lundi 29 décembre 2014

Un empire et des poussières

Un empire et des poussières est un roman d'Emmanuel Flesch et édité en Octobre 2014 par Kyklos Editions.

Présentation de l'éditeur :
La veille de l’assaut sur Falloujah, deux Marines se sont juré de déserter l’enfer irakien à la faveur de leur prochaine permission.
Dans une cité de Seine-Saint-Denis, une famille d’origine maghrébine se déchire ; le père attend son procès, la mère rêve de divorce, leur fille d’une fugue.
Un jeune coursier parisien se demande dans quelle impasse s’égare son existence, depuis que celle d’un collègue s’est achevée sous les roues d’un poids lourd.
Autant de destins lancés à plein régime sur des routes incertaines, et fuyant avec la même rage les fantômes du passé. Irak, Paris, New York, Cleveland, Beyrouth, Bombay... Les roulements de tambour des années Bush rythment cette alternance de trajectoires où se répondent, comme un jeu de miroir, têtes de gondoles et arrière-cours de la globalisation.
Mais passé le fracas de la rencontre, reste à ces personnages en rupture de ban le constat qu’il était peut-être plus facile d’embrasser la cavale, que lui trouver une issue.

Entre collisions intimes et choc des civilisations, Un empire et des poussières nous emporte dans les tumultes d’une époque qui n’a pas encore cessé d’être la nôtre.

A l'image de la vie de son auteur, le roman nous invite à vivre une multitude d'aventures par le biais des yeux de plusieurs personnages. Des personnages tous différents qui vont se rencontrer à un moment de leur vie. Des personnages attachants qu'on aime suivre, des personnages proche de la réalité.
Nous rencontrons Lee Burnett, un marine américain à l'esprit torturé par le suicide de son meilleur ami et par les horreurs de la guerre en Irak, Landry, un jeune coursier parisien qui tombe amoureux d'une nouvelle employée, Cherifa, chez un de ses clients importants. Cette même Cherifa qui vit l'horreur à la maison avec une adolescente insolente et incontrôlable et un mari dealer dans l'attente de son procès.
Seul Landry a le droit de s'exprimer à la première personne ; est-il la représentation littéraire de son auteur ? Ou est-il simplement cette petite voix cachée en nous qui voudrait hurler à l'amour et qui souhaite, déçu par ce même amour, partir à l'aventure fuyant la civilisation qui l'a perdu ?

C'est la vie, [...]. Les routes se croisent, et puis se perdent.

A l'image de la puissante Carthage, souvent citée dans le roman, la vie des personnages est comme un empire qui parait inviolable et qui pourtant peut s'écrouler. Un empire et des poussières est un roman fort qui ne laisse pas indifférent. Tandis que la première partie a des allures de roman noir, on change totalement de décor et de genre dans la seconde où les personnages partent vivre de nouvelles expériences qui ne sont pas sans rappeler Plateforme de Michel Houellebecq.
J'ai personnellement adoré ce premier roman d'Emmanuel Flesch et ne peut que vous le conseiller !

samedi 20 décembre 2014

En proie au labyrinthe - tome1 La Lutte

La lutte est le premier volume de la série En proie au labyrinthe de Marek Corbel et paru aux éditions L@ Liseuse.

Présentation de l'éditeur :
Février 2016.
Dans une France gréviste en pleine crise sociale et politique, un collectif entend participer de manière décisive, à la manifestation parisienne monstre qui s’annonce contre les dernières décisions économiques gouvernementales.
Face à ce tumulte inédit, une brigade de la DGSI, en proie aux luttes politiques intestines, s’emploie à contenir le déferlement de colère s’exprimant, plus ou moins violemment, sur les pavés de la capitale.
C’est sans compter les intérêts du Cartel Européen, dont le président entend jouer sa propre carte politique dans ce chaos hexagonal.
L’heure n’est-elle pas venue de mettre définitivement en coupe réglée cette république réfractaire aux directives ?
En proie au labyrinthe, à travers la description de cette journée où tout va basculer, revient tout au long du roman sur la préparation sinueuse d’un coup d’État aux contours prétendument démocratiques.

L'auteur du très bon Concarn'Noir revient avec une série noire d'anticipation qui nous plonge dans une France de 2016 qui décline de plus en plus. Bien qu'ils soient nombreux et que je m'y suis un peu perdu dans le premier tiers du roman, les personnages sont excellents et sont proches de la réalité. On reconnaît aisément quelques-uns de nos politiciens français.

Dans La lutte, tout le monde cherche à tirer son épingle du jeu dans ce contexte économique si compliqué ; le gouvernement en place, l'opposition, le Cartel européen et également le peuple qui n'en peut plus de ce chômage croissant. Les manipulations vont bon train et le suspense est assez intense jusqu'à la fin. Qui prendra le pouvoir et comment ? Et qui manipule qui en fin de compte ?

Marek Corbel offre une vision plutôt pessimiste mais tellement réelle de la France de demain. C'est ce côté réaliste qui est le plus angoissant dans l'histoire. On aimerait tant ne pas en arriver là ...
En plus d'un style maîtrisé et d'un vocabulaire riche, il assaisonne son histoire de petits détails qui démontre une très bonne connaissance du milieu politique. Marek prouve une fois de plus qu'il est un bon auteur, c'est pourquoi je recommande chaudement ses lectures !

dimanche 14 décembre 2014

Notes de ma cabane de moine

Notes de ma cabane de moine est un court récit autobiographique du poète et essayiste japonais Kamo no Chômei écrit en 1212 et ré-édité par les éditions Le Bruit du Temps.

Présentation de l'éditeur :
Récit autrobiographique d’une limpide simplicité, « mémorial plein de fraîcheur et de sentiment que l’on pourrait comparer aux livres de l’américain Thoreau », comme l’a décrit Claudel, les Notes de ma cabane de moine, rédigées en 1212, s’ouvrent par le constat de l’universelle précarité de la vie humaine.

Kamo no Chômei, après avoir déjà vécu près de soixante ans, nous relate le constat concentré de ce qu'il a vu dans la région de Kyoto au 12e et 13e siècle. Bien que le texte soit court, on y apprend beaucoup sur le mode de vie des japonais ainsi que sur le courant du bouddhisme de l'époque.

Mais ce que l'on retient le plus de cet essai est la philosophie de vie qu'a mené l'auteur à sa fin. Changeant d'habitation au fil du temps, il décide, ou se retrouve parfois forcé, de trouver de plus en plus petit, de plus en plus simple et allant de plus en plus vers l'utile, délaissant le superflu. Sa vie paraît décroitre selon les codes sociaux que l'on retrouve dans le milieu urbain mais c'est lui qui les plaint de devoir autant se préoccuper de choses inutiles. Il n'a donc plus d'évolution sociale, mais il recherche de la simplicité, du calme, de la vie à l'état pur.

L'auteur décrit la famine qui décime des milliers de familles, les incendies qui transforment à l'état de fumée les grandes et belles demeures qui ont coûté presque l'entière fortune de leur propriétaire. Du haut de son poste d'observation, dans un coin bien reculé, Kamo no Chômei fait le constat d'une société entachée par l'avarice et le profit. Et il est étonnant de voir que la civilisation a si peu évolué dans son état esprit depuis huit cent ans ... Notes de ma cabane de moine est un fabuleux ouvrage que je conseille fortement !

dimanche 30 novembre 2014

Les fantômes d'Eden

Les fantômes d'Eden est le nouveau roman de Patrick Bauwen sorti en Novembre 2014 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
Il était une fois en Floride,
cinq ados partis à l’aventure.
Ils vous feront rire. Pleurer. Frissonner.
Mais ce qu’ils affronteront les changera à jamais.
Et l’un d’eux sera assassiné.
C’est sur ce crime que j’enquête.
... parce que le mort, c’est moi.

L'auteur de Monster revient enfin après son dernier roman , Seul à savoir, datant déjà de 2010. Et pour son retour, il fait revenir son personnage de Monster, Paul Becker, médecin en Floride. Mais Paul Becker a tout perdu, il déprime et décide de tout plaquer pour partir s'isoler dans le parc national de Yellowstone. Là c'est quitte ou double ; soit il continue à déprimer et le suicide paraît la seule solution, soit il arrive à se prendre en main pour refaire surface et retourner près de ses amis et de son père. Mais la venue d'un tueur sur ses traces va modifier ses plans ...

Le roman se déroule sur deux époques ; à notre époque et fin des années 70 lorsque Paul, jeune adolescent, rencontra la jeune et belle Sarah Lewis. Cette dernière époque m'a beaucoup fait penser au film Stand By Me tiré d'une nouvelle de Stephen King. On y retrouve une bande de gamins inséparables qui vont vivre des instants incroyables qui bouleverseront leur vie.
On retrouve également une référence au cercle des poètes disparus (et au poème de Walt Whitman : "Ô Capitaine ! Mon capitaine !") qui démontre bien que l'auteur essaie de recréer cet univers poétique et cette passion commune qui anime un petit groupe de jeunes personnes rêvant de liberté et d'aventures.
J'ai apprécié toute cette partie du passé qui se situe principalement en 1979. L'arrivée de Sarah Lewis et les secrets qui l'entourent vont bouleverser le cœur de Paul et la vie de tous les membres du groupe.

Proche du style d'Harlan Coben, l'histoire est intrigante et propose pas mal de suspense et de rebondissements. On se prend facilement au jeu et les 634 pages s'avalent facilement.
Un gros bémol par contre sur le final, l'auteur en fait beaucoup trop, mélangeant du Scarface avec La Créature du marais. Un peu exagéré à mon goût.
J'ai également trouvé que quelques passages se situant de nos jours étaient plutôt mal racontés mais dans l'ensemble on passe un très bon moment. Les personnages sont attachants et représentent la vraie force de ce roman.

dimanche 16 novembre 2014

Les prochaines sur la liste

Les prochaines sur la liste est un roman de Neil White paru le 30 Octobre 2014 aux éditions Philippe Rey.

Présentation de l'éditeur :
Joe Parker est un fameux avocat de Manchester, Sam Parker un inspec­teur de police récemment mis au placard. Les deux frères s’évitent, chacun portant à sa façon le poids du meurtre jamais résolu de leur petite soeur quinze ans plus tôt. Et pourtant, lorsque des jeunes filles disparaissent les unes après les autres, l’avocat torturé et le flic bien rangé vont être entraînés dans la même enquête – mais pas nécessairement du même côté…
Quand Joe Parker accepte de défendre Ronnie Bagley, il n’imagine pas une seconde dans quoi il va être projeté. Ronnie, qui s’est soudainement rétracté après avoir avoué le double meurtre de sa compagne et de leur bébé, est bien moins benêt qu’il n’y paraît. N’ayant de cesse de jouer avec ses interlo­cuteurs, il semble en savoir beaucoup trop sur les récents enlèvements qui terrifient Manchester.

Dès lors, Joe va se retrouver embarqué malgré lui dans une enquête paral­lèle à celle de la police, réveillant de vieux démons et rouvrant des plaies anciennes.

Un polar glaçant.

Les deux frangins ont connu l'horreur étant plus jeune en perdant leur sœur retrouvée morte des années plus tôt. Suite à cela, chacun d'entre eux a suivi un chemin différent mais toujours lié à la justice. L'un est inspecteur de police tandis que l'autre est avocat et défend les mauvais garçons. Bien qu'ils ne soient pas toujours dans le même camp, il n'en reste pas moins que Joe et Sam sont frères, et la famille c'est sacré. C'est pourquoi la menace qui pèse sur leur autre sœur les inquiète et les rallie de nouveau.

Mais avant l'apparition de cette menace sur la jeune Ruby, d'autres filles disparaissent. Leur lien ? Un prisonnier arrêté par Sam quelques années auparavant. Joe, quant à lui, hérite de la défense de Ronnie Bagley soupçonné du meurtre de sa copine et de sa fille alors qu'aucun corps n'a été retrouvé ... Deux enquêtes parallèles pour les frangins qui vont bien évidemment finir par se croiser.

La sauce prend vite. On est aisément emporté dans l'histoire, et ce, depuis le début. Le style de l'auteur est efficace et fait de son roman un très bon page-turner doté de suspense et d'action. Malheureusement le dénouement ne m'a pas scotché mais il n'est pas mauvais pour autant. L'histoire s'assombrit de plus en plus que défilent les chapitres.
Autre point positif, les personnages de Joe et Sam sont intrigants et prennent de la valeur tout au long de l'histoire. D'autres personnages, plus en retrait, sont également intéressants. Je pense plus particulièrement au personnage de Mélanie mélangeant douceur et spontanéité.

Premier roman de la série des frères Parker, Les prochaines sur la liste est également le premier roman de Neil White traduit en France. Espérons que ses autres romans continuent à être traduits parce que l'auteur a tout pour plaire aux français.

lundi 3 novembre 2014

La sixième extinction

La sixième extinction est un roman de Guillaume Lebeau paru aux éditions Marabout au mois d'octobre.

Présentation de l'éditeur :
Ce duo très spécial, aux prises avec une société secrète hors de contrôle, affronte tous les dangers aux quatre coins du monde. Alors que la paléoclimatologue Smila Sibir et Ethan Terrel, un agent de la DCRI, sont en Antarctique pour tenter de sauver la base Concordia d'une attaque à grande échelle, la Centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi est ébranlée par un puissant séisme de magnitude 9 au Japon. Le même jour, la famille d'Hidehiko Nishiyama, ingénieur pour l'entreprise en charge de la centrale, est attaquée. Puis, à Séoul, le dirigeant d'un puissant empire industriel est la cible d'une exécution dans les règles, tandis que les ingénieurs d'un laboratoire de l'Environnement sont éliminés froidement à Grenoble. Machinations, meurtres, spectre d'une extinction massive qui mettrait fin à l'espèce humaine. Quelles informations détenaient ces personnes pour qu'on veuille les faire taire ? Qui tire les ficelles du complot mondial auquel s'attaquent Smila et Ethan? Quelles sont leurs chances de survie ?

Suite des aventures de Smila Sibir après Le Troisième Pôle, La sixième extinction nous plonge dans un thriller qui carbure et nous fait voyager un peu partout dans le monde mais surtout en Antarctique où la température chute incroyablement. Quelques soient leurs destinations, la paléoclimatologue Smila Sibir et son compagnon, agent de la DCRI, Ethan Terrel sont poursuivis par des mercenaires et une organisation internationale richissime.

C'est également un roman engagé dans l'écologie qui dénonce une autodestruction massive par l'être humain. Chacun peut avoir son avis quant au réchauffement climatique, mais il est toujours bon d'avoir matière à travailler cet avis et c'est ce que propose intelligemment ce roman de Guillaume Lebeau.

Malheureusement, je commence à me lasser de ce genre de roman qui vous fait bouger partout sur la planète dans une course poursuite où vous savez inévitablement que le héros (ici l'héroïne principalement) vaincra quoiqu'il arrive. Par contre, la force de ce roman c'est de nous mettre en garde encore plus que l'on peut l'être par les médias sur la nécessité de préserver notre planète. L'auteur étaye ses connaissances efficacement, notamment par le biais de nombreux dialogues entre scientifiques.

Je n'ai pas trouvé le roman mauvais, loin de là même, l'auteur sait happer son lecteur avec beaucoup d'action et de suspense. Mais je n'ai pas été captivé ni par l'histoire ni par les personnages. Par contre, je le répète, ce qui m'a surtout plu c'est le thème du roman et toutes les informations qui en découlent dont les risques à venir ...

dimanche 26 octobre 2014

OP3 ROAD

OP3 Road est un témoignage d'Hubert Picard sorti ce mois-ci aux éditions Kyklos.

Présentation de l'éditeur :
OP3 ROAD relate l’histoire vraie des GI’s de la compagnie Baker du 3-509th Airborne, qui ont occupé le camp Observation Post 3 de Karmah, en Irak, de janvier à juin 2007, de ces braves qui en ont marre d’être pris pour des maniaco-dépressifs détruits par la guerre, des camés en décrochage, des alcoolos au cerveau lavé par la bière, des affranchis sadiques béatifiés par tonton Bush, des nègres et des chicanos en échec scolaire, illettrés et exclus, ne sachant que faire de leur peau et qu’on imagine sans autre perspective de vie que l’armée sinon une existence aussi terne qu’un parking souterrain.
Non, l’Irak n’est pas le Vietnam. Ici, ni fumette ni souk de fantasmes barbares et d’hallucinations. Ici, les « chiens de guerre » n’ont pas besoin de ça pour jouer les dieux ou les démons, voir le goût de la victoire dans la bouche et prendre en main leur destin.

En tant que reporter de guerre, Hubert Picard a eu le privilège d’être le seul civil à partager la vie de ces soldats. Aucun autre journaliste, aucun « officiel » ne s’est jamais rendu à Karmah en raison des dangers encourus.

OP3 Road, c'est l'histoire d'une guerre sans super-héros. L'histoire d'une guerre où les fanatiques ne connaissent pas la pitié et où les soldats peuvent avoir peur. Ce n'est pas une histoire qui se termine bien, ce n'est même pas une histoire qui se termine. OP3 Road transpire de vérité et se veut d'être fidèle à la réalité.
L'auteur, Hubert Picard, est un journaliste de guerre et témoigne aujourd'hui, à travers cet ouvrage, de ce qu'il a pu voir en Irak dans le camp OP3 de Karmah. Pour exprimer au mieux ce qu'il a pu voir et ressentir, il utilise un style brusque, direct, qui nous plonge dès le départ dans l'ambiance de la guerre en Irak.

Ce qui m'a marqué le plus c'est cette claustrophobie que peuvent ressentir les soldats américains. Ils ne peuvent se fier à personne. Ni à l'extérieur du camp où sévissent les insurgés, ni même à l'intérieur avec des interprètes qui puent la trahison à plein nez. Même la police irakienne parait douteuse et dangereuse. Et tout cela sans compter sur une administration américaine qui empêchent de travailler correctement. De quoi péter les plombs assez rapidement.
Certaines scènes sont très vivantes et angoissent vite le lecteur. Il est très facile de se projeter dans certaines d'entre elles et de vivre aux côtés des soldats et du journaliste les évènements effrayants et sombres de certains passages du récit. Il est également intéressant de savoir comment la population vit ou tente de vivre durant cette période de guerre.

La guerre vue de l'intérieur. OP3 Road est un témoignage poignant dans lequel l'auteur s'intéresse tout autant aux acteurs qu'à la scène. Hubert Picard s'est attaché à ces frères d'arme qui sont parfois bien jeunes et qui, comme tout être humain, éprouvent de la peur. L'auteur en profite pour dénoncer un journalisme de désinformation ou de banalisation et permet de se faire une toute autre opinion de la guerre avec son lot d'horreur et d'épisodes étranges.

dimanche 19 octobre 2014

Ainsi résonne l'écho infini des montagnes

Ainsi résonne l'écho infini des montagnes est le nouveau roman de Khaled Hosseini, l'auteur des sublimes Les cerfs-volants de Kaboul et Mille soleils splendides.

Présentation de l'éditeur :
Dans le village de Shadbagh, Abdullah, dix ans, veille sur sa petite soeur Pari, trois ans. Entre les deux enfants, le lien est indéfectible, un amour si fort qu'il leur permet de supporter la disparition de leur mère, les absences de leur père en quête désespérée d'un travail et ces jours où la faim les tenaille.
Mais un événement va venir distendre ce lien, un choix terrible qui modifiera à jamais le destin des deux jeunes vies, et de bien d'autres encore...

Des années cinquante à nos jours, d'une petite cahute dans la campagne afghane aux demeures cossues de Kaboul, en passant par le Paris bohème des seventies et le San Francisco clinquant des années quatre-vingt, Hosseini le conteur nous emmène dans un voyage bouleversant, une flamboyante épopée à travers les grands drames de l'Histoire.



Ainsi résonne l'écho infini des montagnes se lit comme un voyage à travers le temps où l'on parcoure des milliers de kilomètres au gré des vents qui nous chantent et nous murmurent de merveilleux contes qui s'emboitent pour former l'histoire d'une vie. Une vie vécue par plusieurs personnages auxquels l'auteur attache de l'importance par leur complexité et la place importante qu'ils prennent dans le destin des autres. Une vie durant laquelle de nombreuses étapes se franchissent, durant laquelle de nombreuses brèches s'ouvrent et durant laquelle de fabuleuses rencontres se produisent.

Après six ans d’absence, Khaled Hosseini revient avec un nouveau roman tout autant bouleversant que ses précédents mais construit différemment. L'histoire, bien que complexe, est parfaitement maîtrisée et nous entraine une nouvelle fois dans l'histoire de l'Afghanistan.
Mais cette fois-ci, la guerre n'est pas au centre de l'histoire. Ce sont bien les personnages, et le lien entre chacun d'entre eux, qui dominent. La guerre, quant à elle, ne sera que l'un des nombreux bâtons qui traceront le destin de ces personnages.

Le roman pose de multiples questions dont la principale est imagée par une fable au début de l'histoire ; où commence le bonheur ? Le malheur de l'un peut-il apporter le bonheur de l'autre ? Hosseini continue de signaler les injustices et ses abus, notamment en temps de guerre, et intègre des thèmes qui semblent lui être chers tels que la fracture sociale, l'héritage culturel et la place de la femme dans un pays qui s’extrémise.
A noter d'ailleurs à ce sujet que le délicieux personnage de Nila a tout du profil libertin que l'on pouvait se faire d'une parisienne embourgeoisée de l'époque. Il n'est donc pas surprenant de la voir fouler les pavés de la ville Lumière. Tout a un sens dans le roman. Khaled Hosseini signe encore une fabuleuse réussite. Une tragédie émouvante que le final achève superbement.

dimanche 12 octobre 2014

Chasse à l'Epaulard

Chasse à l'épaulard est le nouveau roman de Williams Exbrayat paru aux éditions Storylab le 16 Juillet au format numérique.

Présentation de l'éditeur :
Maddog, l'incorrigible détective privé au passé mouvementé, pensait se la couler douce quelque temps après sa dernière investigation. Mais c'était sans compter l'appel de son ex-femme, qui le somme de venir à Pau pour retrouver son nouveau mari Épaulard, un ancien militaire. Lorsque Maddog découvre qu’Épaulard n’est pas le seul membre de son ancien bataillon à avoir disparu, cette affaire en apparence banale se transforme en une enquête plus complexe que prévu… et bien plus meurtrière.

Maddog revient après son histoire de Chiennes Fidèles. Une nouvelle aventure aux nombreux rebondissements l'attend. On retrouve donc avec grand plaisir ce détective bien particulier aux poings qui volent et aux répliques cinglantes. Surtout avec sa délicieuse ex-femme ... qui devient son patron le temps d'une enquête bien dangereuse. Cette fois-ci, Maddog doit retrouver l'amant de son ex-femme, un détective privé lui-aussi et ancien militaire. D'ailleurs les disparitions de militaire sont au beau fixe dans l'entourage d'Epaulard.

Maddog est un excellent personnage qu'on apprend à aimer et avec qui on aimerait se marrer. Il ne manque pas d'humour et on s'attache facilement à lui. L'auteur l'entraine dans une histoire qui prend parfois des tournures un peu glauques et qui ne manquent pas de stupéfier son lecteur à de nombreux moments. L'action est au rendez-vous et tout est fait pour vous faire passer un excellent moment de lecture. Vivement la suite !

dimanche 5 octobre 2014

Rouge ou mort

Rouge ou mort est le nouveau roman de David Peace paru au mois d'août aux éditions Payot & Rivages.

Présentation de l'éditeur :
« Et les supporters du Spion Kop jettent leurs écharpes à Bill. Leurs écharpes rouges. Une pluie d’écharpes tombe sur Bill. En guise de remerciement. Toutes leurs écharpes. Leurs écharpes rouges. Et Bill ramasse leurs écharpes. Toutes leurs écharpes. Leurs écharpes rouges. Et Bill noue une écharpe autour de son cou. Une écharpe rouge. Et Bill brandit une autre écharpe. Une autre écharpe rouge. Entre ses poings. Une écharpe. Une écharpe rouge. Tenue bien haut. Entre ses bras levés,
En signe de remerciement. »
C’est dans un style incantatoire et hypnotique que David Peace raconte l’histoire du Liverpool Football Club lorsque Bill Shankly en prit la direction. Il prend, dans Rouge ou mort, une hauteur extraordinaire et signe le grand roman de l’année.

L'auteur du sublime 1974 revient pour notre plus grand plaisir avec son nouveau roman ; Rouge ou mort. Rouge comme la couleur du Liverpool Football Club. Mort comme l'ennemi qui ose affronter la plus grande de toutes les équipes de football, celle de Liverpool bien sûr. Le Liverpool de Bill Shankly plus précisément.
Après Brian Clough dans 44 jours, David Peace s'attaque à présent à Bill Shankly, un autre grand manager. Partisan d'un football dit 'socialiste', Bill Shankly ne cesse de répéter et motiver ses troupes en leur rappelant qu'ils jouent d'abord, non pas pour l'argent ou leur gloire, mais pour les supporters du Liverpool Football Club.

C'est un collectif. Chacun travaille pour tous les autres. C'est une forme de socialisme. De socialisme à l'état pur. Chacun faisant tout ce qu'il peut pour le reste

C'est au travers de nombreuses saisons footballistiques que l'on suit Bill et son équipe évoluer dans le championnat d'Angleterre. Sortie de la ligue 2 dès l'arrivée de Bill, l'équipe se voit gravir les échelons très rapidement. Les victoires s'enchainent et Liverpool redécouvre, grâce au sauveur Bill, le plus haut niveau du championnat, de la coupe d'Angleterre et de différentes coupes d'Europe.
David Peace use d'un style énergique qui donne l'impression de suivre les commentaires exaltés d'un spécialiste du football. L'auteur présente Bill comme un être extrêmement généreux et fort d'une intuition incomparable dans le domaine du football. Il sait quel joueur il veut à tel poste même s'il manque d'expérience, même s'il est au bord du gouffre. Il sait également utiliser une psychologie efficace pour motiver ses joueurs.

C'est avec grand plaisir donc qu'on retrouve David Peace au mieux de sa forme. Il nous fait suivre l'évolution de l'Angleterre à travers le monde du football et surtout à travers les yeux d'un des plus grands personnages anglo-saxons du football. En plus, l'auteur termine en beauté en nous offrant un final rappelant l'un des plus beaux poèmes de Paul Eluard.

samedi 27 septembre 2014

Grimm, Contes choisis

Grimm, Contes choisis est un ouvrage réalisé par Yann Legendre et publié aux éditions Textuel le 1er Octobre, donc dans quelques jours.

Présentation de l'éditeur :
Les vingt contes choisis par l’illustrateur Yann Legendre pour cette édition associent des récits universellement connus (Blanche-Neige, Le Petit Chaperon Rouge, Cendrillon...) à des histoires aussi peu célèbres qu’étranges (Conte de la petite souris, du petit oiseau et de la saucisse, La Rave, La Jeune Fille sans mains...).
Ainsi, l’inquiétant se mêle au merveilleux, l’humour au fantastique, l’effroi à la légèreté. Un pays où la lune s’attrape avec une corde et se coupe comme un fromage, des enfants changés en cygnes, une poule qui s’étouffe avec une noix, un navet géant, le diable qui oblige un père à couper les mains de sa fille, un doigt de pied que l’on tranche pour faire rentrer le pied dans une pantoufle, un arbre qui s’ouvre avec une clé... Autant d’images extraordinaires qui étoffent l’imaginaire élémentaire des contes.
L’univers graphique de Yann Legendre se prête parfaitement à l’onirisme des récits des frères Grimm. Les créatures merveilleuses qui peuplent ces histoires deviennent, sous sa plume, des personnages sombres et ambivalents. Textes et images s’enrichissent mutuellement pour sublimer l’atmosphère du conte et en donner une lecture plus incisive. 

Présentation de l'auteur :
Yann Legendre est né en 1972. Illustrateur et directeur artistique, il est membre de la Society of Illustrators de New York. Ses travaux font partie des collections permanentes de la Bibliothèque nationale de France et du Museum of Modern Art de New York. Il est l’un des commissaires de la Fête du graphisme à Paris.

Grimm, Contes choisis est un magnifique ouvrage pour découvrir ou redécouvrir les contes des frères Grimm. Quelques contes connus comme Le petit chaperon rouge, Cendrillon ou encore Blanche-Neige mais également d'excellents contes peu connus comme La Lune que j'ai trouvé très poétique. Loin de l'esprit Disney qui a repris certains de leurs contes, les frères Grimm utilisent leurs plumes comme des poignards laissant ainsi les pages saigner dans des histoires parfois rudes que je ne raconterai pas tout de suite à mon fils.

Ce recueil contient une vingtaine de contes et pour chacun d'entre eux, Yann Legendre a réalisé une ou plusieurs esquisses sur une page ou sur une double-page. Les traits et les couleurs choisies se prêtent à merveille au monde imaginaire des frères Grimm. Le récit et les illustrations se mêlent efficacement pour donner à l'ouvrage un côté parchemin que l'on prend soin de parcourir.

Grimm, Contes choisis est un excellent moyen de redécouvrir l'univers des frères Grimm tout en se délectant des sublimes illustrations de Yann Legendre. Un beau livre qui a sa place au centre de ma bibliothèque !

mardi 16 septembre 2014

Anvers et Damnation

Anvers et Damnation est un roman de Maxime Gillio paru aux éditions de l'Atelier Mosésu. Le roman fait partie d'une série d'ouvrages nommée L'Embaumeur.

Présentation de l'éditeur :
Et si DSK avait été tué dans une chambre d’hôtel ? Et si cet hôtel se trouvait en Belgique et non à New York ? Et si ce n’était pas le FBI qui enquêtait, mais Luc Mandoline, alias l’Embaumeur, le thanatopracteur préféré de ces dames ? Et si les pages de ce roman dégoulinaient de sueur, de sang et d’humour noir, vous le liriez, vous ? Oui ? Alors qu’est-ce que vous attendez ?

Cinquième opus de L'Embaumeur, Anvers et Damnation continue les aventures du thanatopracteur Luc Mandoline. Je ne sais pas si c'est la référence à DSK ou bien les mœurs de l'auteur mais le roman est chaud et nous propose pas mal de séquences de sexe. Au delà de cela, le texte est doté de beaucoup d'humour. Certaines répliques sont hilarantes même si parfois l'humour est un peu 'gras'.

Luc Mandoline se retrouve en Belgique pour une enquête très confidentielle sur le meurtre d'un célèbre politicien adepte des prostituées. Lui et son ami, et confrère, Sullivan vont devoir, pour leur plus grand malheur (...), investiguer dans les milieux malfamés de la prostitution. Mais ce milieu dangereux est dirigé par les pires créatures qui puissent exister et ils vont y découvrir de sacrées surprises ...

Les personnages sont agréables et ne manquent pas d'humour. La narration est réussie et le style de Maxime Gillio est très agréable à lire. En plus, le roman est préfacé d'un avertissement de Paul Colize qui ne manque, lui non plus, pas d'humour et sait convaincre le lecteur avant même qu'il ait pu commencer à lire. Anvers et Damnation m'a donné envie de lire les autres romans de la série, j'espère qu'il en sera de même pour vous !

lundi 15 septembre 2014

Irradié

Irradié est un recueil de nouvelles noires d'auteurs français sous la direction de Fabien Hérisson et publié aux éditions L'Atelier Mosésu.

Présentation de l'éditeur :
le 26 avril 1986 à 1 h 23, la fusion du réacteur provoque la catastrophe nucléaire du XXème siècle…
Cette explosion a propagé dans l’atmosphère l’équivalent radioactif de 400 fois la bombe d’Hiroshima.
Pas loin de 30 ans après la radioactivité est toujours présente en quantité trop élevée, la zone est toujours contaminée, et des enfants vivent non loin de là.
C’est pour eux, et pour que vive l’association Tchernobyl-Nord-Pas-de-Calais que le collectif des auteurs du noir s’est mobilisé cette année.

Treize auteurs se sont mobilisés pour cette association. Douze femmes autour d'un seul homme ; Franck Thilliez. C'est d'ailleurs lui qui signe la première de ces treize nouvelles et nous offre peut-être la meilleure d'entre elles ; la plus poétique à mon goût. Avec ses airs effrayants et claustrophobes, il fait d'une créature bien sympathique et connue dans le monde de l'horreur un symbole pour cette catastrophe nucléaire.

Chaque auteur a tenté à sa façon de modeler son histoire autour du terme 'Irradié'. Certaines font d'ailleurs preuve d'une grande imagination. Toutes les nouvelles sont franchement excellentes, certaines marquent plus que d'autres dans les esprits mais on sent que chacune d'entre elle a été écrite avec passion. On vit une foultitude de sensations passant de la peur aux larmes.

Un petit rappel de tous les auteurs qui ont répondu à l'appel : Franck Thilliez, Karine Giebel, Barbara Abel, Claire Favan, Laura Sadowski, Elena Piacentini, Sandra Martineau, Marie Vindy, Gaëlle Perrin, Christelle Mercier, Lucienne Cluytens, Delphine Clapiès et Marie-Sophie Villard. Parmi les auteurs, il y en a des très connus à l'image de Franck Thilliez, Karine Giebel, Barbara Abel, Claire Favan ou encore Laura Sadowski mais également des moindres. Tous ont un style différent et il est très intéressant de voir leur approche du noir, de comparer leurs techniques pour nous entrainer dans leur histoire.

Je ne peux que conseiller cet ouvrage pour les simples raisons que les droits d'auteur sont versés à l'association Tchernobyl-Nord-Pas-de-Calais et que le contenu est de grande qualité. L'association en question permet aux habitants nordiques de parrainer et recueillir des enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl. Si vous n'êtes pas adeptes de nouvelles, je vous promets que certaines d'entre elles vont vous faire changer d'avis.

lundi 8 septembre 2014

Central Park

Central Park est le nouveau roman de Guillaume Musso.

Présentation de l'éditeur :
New York, huit heures du matin.
Alice, jeune flic parisienne, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre.
La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Élysées tandis que Gabriel jouait du piano dans un club de Dublin.

Impossible ? Et pourtant…
Les questions succèdent à la stupéfaction. Comment se sont-ils retrouvés dans une situation aussi périlleuse ? D’où provient le sang qui tache le chemisier d’Alice ? Pourquoi manque-t-il une balle dans son arme ?
Pour comprendre ce qui leur arrive et renouer les fils de leurs vies, Alice et Gabriel n’ont pas d’autre choix que de faire équipe. La vérité qu’ils vont découvrir va bouleverser leur existence…

Central Park est mon premier Musso et peut-être déjà mon dernier. Alors que le début est prometteur, le roman s'avère être une grosse déception au final. Musso a voulu faire son Shutter Island mais la sauce ne prend pas. N'est pas Dennis Lehane qui veut.

De nombreux films et romans utilisent ce genre de retournement de situation, il était donc prévisible que l'homme menotté à Alice ait une plus grande importance qu'il semble avoir. Et ce qui met la puce à l'oreille est le fait de suivre le moindre des faits et gestes d'Alice et non de Gabriel.
En plus, Alice est un personnage franchement désagréable. Colérique, méfiante jusqu'au bout (mais pas assez apparemment ...) et survivante d'un passé catastrophique, elle n'a rien pour elle et elle m'a également bien énervé.

Bien que le début soit intriguant et le rythme toujours soutenu, j'ai été vraiment déçu par la tournure que prenait l'enquête. L'auteur met bout à bout quelques vagues explications pour rendre son scénario cohérent mais certains passages sonnent totalement faux (notamment le coup de la valise à l'hôtel).
Pourquoi Musso vend-il autant alors que de nombreux polars sont bien meilleurs et plus intriguants ? Mis à part le côté "page-turner" totalement réussi, je ne saurais pas répondre à la question. Belle déception mais belle occasion de visiter New York.

mardi 2 septembre 2014

Un mensonge explosif

Déménagement, déménagement de la box, et autres nombreuses activités estivales m'ont obligé à abandonner quelques temps mon blog. Mais je reviens avec quelques lectures ! Et pour commencer ce sera Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond publié le 27 Mai 2014 aux éditions Liana Levi.

Présentation de l'éditeur :
Toulouse, 21 septembre 2001. Un ornithologue de onze ans assiste à la catastrophe qui ébranlera la ville et le pays tout entier. Une déflagration, un éclair gigantesque et l’usine chimique explose, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés. «Un accident industriel à 99% », déclarent d’emblée les autorités. Clovis Lenoir, commissaire à l’Antiterrorisme, sait bien qu’à quelques mois des présidentielles, cette vérité officielle est plus présentable que la menace d’attentat qu’il traque depuis des semaines. Mais cette piste est-elle la bonne? Là encore, trop de lacunes et d’invraisemblances jettent une ombre suspecte sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Un journaliste trop bien renseigné, un physicien idéaliste, un espion injoignable, une businesswoman aux dents longues sont quelques-uns des personnages qu’il croisera dans cette enquête gigogne éclatée entre la France, les États-Unis, le Brésil et la Russie.
Dans ce thriller ingénieux, Christophe Reydi-Gramond superpose à plaisir les leurres et les vérités pour laisser son lecteur ravi d’avoir été si brillamment manipulé.

Remarquable roman tant la partie fiction parait réelle et nous donne une autre vision de l'affaire AZF survenue le 21 Septembre 2001. Petit rappel des faits, l'explosion de l'usine AZF de Toulouse a fait 31 morts et environ 2500 blessés. L'explosion d'un stock d'ammonium suscite encore aujourd'hui de nombreux débats, notamment celui de la piste terroriste puisque la catastrophe s'est produite dix jours seulement après les attentats du 11 Septembre aux États-Unis.

Mais l'auteur nous laisse apercevoir d'autres preuves qui pourraient faire penser à un attentat. Déjà le fait qu'il y ait eu deux explosions entendues. Et puis il y a ce jeune adolescent qui traine souvent dans un parc où il a une vue imprenable sur l'usine mais également sur le reste du parc où se donnent parfois rendez-vous de drôles de types à l'air mafieux.

L'accident industriel est tout de suite retenue pour les hautes autorités françaises. Mais le décès violent d'un journaliste français et de sa famille en Amérique du Sud soulève de nouvelles questions. La piste terroriste ressurgit. Et s'il ne s'agissait pas d'une guerre de valeur ou de croyance mais plutôt d'un combat acharné entre grandes entreprises toujours plus avides d'argent ? De nouvelles questions se posent et le travail acharné de l'auteur sur le sujet rend toute piste crédible.

Connaitrons-nous un jour la vérité sur cette affaire ? Ou la connaissons-nous déjà ? Ce roman nous aiguille sur de multiples voies qui paraissent toutes fiables. Malgré quelques passages où j'ai décrochés, Un mensonge explosif est un roman qui fait réfléchir et qui nous tourmentent encore après sa lecture. La qualité de la narration est au rendez-vous et ajoute encore plus d'intérêt à l'histoire. Une très bonne lecture donc !

mardi 5 août 2014

Manhattan Carnage

Manhattan Carnage est un roman (autobiographique ?) d'Orcus Morrigan. On dit de l'auteur qu'il erre quelque part dans les bas-fonds de Manhattan. Personne ne connait son vrai nom. L'atelier Mosésu est la seule maison d'édition à oser publier ses romans violents et pervers. A noter que le roman a été traduit par Maxime Gillio, apparemment zombi-glotte.

Présentation de l'éditeur :
Où étiez-vous le matin du 11 septembre 2001, quand le premier Boeing a embrassé la Tour Nord du World Trade Center ?
Moi, je me souviens très bien. J’étais dans la Tour. Même que j’y suis mort.
Jusqu’à ce qu’on me ressuscite, quelques jours plus tard, pour une drôle de mission punitive. J’en connais certains en haut lieu qui ont du mouron à se faire…
Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte : les zombies existent, nous sommes parmi vous, nous avons soif de vengeance.
Et vu le nombre de salopards sur Terre, on a du pain sur la planche.
It’s slaughter time !

Présentation de la série Orcus Morrigan par l'éditeur :
Orcus Morrigan c’est votre nouvelle série underground,  c’est surtout une série unique en son genre, puisque le héros, qui est en même temps le romancier est un zombie…Oui, vous avez bien lu, un zombie, mais qu’est-ce exactement qu’un zombie d’ailleurs?
Un zombie est une personne ayant perdu toute forme d’humanité, ne réfléchissant pas, violent envers les êtres humains et dont le mal est terriblement contagieux. Un zombie est un mort-vivant.
FAUX
On nous ment depuis des années, rien à vois avec la culture haïtienne, un zombie c’est quelque chose de beaucoup plus terrifiant…
Découvrez Orcus MORRIGAN et comprenez tout!
Vous saurez enfin la vérité, à vos risques et périls.

Raconté à la première personne, Manhattan Carnage tente l'originalité et fait des zombies des êtres plutôt différents que ce dont on a l'habitude de voir. Conçus par l'esprit supérieur que l'on nomme chez nous Satan, ces monstres ont été ressuscités afin d'assouvir les désirs de leur nouveau maître. Orcus Morrigan est l'une de ces créatures. Après sa mort du 11 Septembre 2001, il se voit renaitre de ses cendres pour accomplir des missions dans le monde des vivants d'un genre plutôt gore et sanguinolent.

Manhattan Carnage est une histoire totalement fun et qui, au fil des pages, part dans des délires complètement fous. Aidé par François Villon et bien d'autres célèbres zombies, Orcus va tenter de changer la donne et d'être le premier zombie à défier le maître. Orcus n'est pas le genre de zombie à se promener dans les rues les jambes bringuebalantes et les bras en avant tout en grognant. Non, il réfléchit, se déplace avec fluidité et sait donner des coups là où ça fait mal. Heureusement car une partie de ses ennemis sont des ninjas surentrainés.

Attention, sang et perversion sont au programme. Quelques scènes sont excellentes et le roman se lit d'une traite sans problème. Bien sûr, il faut accrocher à l'idée et aimer le genre pour apprécier. Alors, avis aux amateurs, Orcus Morrigan est une nouvelle série qui commence plutôt fort !

dimanche 3 août 2014

L'assassin est à la plage

L'assassin est à la plage est un roman à suspense d'Arlette Aguillon sorti en juin 2014 aux éditions de l'Archipel.

Présentation de l'éditeur :
Engagé par Le Réveil, l’hebdo local dont Madeleine, 80 ans, est propriétaire, Maxime, 26 ans, est chargé avec Jasmine, 14 ans, photographe, de rédiger l’article sur un pendu mystérieux trouvé sur un rond-point de la charmante station balnéaire. En une semaine, trois autres cadavres sont découverts dans 3 autres ronds-points.
Maxime entreprend alors une enquête peu orthodoxe, qui va le conduire à l’assassin. Passé en deux mois du statut de SDF à celui de héros national, ce gentil garçon est devenu la coqueluche de ces dames. Mais il se retrouve avec deux amoureuses problématiques sur les bras. L’une a 14 ans et l’autre 80. Que faire ? Pourquoi ne pas prendre la route avec l’ami Manu et son camion pizza ?
Deux histoires s’entrecroisent, celle d’un tueur en série qui bouleverse la quiétude des vacances et celle d’une vieille dame qui tombe amoureuse d’un jeune homme…

On prend plaisir à suivre les personnages de L'assassin est à la plage, on s'attache à certains d'entre eux mais l'auteur abuse d'un humour bien trop lourd qui énerve à force. Se voulant "djeun's" dans ses dialogues, elle force sur cet effet de mode du langage texto et des jeux de mots lourdingues.

Par contre, là où je trouve l'auteur efficace, c'est dans la relation entre le jeune Maxime et Madeleine qui a quelque chose de romantique malgré une différence d'âge importante. Tout les oppose, lui est pauvre, jeune et aventureux, tandis qu'elle, elle est riche, âgée et profite d'une agréable vie bourgeoise. Mais une vie qui a été également remplie de rencontres incroyables avec de nombreuses personnalités ; écrivains, chefs d'état ... Mais l'amour de la littérature et de l'écriture n'a pas d'âge et leurs échanges enchantent cette aventure balnéaire.

Quelques personnages fantasques animent également l'histoire qui malheureusement se perd parfois dans des situations secondaires et bien souvent inutiles. Le décor peint autour de l'histoire est plus riche que la trame elle-même. Peu de suspense donc dans ce roman policier mais du rythme et quelques situations cocasses. L'assassin est à la plage se lira de préférence sur une plage pour passer un bon moment et non pour se torturer l'esprit.

dimanche 27 juillet 2014

Coups de lune et Première enquête

Coups de lune est le nouveau roman de Patricia Rappeneau et la troisième enquête du détective Nathan Malocène après Requiem et Mission Malona.

Présentation de l'éditeur :
Quel lien peut-il exister entre la mort de Sébastien Bayart, — ex-gars des missions du groupe Fine — et Séraphin Bayart, ex-professeur de l’université Sciences Mirande à Dijon ? Alors que Grégoire Fine est persuadé qu’il ne peut y en avoir, Nathan Malocène se voit confier la difficile tâche de seconder son associé dans cette enquête qu’il ne peut refuser. À nouveau unis pour le pire, les deux privés plongent dans l’origine de la conquête de la Lune où le magnétisme occupe vite une place prépondérante…

Il n'y avait pas de raison que cela change, le personnage de Nathan Malocène m'agace toujours autant. Trop 'nounours' à mon goût pour ce genre d'aventures.
Mais cela démontre également que l'auteur continue d'utiliser son personnage comme elle l'entend et, ce que je trouve plutôt positif, c'est qu'elle ne place pas son personnage principal comme un super-héros mais comme un homme tout à fait 'normal' qui a besoin des autres pour s'en sortir.

Pour cette nouvelle enquête, Patricia Rappeneau a réalisé un gros travail de documentation et a su éveiller ma curiosité quant au sujet du magnétisme et de la Lune. Sujet qui laisse rêveur et qui m'a donné à mon tour envie de me documenter.

Le style employé pour cette nouvelle aventure de Nathan Malocène reste plutôt simple mais le roman se lit bien et assez vite. L'histoire aurait gagnée en efficacité avec quelques pages en plus qui auraient pu éviter certains raccourcis, ou plutôt certaines situations trop rapidement décrites mais dans l'ensemble on prend beaucoup de plaisir à la lire.

La quatrième aventure de ce personnage est une nouvelle d'une petite vingtaine de pages. Première enquête est également le pilote de la série situant Nathan au début de son activité de détective.

Présentation de l'éditeur :
Un père de famille qui disparaît dans la nature, et trois petites filles qui viennent frapper à la porte de Nathan Malocène, nouvellement installé détective privé à Dijon. Ce n’est ni le genre de clients ni de première enquête que l’ex-militaire s’attendait à accepter. Et pourtant… Embarqué presque malgré lui par les gamines, le privé plongera dans une enquête qui définira les vastes possibilités de son champ d’action, renforcées par une -ou deux- rencontres inattendues…

Petite déception pour ma part pour cette nouvelle. Quelques phrases au style bien pauvre, une trame peu crédible et une enquête qui va bien trop vite. Certes c'est un court roman mais je préfère, dans ces cas-là, quand l'action se déroule sur une période bien plus courte pour se concentrer davantage sur la résolution de l'énigme et sur les personnages.
Pas convaincu donc par cette nouvelle, je préfère conseiller Coups de Lune, bien plus riche et intriguant à mes yeux.

mardi 22 juillet 2014

Anima

Anima est un roman du dramaturge Wajdi Mouawad, "homme de théâtre, metteur en scène, auteur, comédien, directeur artistique, plasticien et cinéaste libano-canadien " (source wikipedia).

Présentation de l'éditeur :
Lorsqu’il découvre le meurtre de sa femme, Wahhch Debch est tétanisé : il doit à tout prix savoir qui a fait ça, et qui donc si ce n’est pas lui ? Éperonné par sa douleur, il se lance dans une irrémissible chasse à l’homme en suivant l’odeur sacrée, millénaire et animale du sang versé. Seul et abandonné par l’espérance, il s’embarque dans une furieuse odyssée à travers l’Amérique, territoire de toutes les violences et de toutes les beautés. Les mémoires infernales qui sommeillent en lui, ensevelies dans les replis de son enfance, se réveillent du nord au sud, au contact de l’humanité des uns et de la bestialité des autres. Pour lever le voile sur le mensonge de ses origines, Wahhch devra-t-il lâcher le chien de sa colère et faire le sacrifice de son âme ?
Par son projet, par sa tenue, par son accomplissement, ce roman-Minotaure repousse les bornes de la littérature. Anima est une bête, à la fois réelle et fabuleuse, qui veut dévorer l’Inoubliable.

Anima fait ressurgir la nature première de l'Homme ; sa nature animale. Nous suivons le voyage d'un homme en quête de vérité au travers des yeux d'animaux qui ressentent sa présence et le voient comme l'un des leurs. Ces yeux d'animaux nous montrent d'ailleurs comme des êtres violents et parfois étranges, aux réactions souvent incompréhensibles pour ces bêtes innocentes.
Wahhch Debch est-il (re-)devenu un animal ? Comme l'animal, il ne cherche pas à se venger mais juste à traquer sa proie, à l'observer et déterminer cette espèce animale qui est son ennemie, celle qui a franchit le seuil de sa tanière, celle qui a prit la vie de sa femme et de son enfant.

L'auteur nous conduit dans un road trip canadien dans lequel Wahhch Debch rencontre divers personnages, aux mœurs et aux cultures différentes. Wahhch Debch ressemble fortement à un animal blessé. Il fuit et se cache pour se remettre de sa douleur. Mais sa fuite cache en définitive une traque, une chasse à l'homme contre le tueur sanguinaire qui a tué sa femme. Un cafard envahissant la vie d'un homme dont les fantômes refoulés de son passé vont refaire surface.
Le massacre de Sabra et Chatila. Deux camps de réfugiés palestiniens au Liban qui ont connu la mort de centaines voire milliers de civils. Sujet revenu récemment dans nos mémoires suite à la mort d'Ariel Sharon en début d'année (voir par exemple Le Nouvel Observateur).

En passant de Sophocle à 16 Horsepower, l'auteur nous émerveille par ses références et une écriture riche qui donnent à Anima une dimension totalement poétique. Il sait nous captiver et nous montrer la voie des plus grandes profondeurs de l'âme humaine. Anima est une aventure qui se vit.

mercredi 16 juillet 2014

La patience du diable

La patience du diable est le nouveau roman de Maxime Chattam paru aux éditions Albin Michel au mois de Juin 2014.

Présentation de l'éditeur :
Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ?

Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue…
Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse…
Des gens ordinaires découverts morts… de terreur.
Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou.
Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.

Encore un très bon thriller de Maxime Chattam qui ne fait pas dans la dentelle et explore à nouveau nos plus grandes peurs. Et si le diable prenait une apparence humaine ? Et s'il s'amusait à semer ses graines de violence ?
Serait-ce l'explication la plus plausible à cette épidémie de haine et de violence qui se propage ? La moins rationnelle, c'est certain. Ludivine Vancker et ses co-équipiers vont comprendre, à leur frais, que toutes ces scènes, plus abominables les unes que les autres, ont un lien. Et ce lien semble venir du plus profond des enfers.

Une sorte de virus se propageant à travers la violence...

Une pandémie de violence gratuite s'étend de plus en plus et de nombreux actes de barbarie se multiplient. Des jeunes qui réalisent un ball-trap à balles réelles, de l'acide dans des pistolets à eau, des bombes artisanales qui explosent les figures concentrées de cinéphiles ... et un dépeceur qui s'en donne à cœur joie. La police doit agir sur tous les fronts et doit agir vite pour tenter de stopper cette propagation de violence.
Ludivine, formée par le célèbre criminologue Richard Mikelis dans la Conjuration primitive, se donne corps et âme pour remonter à la source et comprendre l'origine du mal qui anime tous ces détraqués.

[...] la violence était épidémique. Hautement contagieuse. Il suffisait que la société soit fragile pour être contaminée.

Quelque soit la cause de ce déferlement de violence, on en prend plein la vue. Le diable en personne est-il le commanditaire de tous ces meurtres ou est-ce un phénomène de société qui apparait ? Une société qui évolue bien trop vite et qui doit subir des crises financières à répétition.
L'auteur, par le biais de ses personnages, analyse toutes les possibilités et ne laisse rien au hasard. Maxime Chattam nous offre à nouveau un thriller sanglant qui devrait vous hanter de nombreuses nuits pendant les vacances. Un thriller qui démarre au quart de tour et ne baisse jamais en intensité. Très bonne lecture !

lundi 7 juillet 2014

Golden Gate confidential

Golden Gate confidential est le nouveau roman de Kirk Russell aux éditions du Toucan le 16 Avril 2014.

Présentation de l'éditeur :
Ben Raveneau est enquêteur de la police de San Francisco. C’est un flic quinquagénaire, célibataire et entouré d’amis vieillissants qui partent à la retraite.
Sur ordre de ses supérieurs, il doit former équipe avec une jeune policière un peu fragile. On leur confie immédiatement une enquête qui semble « secondaire » :  le meurtre d’une jeune femme, retrouvée nue et ligotée dans un immeuble insalubre du quartier chinois de San Francisco. Cette affaire, en apparence anodine, va pourtant les mener au cœur de trafics vénéneux dans lesquels le SFPD (San Francisco Police Department) n’est pas totalement neutre…
Entre  Bullitt  et  LA Confidential ,  Kirk Russell a réussi dans ce livre un portrait dérangeant d’une ville plus brutale et dépravée que ses apparences « iodées » ne le laissent parfois penser.

Les rues de San Francisco sont tout autant fascinantes qu'elles peuvent être parfois dangereuses. C'est ce que va découvrir l'agent La Rosa fraichement associée au quinquagénaire Raveneau. Un duo d'enquêteurs bien différents que tout oppose se lance donc sur une enquête qui sera bien plus compliquée que prévu. Ils vont devoir faire face à un ennemi bien malin qui sait manipuler habilement les gens.

J'ai beaucoup apprécié le personnage de Raveneau qui montre l'image d'un flic fort et rusé, à l'ancienne. Malgré quelques fantômes rangés dans son placard, il ne donne pas l'impression de se renfermer sur lui-même et de s'apitoyer sur son sort. Il a un caractère bien trempé et dégage une énergie surprenante. La Rosa, malgré quelques doutes au départ, n'aurait pu espérer mieux comme co-équipier pour cette affaire : une jeune femme a été retrouvée nue, attachée et morte étranglée dans le quartier chinois.

Dans une affaire parallèle, Cody Stoltz représente le suspect idéal aux yeux de tous. Sorti depuis peu de prison, Cody Stoltz revient sur le devant de la scène au moment où les morts s'accumulent parmi les flics qui l'ont arrêté quelques années auparavant. Raveneau en faisait partie.

Le roman se lit bien. C'est un page-turner efficace bénéficiant d'un personnage fascinant et haut de gamme ainsi que d'une ambiance noire comme on les aime. Même si je n'ai pas totalement accroché à l'histoire, le roman est pourvue de quelques bons passages et bonnes réparties.

samedi 28 juin 2014

Du sang sous les collines

Du sang sous les collines est un ouvrage regroupant deux courts romans de Marie-Bernadette Dupuy aux éditions de l'Archipel.

Présentation de l'éditeur :
Les corps d’un jeune couple de marginaux sont retrouvés dans un souterrain proche d’Angoulême. Nouvelle recrue à la gendarmerie, Maud Delage enquête sur ce double meurtre avec l’aide de ses collègues Irwan et de Xavier, qui ne sont pas indifférents à ses charmes. Jusqu’où la jeune policière est-elle prêt à aller… pour ne pas être la prochaine victime ?
Un coureur automobile, riche industriel et self-made man, participe au circuit des Remparts, course de voitures se disputant dans le vieil Angoulême, à laquelle assiste Maud Delage. Soudain, son véhicule explose sans raison apparente. Selon toute vraisemblance, le pilote a été victime d’un attentat. Maud devra déployer toutes ses ressources pour trouver la clé de l’énigme. D ‘autant que de nouveaux crimes surviennent…

Recueil regroupant deux aventures de l'inspectrice Maud Delage, Du sang sous les collines est en fait le véritable nom de la première des deux enquêtes. L'autre se nomme Un circuit explosif. Mis à part l'inspectrice Maud Delage, le point commun entre ces deux romans est la région de Charente qui offre un décor particulièrement beau et prédisposé au suspense avec ses longues grottes et autres tunnels.

Maud fait équipe avec deux hommes : Xavier et Irwan qui ne cessent de s'envoyer des vacheries pour plaire à la dame. On nage en plein remake d'Hélène et les garçons tellement les dialogues et le comportement des deux mâles sont puérils. En plus de cela, l'héroïne est un ensemble de stéréotypes et ne correspond pas du tout à l'idée qu'on peut se faire d'une inspectrice de police. Elle ne dégage aucune force et ne semble pas futée ...

Les enquêtes ne sont pas désagréables à lire mais le principal attrait reste son décor qui donne envie de visiter la Charente et de (re) découvrir le festival de la Bande Dessinée d’Angoulême qui est vraiment chouette. Je suis ressorti plutôt déçu de cette lecture, pas de twist impressionnant de dernière minute, pas de personnage attachant et au final peu de suspense. Pas pour moi ce type de lecture ...

dimanche 22 juin 2014

L'Assassinat d'Hicabi Bey

L'Assassinat d'Hicabi Bey est un roman noir d'Alper Canigüz édité aux éditions Mirobole dans la collection Horizons Noirs dans laquelle était déjà parue l'excellent Les Impliqués de Zygmunt Miloszewski.

Présentation de l'éditeur :
Alper Kamu est un curieux petit garçon qui s’est promis de résoudre un meurtre commis dans son quartier à Istanbul. Il a trouvé Ertan le Timbré à côté du cadavre encore chaud d’Hicabi Bey, policier à la retraite, la télévision allumée à plein volume, mais le cinglé du voisinage était plutôt là pour regarder l’équipe du Besiktas perdre en Ligue des champions. Déjà tête à claques d’existentialiste, Alper le désormais détective va sécher la maternelle et balader son revolver en plastique Dallas Gold dans une mégapole bigarrée, pleine d’amantes fatales, d’épiciers lyriques et de directeurs sournois…
L’Assassinat d’Hicabi Bey n’est peut être pas une énigme métaphysique, mais ça y ressemble. Sauf qu’on rit beaucoup et que, à la fin, on a la réponse.


Alper Kamu est un jeune enfant âgé seulement de cinq ans mais il peut déjà surprendre et clouer le bec à de nombreux adultes. Son intelligence et sa culture dépassent l'ensemble des autres personnages du roman et également bien des personnes d'ordre général. Il est rusé, astucieux et ne manque pas d'humour ... d'humour noir surtout. C'est à l'aide d'un petit pistolet en plastique et de sa jugeote hors norme qu'il va se lancer sur une enquête de meurtre. En effet, son voisin dur d'oreille se fait tuer dans son appartement et c'est Alper qui le découvre la gorge tranchée ... Le jeune Alper va alors devoir faire face à la sournoiserie des adultes et à la violence des autres enfants du quartier pour tenter de résoudre cette énigme. Tout cela en essayant d'aider ses parents à ne pas se faire muter dans une petite ville de province et en aidant son meilleur ami à faire ses devoirs de la maternelle !

L'Assassinat d'Hicabi Bey est un roman exceptionnel. C'est une lecture surprenante dotée de beaucoup d'humour et d'imagination. Il offre des scènes inoubliables à hurler de rire et donne naissance à un jeune personnage fabuleux dont on aimerait suivre d'autres aventures.
L'Assassinat d'Hicabi Bey est une véritable perle rare qui donne un nouveau souffle au genre. Il fait partie de ces romans dont on ne souhaite jamais arriver au bout et qu'on laisse reposer longtemps encore après la lecture sur sa table de chevet.

dimanche 15 juin 2014

Borg, McEnroe... Les histoires inédites les plus féroces de la rivalité du tennis

Les histoires inédites les plus féroces de la rivalité du tennis est un ouvrage de Stephen Tignor, rédacteur en chef de Tennis Magazine aux États-Unis.

Présentation de l'éditeur :
L'âge d'or du tennis s'est soudainement effondré lors de l'US Open 1981 quand le stoïque Suédois Bjorn Borg a perdu face à son jeune rival, John McEnroe, lors de la finale à Flushing Meadows.
A travers l'objectif de la phase finale de cette époque, et le jeu des autres demi-finalistes Jimmy Connors et Vitas Gerulaitis, ce livre raconte la vie et la carrière des hommes qui ont fait ces jours du Far West du tennis si mémorable : "Ice Borg", qui nourrissait secrètement un fou intérieur ; McEnroe, le génie torturé ; Connors, le bien-aimé des cols bleus, anti-héros du jeu ; Ilie Nastase, le clown roumain ; Gerulaitis, le charmeur de New York, et Ivan Lendl, qui est devenu un signe avant-coureur du futur tennis de haute puissance. Les luttes de ces hommes étaient aussi féroces sur le terrain, qu'en dehors.
L'auteur concentre également une grande partie de son travail en décrivant l'évolution du tennis mondial, et sa transition vers le jeu moderne. Les rivalités et les tensions qui ont marqué les années 70-80 du tennis sont merveilleusement décrites.

A l'aube de l'ère open surviennent quelques joueurs atypiques qui vont changer totalement le visage du tennis mondial. De Nastase à Lendl, Stephen Tignor passe en revue tous les plus beaux combats tennistiques de l'époque (deuxième moité des années 70 jusqu'au début des années 80) et les rivalités entre tous ces grands champions qui changeront à jamais l'image du tennis professionnel.

L'auteur se penche principalement sur les grands tournois que sont Wimbledon et l'US Open. Tout les sépare. L'un défend à corps et âmes le tennis amateur et de bonne éducation tandis que l'autre affiche de nombreux sponsors et a comme une odeur de hamburger qui stagne dans les tribunes. Stephen Tignor nous fait revivre quelques matchs importants et décrypte chaque signe cherchant à comprendre l'animosité qui enflamme certains grands joueurs.

Le dieu Borg, le sale môme Mc Enroe, l'horrible Nastase, l'anti-héros américain Connors ... Tignor revient sur les principales facettes et sur l'histoire de ces grands joueurs et numéros un mondial. Il relate également des morceaux de la vie de Vitas Gerulaitis, grand joueur et ami fidèle de plusieurs grands autres joueurs, qui décéda à l'âge de 40 ans.
Coups de gueule, insultes, coups magiques, doutes ... On apprend tout ce qui se passe sur le terrain mais également derrière la scène. Tandis que Borg et McEnroe affichent une rivalité sportive extraordinaire, ce même McEnroe et son compatriote Connors affichent, quant à eux, une rivalité sauvage et sanguinaire.

L'ouvrage aurait mérité une bonne relecture car il est jonché de fautes de frappe qui gâchent parfois le plaisir de vivre ou revivre certains moments forts en émotion. Néanmoins, j'ai appris beaucoup d'anecdotes qui m'ont montré une autre image de ces joueurs que celles que je connaissais.

lundi 9 juin 2014

Joyland

Joyland est le nouveau roman du maître Stephen King, paru le mois dernier aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
Les clowns vous ont toujours fait peur ?
L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…

Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand by me.

La comparaison au superbe Stand By Me, qui accoucha d'un film tout autant magnifique, est légitime. On définit souvent le King comme étant le maître de l'horreur mais il ne faut pas oublier qu'il excelle dans cet autre genre de roman ; les romans profondément humains où la vie est un mélange de joie et de tristesse, où l'on connait des moments de gloire et des moments de honte, où l'on aime et où l'on hait. Comme pour Stand By Me, le nouveau roman de l'auteur décrit une partie importante de la vie d'un jeune homme qui va l'aider à grandir et à voir le monde autrement.

Joyland, c'est la rencontre et la naissance d'une grand amitié entre un jeune homme un peu paumé et de nouveaux amis. Joyland, c'est la rencontre entre ce jeune homme qui commence à trouver un but dans sa vie et ce petit garçon malade qui va l'aider de bien des façons. Joyland, c'est également la rencontre entre ce jeune homme au grand cœur et le fantôme d'une jeune femme disparue que seuls certains privilégiés ont pu voir. C'est cette rencontre invisible et impossible qui sera déterminante dans les évènements à venir.

Joyland est l'aventure de sa jeune vie, une métaphore de cette fin de vie d'adolescent et de début de vie adulte. Une étape dans laquelle Dev est confronté au fantôme de son premier amour perdu. Devin Jones va trouver en Joyland, ce parc d'attractions bien différent d'un Disney World, le moyen d'exorciser ses démons et de trouver toute la beauté possible dans ce qui peut paraitre triste.
Joyland est un roman rempli d'émotions dans lequel suspense et terreur ne sont pas les termes qui définissent le mieux le récit du King. Même si l'enquête sur le meurtre de la jeune femme est assez intriguante, on retient surtout ce moment passé avec Devin qui nous renvoie à notre propre passé et qui nous fait réfléchir quant à nos choix réalisés. Un très beau roman.

dimanche 1 juin 2014

Carnage 2.0

Carnage 2.0 est un thriller d'Emmanuel Delporte, infirmier de réanimation et un passionné d'écriture.

Présentation du roman :
Carnage 2.0 est un polar contemporain, dont l'action se situe sur la côte Ouest des États-Unis d'Amérique. Mêlant utopie technologique, tueurs en série réels ou inspirés de la réalité, et réflexions sur la société du spectacle, des médias et de la télévision, c'est un livre dont le style explosif tient plus de Quentin Tarantino ou de Sam Peckinpah que de Harlan Coben. Les amateurs de polars traditionnels, propres et lisses, sont prévenus. L'auteur, Emmanuel Delporte, durablement marqué par son séjour dans le grand Ouest Américain, en a ramené le côté poisseux, étouffant, exhumant les reliques de l'époque du far-west, des bandits et des cow-boys. Une œuvre violente, outrancière, sans pitié et mal élevée, qui ressemble à notre époque... (source amazon)

Malgré une première métaphore en début de roman qui m'a bien fait peur pour la suite, le style est plutôt bon et le roman se lit très bien. Le récit ne manque pas de rythme et son intrigue tient la route. L'auteur nous invite dans une émission de télé-réalité imaginé par une paire de psychopathes en manque d’adrénaline et dont les acteurs sont des tueurs en série évadés de prison pour l'occasion. Le principe est simple : les tueurs en série sont relâchés dans la nature et peuvent s'adonner à leur passion principale ... viols, meurtres, tortures sont au rendez-vous ...

Le roman dénonce bien le voyeurisme ancré en chacun de nous qui nous donne l'envie de regarder ce genre d'émission aussi horrible et inhumaine soit-elle. En plus, l'auteur en rajoute une couche pour donner un côté 'compétition' en instaurant un système de points entre les tueurs et la population.
Ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman, ce sont tous les chapitres de présentation des principaux tueurs en série. Des chapitres à la première personne qui font froid dans le dos.
Quelques chapitres supplémentaires auraient été les bienvenus mais dans l'ensemble, Carnage 2.0 est un roman agréable à lire et plutôt bien maîtrisé.

mercredi 28 mai 2014

L'été des jouets morts

Je retrouve enfin ma connexion Internet et peut redonner un peu de vie à mon blog légèrement délaissé ces derniers temps. Je ressors de ma grotte pour vous faire part de mon avis sur quelques lectures en retard ...
L'été des jouets morts est un roman policier de l'espagnol Toni Hill publié aux éditions Flammarion.

Présentation de l'éditeur :
Trois morts inexpliquées Deux promesses de vengeance Une ville étouffante Lors d'une enquête sur un trafic de femmes, l'inspecteur Héctor Salgado pète les plombs et passe à tabac un suspect. Après s'être tenu à carreau pendant un certain temps, son chef lui propose d'enquêter de manière officieuse sur une mort accidentelle : un étudiant est tombé d'un balcon dans un des quartiers les plus chics de Barcelone. En remontant le fil de son enquête, Salgado se rend compte que cette mort était tout sauf accidentelle : les amis de l'ado sont soit trop paranos soit étrangement calmes. Héctor suit une piste qui va lui faire découvrir les dessous sordides de la bonne société barcelonaise, où il devra affronter des criminels dangereux, des secrets enfouis et, bien sûr, son propre passé. Mais Héctor adore la pression, et ne vit que pour ce genre d'affaire : sombre, violente, apparemment insoluble.

L'inspecteur Héctor Salgado revient d'une période d'inactivité avec toujours ses démons dans ses bagages. Son chef le lance sur une affaire de façon officieuse ; vérifier que la mort d'un jeune fils de bourgeois barcelonais ne cache rien de mystérieux. Évidemment, ce qui pouvait sembler n'être qu'une enquête de routine va s'avérer devenir une affaire de meurtre. Et vous ne serez pas au bout de vos surprises car certains secrets en cachent d'autres ...

Les intrigues se multiplient et il faut bien avouer qu'on ne se doute nullement du dénouement final. Malheureusement on est entrainé dans cette histoire par un couple d'enquêteurs pas franchement convaincant. Dans le duo Salgado / Castro, aucun des deux personnages n'est attachant et énerve même par moment. Du coup, le temps parait parfois un peu long avec ces deux policiers mais heureusement certains passages, principalement ceux du passé, sortent du lot et ont attiré mon attention.

Il est intéressant de voir comment un auteur arrive à rassembler les pièces du puzzle pour rendre son intrigue convaincante. Ici, Toni Hill joue un peu trop la carte chance pour faire ressortir une certaine cohérence dans tout ce bourbier. Bien que le roman ne soit pas mauvais sous tous les aspects, je ne l'ai pas trouvé assez travaillé à mon goût pour le rendre suffisamment appréciable. Dommage.