dimanche 29 novembre 2015

Un doigt de politique

Un doigt de politique est un roman de Ben Orton publié aux éditions Létales.

Présentation de l'éditeur :
Je m'appelle Dari Valko, Russe par mon père, franchouillard par ma mère. Après une carrière bien remplie dans la Légion étrangère, je me suis installé garde du corps en free-lance, et je vais t'avouer un truc : le jour où je me suis lancé dans la protection rapprochée, j'aurais mieux fait d'ouvrir un kébab en banlieue ! Parce que pour tout te dire : depuis que je suis à mon compte, je passe mon temps à me friter, à rencontrer des gens bien pourris, et à patauger gaiement dans la merde et le sang mêlés ! J'en suis à regretter l'armée, tu juges un peu ?! Heureusement, qu'il y a mon oncle Piotr, l'ours de Sibérie, qui me file un coup de patte de temps à autre et surtout la toute belle Zoïa, ma pote commissaire, qui me tire du four quand ça devient trop chaud...
Enfin bref, je vais pas te saouler avec mes histoires, surtout que si tu veux les connaître bien à fond, t'as qu'à lire mes bouquins ! Mais je te donne quand même un petit conseil : si t'es fragile du cœur ou que t'es du genre pantoufles et mots croisés, passe ton chemin ma louloute. Je t'aurai prévenu !

Un doigt de politique est un polar urbain où le personnage principal, Dari Valko, s'exprime à la première personne et surtout s'adresse directement à son lecteur. Dari Valko est un garde du corps free-lance qui se voit embarquer dans une mission peu ordinaire sur fond de politique. Qu'ils soient de gauche ou qu'ils soient de droite, les politiciens sont tous logés à la même enseigne ici et le clivage droite-gauche n'empêche pas les rapprochements ... parfois même de très près.

Dari Valko nous embarque donc dans une histoire où les coups de poing volent de tous les côtés ; il faut dire qu'il n'est pas très délicat comme personnage. Même si le scénario est plutôt léger, l'important est de suivre les péripéties du franco-russe aux muscles d'acier. Parfois drôle, tantôt agaçant par ce langage peu raffiné, le texte se lit bien et assez vite.

A savoir, Dari Valko est le héros de toute une série de romans de Ben Orton disponibles ici.

samedi 28 novembre 2015

Au café

Au café est un recueil de nouvelles de l'auteur algérien Mohammed Dib publié en 1955.

Présentation de l'éditeur :
"Il était tard ; je me demandais si je ne devais pas m'en aller de ce café bruyant, sombre. Seul devant une table, je regardais autour de moi les groupes qui bavardaient et fumaient sans relâche. Au fond d'une atmosphère obscurcie, les joueurs battaient leurs dominos avec des claquements de fouet qui, à la longue, portaient sur les nerfs ". Un homme simple, un chômeur, qu'une rencontre fortuite dans un café jette hors des sentiers battus de l'existence... Des paysans pauvres dans des coins perdus faisant l'apprentissage des élections... Une vieille femme qui voit s'ouvrir les portes du paradis... Un riche héritier qui vit, en raison de son enchantement, une étrange aventure... Gens d'Algérie, qui peuvent être de tous pays, de tous les temps... les personnages émouvants et humains que l'on rencontre au détour de ces nouvelles sont étroitement liés à ceux des grands romans de Mohammed Dib.

C'est en 1955 que Mohammed Dib écrit son recueil de sept nouvelles appelé "Au café", un an après le début de la guerre d'Algérie. Sans en faire référence directement, le texte, emprunt de poésie, suggère les pires horreurs et le cauchemar vécu par les algériens à cette époque. Ce qui est vraiment étonnant c'est ce climat parfois calme, parfois pesant, qui ne montre rien de la guerre même si les français colonisateurs sont fortement montrés du doigt.

Mohammed Dib partage quelques moments de vie de plusieurs personnages bien différents qui vivent souvent dans la misère mais dont le courage est impressionnant. J'ai particulièrement aimé la nouvelle "Au café" et son personnage d'ex-taulard qui montre, malgré un avenir sans issue, qu'un petit rien peut le rendre heureux.

La plume de Mohammed Dib est absolument exceptionnelle. Il utilise un vocabulaire riche et sait tourner ses phrases de la plus belle des façons. Une très belle découverte !

mardi 24 novembre 2015

Hobboes

Hobboes est un roman de Philippe Cavalier paru le 29 Octobre 2015 aux éditions Anne Carrière.

Présentation de l'éditeur :
Ravagée par une supercrise, l'Amérique doute et vacille. Des millions d'exclus prient pour un avenir meilleur aux marges de ses villes. Des frontières du Canada à celles du Mexique, rumeurs et légendes s'échangent sur les routes. Parmi les hobboes, les vagabonds, on parle d'hommes doués de pouvoirs surnaturels et d'un guide promis à venger les humiliations des pauvres. On parle de révoltes et de NovAmerica, le monde d'après la prochaine révolution. On parle surtout d'un homme capable, à lui seul, de changer le destin de tout un peuple...
Enseignant à la prestigieuse université Cornell, Raphaël Banes dédaigne les prophéties. Privilégié, il n'accorde pas un regard à ceux qui n'ont rien. Mais quand tout s'écroule autour de lui, et qu'un mystérieux commanditaire lui ordonne de remonter la piste d'un de ses anciens étudiants disparu, commence pour lui la traversée d'un continent où les lois s'effacent et où il faut bien plus que du courage et de la chance pour espérer survivre.

Avec Hobboes, Philippe Cavalier nous offre un début très prenant avec un personnage plus qu'intéressant. Raphaël Banes est un excellent professeur qui ne recherche pas la gloire et qui, par conséquent, déplaît à certains de ses confrères qui n'ont d'yeux que pour les récompenses et l'argent. Suite à une altercation avec l'un d'entre eux, Raphaël voit sa vie s'écrouler petit à petit. Alors qu'il semble être une personne simple, il vît, comme vous et moi, dans un petit monde confortable qui ne tient à présent plus qu'à un fil.

Alors que l'univers du roman devient intriguant, le roman prend peu à peu des allures de thriller et surtout de traque. Les aventures de Raphaël deviennent alors pour lui une sorte de voyage initiatique dont le parcours est long et sinueux mais où la cause est noble.
Il est difficile au premier abord de savoir vers quel thème exactement l'auteur veut orienter son roman. S'agît-il d'un brûlot dénonçant une Amérique capitaliste et impitoyable ? Ou va t-on rentrer dans un thriller pur et dur où le héros doit échapper aux pires ennemis ? On est un peu dans tout ça mais surtout on apprend à connaître une population qui nous est peu familière, les hobboes ; des vagabonds totalement déconnectés de la vie en société et qui œuvrent pour accomplir ou arrêter une prophétie.

Hobboes est un roman original. Bien écrit, il se lit assez vite et ne manque pas de rebondissements. Philippe Cavalier souhaite, comme avec son personnage, nous faire prendre conscience de ce qui est réellement important dans la vie. J'ai trouvé son message très beau et touchant.

dimanche 8 novembre 2015

Les dictées loufoques du professeur Rollin

Les éditions de la Martinière ont sorti le 15 Octobre les dictées loufoques du professeur Rollin.

Présentation de l'éditeur :
François Rollin, professeur émérite ès-tout, dont l'excellence linguistique n'est plus à démontrer, nous livre le meilleur -et le plus improbable- de la langue française au travers de ses 50 dictées ébaubissantes.

Présentation de l'auteur par l'éditeur :
François Rollin, diplômé de l’ESSEC, a d’abord été journaliste au Monde, puis chroniqueur pour Fluide Glacial. Il crée son personnage du professeur Rollin pour l’émission devenue mythique, Palace, où il joue aux côtés de François Morel, Valérie Lemercier, Jacqueline Maillan et bien d’autres. Il est l'un des trois créateurs des Guignols (on lui doit notamment la « Boîte à coucous » de Johnny…). Il a formé un tandem de légende avec Edouard Baer (Le Grand Mezze) et a travaillé avec Alexandre Astier (Kaameloot, où il jouait le roi Loth). Co-auteur, metteur en scène de nombreux humoristes (Arnaud Tsamère, Guy Carlier, Jean-Jacques Vanier, Jean-Marie Bigard, Vincent Dedienne…), il a aussi joué de nombreux spectacles seul sur scène, dont le fameux Colères et récemment Le Professeur Rollin se rebiffe, à l’Européen (2015).

C'est au travers de 42 dictées exactement que le Professeur nous démontre que la langue française est souvent surprenante, parfois compliquée bien que logique et surtout très riche. Pour chacune des dictées qu'il présente dans son ouvrage, le Professeur Rollin prend le temps de nous expliquer les difficultés et les règles qui s'y appliquent. Il faut avouer que l'auteur ne manque pas d'humour dans ces interventions, je n'en attendais pas moins d'un ancien chroniqueur de Fluide Glacial !

En plus des nombreuses règles de grammaire, François Rollin  nous fait l'inventaire de certains mots compliqués à écrire et nous en donne leur définition. Les points abordés à travers toutes ces dictées sont variés. La dictée que j'ai aimé lire et relire (ainsi que le compte rendu de l'auteur à son sujet) est Coloriage, apprendre à écrire et accorder les couleurs ...

Les dictées du Professeur Rollin est le genre d'ouvrage que je garderai toujours près de moi, le genre d'ouvrage que je peux feuilleter un peu tout le temps. En plus, dès que mon fils saura écrire, je lui réserverai quelques unes de ces dictées pour perfectionner son français ... (rire sadique !).

dimanche 1 novembre 2015

Lontano

Lontano est le nouveau roman de l'auteur de polar français le plus attendu, Jean-Christophe Grangé. Le roman est sorti le 09 Septembre aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
Le père est le premier flic de France.
Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers.
La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes.
Sur fond d’intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l’espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons. Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

Grégoire Morvan règne sur sa famille comme il règne sur la police française. Barbouze depuis longtemps, il est évidemment un homme dangereux et compliqué à cerner. Mais il a connu une partie de sa gloire de premier flic de France au Zaïre en arrêtant l'Homme-Clou ; un tueur en série obsédé par la magie yombé.
Plusieurs années après cette arrestation magistrale, Morvan et ses compères sont forcés de constater, après une série de meurtres en France, que le tueur est revenu. Hasard ? Copycat ? Tout semble lier à Lontano et tout semble amener à Grégoire Morvan.

Erwan, le fils ainé, est sur l'enquête. Plus il avance plus il va découvrir un autre monde, un monde où violence et plaisir font parfois la paire; un monde sans limite. Alors que les meurtres s'accumulent et les indices sont difficiles à trouver, Erwan doit faire face à de nombreux soucis que connaît sa famille. Il jongle alors entre l'enquête et les problèmes de sa sœur Gaëlle et de son frère Loïc.
Tandis que l'une joue de son corps pour trouver un rôle d'actrice, l'autre remplit son nez de poudre blanchâtre pour jouer les caïds chez les golden boy. Ces deux-là ont un véritable soucis et les activités passées du père ainsi que son caractère n'y sont pas pour rien.

Grangé nous entraîne dans une histoire où l'intrigue est encore très bien maîtrisée. Une histoire où l'on suspecte tout le monde et personne à la fois. Une histoire complexe où tout est finalement logique et bien amené.
Les personnages d'Erwan et de Grégoire sont excellents. L'auteur des Rivières Pourpres nous offre un conflit de famille incroyable sur fond d'enquête policière terrifiante. J'ai hâte de lire la suite qui apparemment est prévue pour l'an prochain !

samedi 24 octobre 2015

Revival

Revival est le nouveau roman du maître de l'horreur Stephen King. Le roman est sorti en Octobre aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
La foudre est-elle plus puissante que Dieu ?
Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité. Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens... Et qu’il y a bien des façons de renaitre !
Addiction, fanatisme, religion, expérimentations scientifiques… un roman électrique sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir. Hommage à Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne et Lovecraft, un King d’anthologie.

Pour ce nouveau roman, l'auteur se penche cette fois-ci sur le terme de revival ; la renaissance sous toutes ses formes mais également les spectacles qui fourmillent aux Etats-Unis. Un revival c'est un show religieux à l'américaine où une personne arrive à mettre en transe l'ensemble de son auditoire ou réalise des miracles. Mais le revival en tant que show n'est pas le thème principal ici. L'auteur nous montre qu'il existe bien des façons de revenir à la vie ...

Stephen King a ce don de donner vie à ses personnages, à nous les faire aimer, puis à nous faire douter d'eux. Ce roman n'échappe pas à la règle et ce sont deux personnages aux destins étroitement liés dont nous suivons les traces au fil de leur histoire ; Jamie Morton et le révérend Charles Jacobs.
Amérique profonde. Une petite ville nommée Harlow dans le Maine voit arriver un nouvel homme d'église. Jamie Morton, alors gamin, est le premier à rencontrer le révérend Jacobs. Il lui apparaît telle une ombre qui s'étend tout autour de lui comme pour prendre possession de lui. Ils ne le savent pas encore mais cette scène aura quelque chose de fort et de très représentatif dans leur relation.

Jamie Morton est le petit dernier d'une grande fratrie. Sa famille, comme la plupart du village, est très croyante. Mais après un incident qui va changer la vie et la vision de la vie du révérend Jacobs, Jamie et sa famille vont recevoir comme une malédiction. Les mots du révérend semblent résonner en eux et ne les lâchera pas.
Jamie devient alors un jeune homme plutôt normal, il aime la musique et les filles. Il aime tellement la musique qu'il va se lancer en tant que guitariste dans plusieurs groupes. Mais le monde de la musique a ses côtés sombres. Il faut peu de temps à Jamie pour devenir accroc à la drogue.
Charles Jacobs, lui, a une passion peu commune ; l'électricité. Plus il se lance dans des recherches, plus l'électricité lui révèle ses secrets et ses pouvoirs.

Entre fanatisme religieux, addiction et coups d'électricité, le lecteur se fascine assez facilement pour cette histoire. On ne sait pas où l'auteur veut nous amener, on ne sait pas à quel moment il va nous faire frémir mais on le suit tranquillement et sûrement. Les pages défilent et l'histoire des deux personnages nous passionnent.
Il rend un bel hommage à ces mystérieux écrivains qu'étaient Poe, Lovecraft ou encore Mary Shelley. Malheureusement, pour être honnête, je n'ai pas trouvé le roman vraiment terrifiant. J'ai adoré cette aventure très humaine, la façon dont l'auteur montre les forces et les faiblesses des êtres humains. Et comme le décrivait si bien Lovecraft dans ses romans, Stephen King nous laisse entrevoir que des forces maléfiques et inhumaines nous dirigent aussi bien dans la vie que dans la mort.

dimanche 4 octobre 2015

La fille qui en savait trop

La fille qui en savait trop est un roman de Nils Barrellon paru en mars 2015 aux éditions City Editions.

Présentation de l'éditeur :
Une main de femme aux ongles vernis de rouge, tranchée net au niveau du poignet, est retrouvée dans la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris. Dans l’enclos des cochons… La victime a-t-elle été tuée ici avant d’être dévorée par les porcs ? Pour le commissaire Kuhn, ce n’est que le début d’une affaire tortueuse. Du bois de Boulogne aux salons feutrés des ambassades, des squats de camés aux bureaux survoltés du 36 quai des Orfèvres, le commissaire se débat dans un nœud de vipères. Le meurtre semble avoir un lien avec un ignoble trafic aux multiples ramifications. Pour Kuhn, il n’y a qu’une seule manière de dénouer l’affaire : découvrir ce que cette fille avait bien pu apprendre avant de finir découpée en morceaux…

La fille qui en savait trop n'est pas une revisite du film du même nom du maître Mario Bava. Bien que les deux histoires nous mènent à une femme qui devient un témoin gênant, la trame est totalement différente. Nils Barrellon nous traîne dans les rues parisiennes à la recherche de témoins d'un meurtre particulièrement horrible. Les restes d'une jeune femme ont été balancés dans un enclos aux cochons ...

Le début est très bon, on est vite pris dans l'histoire. Et on remarque assez rapidement que l'auteur a de bonnes connaissances dans le système policier français. Le rythme est soutenu du début à la fin, pas de temps mort et quelques scènes sont même très excitantes. Mais j'ai été gêné par les quelques traits d'humour de l'auteur, parfois un peu lourd à l'image de cette expression "Double effect kiss cool", et qui tendent malheureusement plus à décrédibiliser un roman qui réunit pourtant tous les ingrédients pour être un bon roman noir.

Au final, j'ai été tout de même happé par l'histoire. Nils Barrellon retranscrit à merveille la violence et l'horreur de la prostitution à grande échelle. Son personnage de Nils Kuhn est attachant malgré son humour. Belle découverte, je ne manquerai pas de lire son premier roman : Le Jeu de l'Assassin.