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lundi 11 janvier 2010

La sirène rouge


La sirène rouge est le premier roman de Maurice G. Dantec. Ce roman a remporté le prix Trophées 813 du meilleur roman francophone en 1994.

Présentation de l'éditeur :
Elle a douze ans, une mère meurtrière et une armée de mercenaires sur les talons. Il a trente ans, l'habitude de tuer et pas grand-chose à perdre.
Ensemble ils vont traverser l'Europe, d'Amsterdam à Porto. Le genre de voyage où les cadavres servent de bornes kilométriques.


La sirène rouge, c'est la rencontre inespérée d'Alice et de Toorop. Alice est une petite fille très intelligente pour son âge et vît avec sa mère et son beau-père fortunés. Lorsqu'elle découvre ce que cachent les mystérieuses activités de ses parents, Alice décide de s'enfuir. Sur son chemin se dresse Toorop, une sorte d'agent très secret aux méthodes peu orthodoxes. Alice a besoin de Toorop. Une relation chaleureuse et amicale va naître entre les deux personnages, une relation de confiance qui va leur permettre de traverser une partie de l'Europe ensemble malgré les hommes à leurs poursuites. A partir de là, on pense naturellement au film Léon de Luc Besson, sorti l'année précédente, et ce n'est pas pour me déplaire !

Sa mère qui ferait tout pour la détruire, maintenant.

Dès le début du roman, le lecteur assiste à une violence inouïe dont est témoin la fillette âgée de douze ans. L'imagination de l'auteur est sans limite et ses descriptions terrifiantes. Il crée un paradoxe qui amplifie ces horreurs en associant les thèmes de mort et de brutalité à une enfant, synonyme de vie et d'innocence.
Plusieurs enquêtes s'effectuent en parallèle pour retrouver Alice. L'une d'entre elles est menée par Anita, flic à Amsterdam et qui s'est prise d'affection pour cette petite que rien ne semble pouvoir sauver, pas même la justice. Lorsqu'Anita, Toorop et les différents brigands parviennent à se rencontrer, plus rien ne tourne rond. Les meurtres s'enchainent tandis que les enquêtes avancent lentement.

ils buvaient le sang de leurs victimes, suspendues par les pieds, dans de splendides coupes de cristal

La sirène rouge est un "road polar" qui laisse des traces de sang le long des nombreuses routes d'Europe. L'auteur nous fait voyager des Pays Bas jusqu'au Portugal sans le moindre répit. Qu'il est agréable de lire un récit ensoleillé par ce temps hivernal ! Outre cet aspect chaleureux, j'ai surtout apprécié la relation croissante entre ce costaud de Toorop et la petite fille fragile qu'est Alice.
Au final, La sirène rouge s'avère être un excellent polar offrant de fortes doses d'adrénaline.

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jeudi 5 février 2009

Les racines du mal

Les racines du mal est le second roman de Maurice G. Dantec.

Présentation de l'éditeur :
Andreas Schaltzmann est un tueur ; un paranoïaque qui croit au complot généralisé et qui s'est rasé la tête pour ''surveiller les os de son crâne qui changeaient de forme ''.Un schizophrène sujet aux pires hallucinations.Un fou dangereux enfermé dans son monde.Une énigme.
Trois scientifiques spécialisé dans le comportement des tueurs en série réalisent qu'il ne peut, à lui seul, avoir commis la totalité des meurtres qui lui sont imputés.Une autre chasse a l'homme commence.Effroyable.Avec au bout de la traque une vérité a l'image de notre temps.

Les racines du mal est une sorte de polar d'anticipation. Bien qu'écrit en 1995, une bonne partie des évènements se passe quelques années plus tard. Juste avant l'arrivée (apocalyptique ?) du nouveau millénaire. L'auteur se permet donc quelques avancées technologiques bien utiles à l'enquête menée par Darquandier ; spécialiste des sciences cognitives reconnu mondialement.

Cette fiction n'avait d'autre but que de masquer l'atroce réalité de la dictature alienazie.

La première partie du roman relate la vie perturbée d'Andreas Schaltzmann, schizophrène persécuté par des aliens aux méthodes nazies qui ont envahit notre monde. Sa folie s'accentue jusqu'au point de non-retour ; il tue pour se protéger de ces envahisseurs qui complotent à son sujet. Une traque commence. Une véritable chasse à l'homme où Andreas est le gibier et les aliens sont les chasseurs. Un début détonnant avec un personnage complètement délirant.

L'homme est à la fois une machine à contrôler le chaos et un propagateur de désordre.

La suite est beaucoup moins appétissante. Le rythme se calme et les pages semblent interminables. Le lecteur fait la connaissance de Arthur Darquandier qui deviendra le personnage central. Protagoniste à la limite du détestable et au caractère prétentieux, Darquandier va travailler en compagnie de la charmante Svetlana et du docteur Gombrowicz sur le cas Schaltzmann. Ce trio de scientifiques va tout faire pour comprendre les agissements du tueur schizophrène. Mais l'étude de ses meurtres vont révéler une incohérence ... terrible illogisme qui remet en cause une partie du procès de Schaltzmann. Suite à cela, c'est uniquement lorsque l'on atteint la page 349 que l'auteur cite la phrase suivante. Il nous prévient en quelque sorte que ce que nous avons lu jusqu'alors n'était qu'une mise en bouche.

Ne paniquez pas. Ce que vous avez lu en provenance des Cartea neagra vous a en quelque sorte préparé à ce qui va suivre.

Force est de constater que l'auteur a réalisé un admirable travail de recherche sur les thèmes de la cognitive, de l'intelligence artificielle et de la psychologie criminelle. Pour le côté anticipation du roman, Dantec a introduit un nouveau personnage ; une machine intelligente. Celle-ci évolue très rapidement selon les données qui lui sont transmises et va ainsi pouvoir aider notre héros à avancer dans son enquête. Mais attention aux différentes informations car la neuromatrice, en évoluant, se crée sa propre personnalité ...

Le monde n'était qu'un emboîtement infini d'instruments.

La dernière partie du roman, la meilleure selon moi, reprend un rythme effréné et nous plonge dans l'imagination perverse de l'auteur. Les atrocités décrites sont à la limite de l'imaginable. Les racines du mal est un très bon roman mais serait plus appréciable avec 200 pages en moins et un personnage principal auquel le lecteur pourrait s'identifier ou juste apprécier.

Note : 16/20