit pas là où les précédents ont brillé.
  • Les Chiens de Tindalos (FB Long - 1929)
On repart sur du bon, du très bon même. Une histoire à rendre fou. L'écrivain Halpin Chalmers a découvert une drogue lui permettant d'entrevoir le passé en élargissant son champ visuel fixé sur le présent ... Une vision très originale du temps avec thèses scientifiques à l'appui. L'homme va remonter le temps loin, très loin, jusqu'à découvrir l'origine de tout. Mais attention à ne pas être vu par les chiens de Tindalos.
  • Les Mangeuses d'espace (FB Long - 1928)
Une nouvelle tout à fait honnête et qui respecte l'ambiance Lovecraft. Là, les différents acolytes de l'histoire sont confrontés à une force surnaturelle qui tente de pénétrer les cerveaux humains. La première partie, dans la forêt, est très bonne et le récit aurait pu (du ?) s'arrêter là car les pages qui suivent sont presqu'inutiles. Dommage que la fin ne soit pas à la hauteur du début.
En grand admirateur qu'il est de Lovecraft, Derleth lui rend le plus beau des hommages en donnant vie au mythe de Cthulhu. Entre réel et imaginaire, le lecteur se voit plonger dans l'horreur la plus profonde où Lovecraft fait figure de messie du mal. Cette peur ressentie monte crescendo pour atteindre des sommets ... et l'un d'eux se nomme Nyarlathotep, l'Homme sans visage qui hante le bois maudit.
  • Au-delà du seuil (A Derleth - 1941)
Là encore Lovecraft prend une place importante dans la nouvelle. Après les peurs des bois, Derleth nous entraine dans la maison d'un vieil homme voulant communiquer avec les anciennes créatures qui ont emporté l'oncle Léandre. Le lecteur fait la connaissance de l'effrayant Ithaqua, le marcheur du vent. Encore un très bon récit de la part de Derleth.
La dernière nouvelle est très courte et manque d'originalité bien que le style de l'auteur soit remarquable.

Note : 15/20