dimanche 25 septembre 2011

Désolations

Désolations est le second roman de David Vann, déjà auteur du superbe et célèbre Sukkwan Island.

Présentation de l'éditeur :
Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible.
Après Sukkwan Island, couronné par le Prix Médicis 2010, le second roman de David Vann est une œuvre magistrale sur l’amour et la solitude. Désolations confirme le talent infini de son auteur à explorer les faiblesses et les vérités de l’âme humaine. 


David Vann revient et on l'attendait impatiemment. Impatient de savoir comment l'auteur, devenu une véritable célébrité et référence littéraire le coup d'un roman, pouvait nous surprendre cette fois-ci. La quatrième de couverture annonce encore la présence d'une île inaccessible et les problèmes familiaux qui en découlent ou bien l'inverse. Alors l'auteur nous fait-il un remake de son premier best-seller ou arrive t-il à s'en sortir et à nous bluffer une nouvelle fois ?

Elle s'y laissa couler, ferma les yeux et se surprit à pleurer prudemment, sans un bruit, la bouche sous l'eau.

Désolations, ce sont des personnages qui se fondent dans le décor, ou bien est-ce plutôt l'inverse. Le décor est désormais devenu le personnage récurrent des romans de David Vann. Il est l'annonciateur du désordre moral dans le cercle (dés)uni des différents protagonistes. C'est à nouveau des problèmes familiaux qui sont au centre de l'intrigue mais, cette fois-ci, nous sommes bel et bien sur la terre ferme. Une terre féroce et glacée qui est à la fois le paysage rêvé de tous et l'un des pièges les plus cruels de la nature.

Était-ce trop demander ? D'être une famille pendant une heure, à peine ?

Des liens familiaux, des relations de couple, parfois ambiguës, quoique, bien trop souvent ambiguës. David Vann élargit son approche des relations humaines. Il oublie le temps d'un instant le huis clos pour enrichir les rapports entre les personnages. Les doutes se multiplient pour développer au fur et à mesure une atmosphère de plus en plus électrique et stressante. La folie gagne peu à peu ces personnages qui semblent vivre dans leur propre huis clos fermé de l'extérieur du monde.

Un lieu d'insouciance, un jour dont elle avait rêvé tout sa vie, le commencement, enfin.

De la même manière qu'un Lady Vengeance, l'auteur prend le temps de raconter une histoire, celle d'une famille et de la vie de couple de chacun d'entre eux, tout en amenant avec beaucoup d'intelligence vers une fin que l'on sait dès le départ catastrophique. Nouveau coup d'essai de David Vann et nouveau best seller en devenir. J'ai été notamment touché par la manière qu'a l'auteur de traiter les rapports entre les personnages. Malgré une fin attendue, comme s'il n'existait aucun échappatoire, celle-ci ne manque pas de piment ... et de tranchant.

1 commentaire:

Ecrire un roman a dit…

J'aime votre franchise. Vous dites : "Désolations, ce sont des personnages qui se fondent dans le décor, ou bien est-ce plutôt l'inverse. Le décor est désormais devenu le personnage récurrent des romans de David Vann. "

Écrire un roman demande de rêver et de laisser son imaginaire prendre le contrôle de sa plume. Est-ce le cas ici ?