dimanche 30 septembre 2018

La flore et l'aphone

Kyklos est toujours là, debout, après dix belles années et quelques mois de pause. Kyklos m'a fait découvrir de nombreuses pépites, j'ai pris une bonne quantité de baffes avec ses ovni littéraires. C'est bien simple, pour moi, Kyklos est synonyme de qualité et une partie de ses œuvres orne au centre de la plus belle de mes bibliothèques entourée d'ouvrages qui me sont chers.



Parlons maintenant du nouveau roman de Guillaume Gonzales, déjà auteur de deux autres romans chez Kyklos. Le roman est sorti très récemment, mi août de cette année.

Présentation de l'éditeur :
Un étudiant lambda : colocation, amourettes, malbouffe et furtives incursions en amphi. Entre deux cessions de Ligue des champions avec les potes et le suivi de l'actualité comics, sans doute concédera-t-il envisager, dans le meilleur des cas, un avenir quelque part en thèse.
En attendant l'hypothétique voie royale, les ambitions du dilettante s'orienteront essentiellement sur l'inventaire des activités nocturnes et l'alimentation de la pompe à bière.
Quel événement justifierait qu'il renonce au farniente perpétuel, avec l'indolence érigée en art de vivre ?
Pas moins qu'un enlèvement !
Au bout du compte, il se pourrait bien qu'il trouve son rôle dans un monde qu'il n'avait jusqu'alors abordé qu'en spectateur.
Et lorsque ce monde, en proie à ses incohérences, se disloquera sous ses yeux, l'étudiant lambda ne se cantonnera plus à regarder...
Déconseillé aux électro-hypersensibles !

La première chose qui me vient à l'esprit après avoir terminé le roman c'est que Guillaume Gonzales a le sens de l'humour et s'amuse à maltraiter ses pauvres personnages !
Du fait qu'il soit électro-hypersensible (sensible aux ondes en quelque sorte), il va vivre des aventures remuantes et parfois un peu sanglantes ... d'un point de vue nasal évidemment. Notre étudiant aux soirées pizza-foot se voit ouvrir (enfin) les yeux et s'aperçoit que la société dans laquelle il vît commence à sérieusement péter les plombs.

Il lui aura donc fallu un enlèvement et quelques jeux de mots pour sortir de sa vie estudiantine et rentrer dans la cour des grands. Celui qu'on ne connaît que par ses surnoms découvre un monde qui change, une société qui se durcit et des groupuscules de révolutionnaires se créer.
C'est emporté par la belle plume de l'auteur que nous suivons la destinée qui semble inévitable de celui qui se fera appelé Pâris. Pâris, comme le personnage mythologique qui, comme lui, porte sur lui la malédiction de la perte de leur cité.

Malgré quelques situations plutôt cocasses, le roman est réaliste, presque inquiétant sur notre avenir proche. L'auteur nous met également en garde contre les médias et la surinformation façon BFM qui peuvent orienter nos choix et notre façon de voir les choses ...
Le retour de Kyklos est une totale réussite avec ce titre. Guillaume Gonzales signe là un très bon roman.

Si vous aimez vous-aussi ou si vous voulez essayer le catalogue Kyklos, les frais de port sont offerts sur leur site : http://www.kykloseditions.com

vendredi 13 avril 2018

Sanglots la nuit

Sanglots la nuit est un roman d'Olivier Gérard et la suite du très très bon Te retourne pas Handala ! Ce roman est paru en octobre 2017 aux éditions 2A.

Présentation de l'éditeur :
Dans le quartier chaud du Vieux Perpignan, Abram dirige un refuge d'accueil pour paumés et toxicomanes repentis. Abram vit en paix – en apparence – avec une compagne et une petite fille. Une nuit, dans un taudis, il heurte un corps : Asso, proscrit, accusé d'être le cerveau d'un attentat en Palestine, enfui de la colonie juive où il vivait avec sa femme et son fils. Une fascination attire les deux étrangers l'un vers l'autre. 
La rencontre ne dure que le temps d'un éclair. La vie les arrache à l'enchantement. Asso repart vers Israël et la Palestine pour retrouver sa femme et son fils, Abram retourne à son local, à sa compagne et sa fille. Se retrouveront-ils un jour ? Le monde les sépare.

Même si vous n'êtes pas obligés de lire le roman précédent pour suivre le fil de l'histoire, je vous conseille vivement de le faire tant les personnages sont agréables à découvrir et tant les souvenirs de lecture de Te retourne pas Handala me hantent encore.

Avec cette suite, l'auteur change de décor et nous plonge au cœur de Perpignan. Un peu de soleil en ces temps de pluie ne fait pas de mal ! Le lecteur, s'il le connaît, retrouve Asso, caché, accusé d'être un terroriste. Dans le premier tome, on découvrait un Asso qui se sentait perdu, pas à sa place. Dans ce second roman, c'est lui qui va déclencher cette même sensation envers Abram. Les deux hommes vont vivre une aventure qu'ils ne pensaient jamais connaître et qui va leur donner une nouvelle direction à suivre dans leur vie.

Abram vît avec Marthe et Manassa, une petite fille de sept ans. La main sur le cœur, il aide chaque personne pénétrant dans le refuge d'accueil pour lequel il travaille. C'est là qu'il fait de belles rencontres dont celle avec Asso. Tandis que ce dernier tente de survivre afin de retrouver son fils et sa femme, Abram, lui, se découvre un peu plus chaque jour et s'aperçoit petit à petit qu'il ne partage pas la même vision du futur que Marthe.
Après nous avoir confortablement promené dans les rues du vieux Perpignan, l'auteur nous entraîne ensuite dans une aventure qui s'accélère dans laquelle les décisions doivent se prendre rapidement et dans laquelle le danger grandit. Les deux protagonistes prennent des risques chacun de leur côté en sachant ce qu'ils peuvent perdre ... mais ils savent également ce qu'il y a à gagner au bout du chemin.

Olivier Gérard signe encore un très bon roman aux personnages attachants et courageux. Le conflit est toujours au cœur de l'histoire mais il s'agit finalement d'un conflit plus profond, plus personnel dont il ne revient qu'à soi d'en trouver la solution.

mercredi 14 février 2018

Le violon d'Auschwitz

Le violon d'Auschwitz est un roman de Maria Angels Anglada publié en France en juin 2009 aux éditions Stock.

Présentation de l'éditeur :
Auschwitz, 1944. Les privations et les coups. Les humiliations s’enchaînent, les hommes sont traités comme des chiens, déshumanisés, ils n’existent aux yeux de leurs persécuteurs que comme des numéros échangeables, de la main-d’œuvre peu chère. Un prisonnier juif, Daniel, y lutte pour la survie de son âme. Surprenant un concert organisé par Sauckel, le commandant du camp passionné de musique classique, Daniel révèle son talent de luthier pour sauver son ami Bronislaw, violoniste de génie. Il va alors être mis à l’épreuve et devoir construire un violon imitant le son d’un Stradivarius. Tentant d’oublier pour quelques instants la faim, le froid, l’horreur, Daniel comprend vite que de la construction de ce violon dépendent leurs vies. Tragique ironie du sort, il va ainsi éviter les expériences de Rasher, le médecin machiavélique.
Mêlant subtilement réalité historique et fiction, les chapitres s’ouvrent sur des documents : lettres, rapports qui viennent interrompre le récit à la manière d’une pause – glaçante. Petite et grande Histoire s’entremêlent et se fondent dans une danse fatale et poétique, entre la cruauté et la dignité, deux partenaires aussi rivaux qu’inséparables, pourtant inhérents à la nature humaine.
À la manière d’une partition musicale, tout vibre et sonne dans le texte, avec des crescendos que constituent les silences, silences irréels qui laissent le lecteur paralysé et sans voix.
Dans la tradition littéraire d’un Primo Levi, Maria Àngels Anglada offre ici une belle résistance à l’horreur en lui imposant l’amour de la musique. L’art comme possibilité de faire vivre la mémoire.

Il est difficile de l'avouer tant le résumé et le sujet du roman m'excitaient mais j'ai été légèrement déçu au fur et à mesure que le roman avançait. En effet, le lecteur ne sait pas trop où l'auteur veut l'amener ni quel est le but recherché par cette aventure. Dramatique et touchante aventure tout de même où se mêlent l'horreur des camps de concentration et l'amour de la musique.
Nous subissons à tour de rôle l'horreur de ce qui est l'une des plus grosses hontes de l'humanité, le camp de concentration, et l'amour retrouvé d'un luthier juif enfermé qui retrouve son métier et côtoie à nouveau le bois et ses divers instruments qu'il affectionne tant.

Malheureusement, plus les pages défilaient plus je décrochais. Est-ce mon environnement qui m'empêchait de pénétrer entièrement dans l'histoire ou est-ce le rythme parfois un peu lent qui, finalement, m’assommait ?
Je retiendrai tout de même certains passages très forts et une écriture très riche. De plus, l'auteur catalane affiche quelques documents réels qui viennent renforcer la monstruosité de cette seconde guerre mondiale.

Ce vain combat que tu livres au monde

Ce vain combat que tu livres au monde est un roman de Fouad Laroui publié en août 2016 aux éditions Julliard.

Présentation de l'éditeur :
Assis à la terrasse d’un café parisien, Ali et Malika bavardent paisiblement. À les voir ainsi, jeunes et amoureux, un avenir radieux devant eux, qui pourrait croire que leur existence va bientôt basculer dans l’enfer ?
Ce vain combat que tu livres au monde met en scène quatre personnages aux prises avec l’Histoire. La dérive mortelle d’un jeune Franco-Marocain de Paris à Raqqa, les réactions de son entourage, le dilemme qu’affronte sa compagne et, en arrière-plan, les événements tragiques qui ont récemment secoué l’Europe constituent la trame du récit. Fustigeant tous les fondamentalismes, mais ouvert aux points de vue les plus divers, l’auteur nous livre avec ce roman humaniste et engagé un regard indispensable sur notre temps.

Je ne suis plus très actif sur mon blog, c'est de pire en pire ... il va falloir que je me décide soit d'arrêter soit de reprendre plus sérieusement. Mais aujourd'hui, je tenais à partager cette fabuleuse lecture de Fouad Laroui, auteur marocain de langue française que j'apprécie tout particulièrement.

L'auteur du superbe Une année chez les français s'attaque au sujet difficile de la radicalisation islamiste. Sujet très tendance malheureusement ces dernières années.
Fouad Laroui tente de comprendre comment, dans son roman, un informaticien qui semble plutôt bon dans son domaine arrive à se radicaliser alors qu'il ne rêvait que de décrocher des contrats importants pour son entreprise de services du numérique. Comment Ali, qui vient de s'installer avec Malika, voit sa vie chamboulée aussi rapidement ?
L'auteur nous explique que la perte de son contrat, alors qu'il avait été le principal artisan de l'offre qui avait été soumise, a été le déclic. Plus particulièrement lorsqu'il apprend qu'il est écarté du projet à cause de ses origines ... S'en suivent de longues journées le regard dans le vide et des mauvaises rencontres avec son cousin.

La radicalisation commence et se fait tout particulièrement ressentir dans le couple alors que Malika est une jeune française d'origine marocaine et n'est pas particulièrement attachée à ses racines. De plus, elle côtoie Claire qui aime faire la fête et boire quelques verres d'alcool pour rire des heures entières avec elle. Ce n'est pas du goût de Brahim le cousin, et ça ne l'est plus non plus de celui d'Ali.

Fouad Laroui voit juste en nous offrant plusieurs visions du monde contemporain, par le biais de ses quatre personnages, et nous conte sur quelques chapitres des pans importants de l'histoire du monde arabe dans lequel il explique notamment la création de Daesh et la haine du monde capitaliste voire même impérialiste.
Ce vain combat que tu livres au monde est un excellent roman, un drame des temps modernes qui a été créé par les nombreux bouleversements géopolitiques du 20ème siècle.

samedi 9 décembre 2017

La reine du bal

La reine du bal est le nouveau roman de Mary Higgins Clark coécrit avec Alafaire Burke et publié aux éditions Albin Michel depuis le 15 novembre 2017.

Présentation de l'éditeur :
Ce soir-là, elle était la reine du bal... pour la dernière fois : la riche et mondaine Virginia Wakeling a été tuée lors du gala du Metropolitan Museum dont elle était l'une des plus généreuses donatrices, vraisemblablement précipitée du toit. Par qui  ? L'affaire n'a jamais été élucidée. 
Trois ans plus tard, Laurie Moran, l'enquêtrice phare de l'émission Suspicion, s'empare du cold case. Elle découvre vite que Virginia était une femme très courtisée : un petit ami nettement plus jeune qu'elle, désigné à l'époque comme le principal suspect, mais également nombreuses de personnalités en vue - collectionneurs, promoteurs immobiliers, entrepreneurs... - avaient noué avec elle d'étroites relations.
Tous étaient présents lors de la célèbre soirée caritative. Mais qui aurait eu intérêt à se débarrasser de Virginia  ?

Après Le Piège de la Belle au bois dormant, la nouvelle enquête à haut risque de Laurie Moran, aux prises avec l'univers à la fois frivole et impitoyable de la jet-set new-yorkaise.

Après L'affaire Cendrillon, que j'avais lu il y a quelques temps, et Le Piège de la Belle au bois dormant, le duo d'écrivains revient pour une nouvelle enquête avec, comme enquêtrice, Laurie Moran qui tient une émission de télévision couvrant les investigations policières non résolues.

Le cas de Virginia est intriguant. Veuve riche, elle attire les convoitises et les jalousies par centaines. Lors d'un gala donné au Metropolitan Museum, cette femme tombe du toit et est retrouvée morte quelques mètres plus bas. Qui l'a tué et pour quel motif ? Nombreuses sont les personnes que l'on peut suspecter. Son nouveau petit ami plus jeune ? Ses enfants ? Un membre de la famille ou encore un employé ?
Laurie Moran se casse les dents avec son équipe de choc pour connaître la vérité quitte à dépasser légèrement les limites de la loi pour avoir des aveux. Son émission et ses caméras aident à dénouer les langues. Mais attention au danger, une telle enquête n'est pas sans risque comme peut lui rappeler son père anciennement policier.

On entre assez vite dans l'histoire et les personnages sont plus ou moins attachants. L'enquête nous envoie sur différentes pistes mais on devine assez rapidement qui peut être l'assassin. Ne reste plus qu'à trouver le mobile, pas si compliqué que cela, et à savoir, à la façon d'une partie de cluedo, comment s'est déroulé le meurtre. J'avais préféré L'affaire Cendrillon mais ce roman n'en reste pas moins efficace niveau suspense !

samedi 28 octobre 2017

Manuel d'exil

Manuel d'exil - comment réussir son exil en trente-cinq leçons - est un ouvrage autobiographique de l'auteur bosnien Velibor Colic. L'ouvrage a été édité par Gallimard en mai 2016.

Présentation de l'éditeur :
«Fraîchement restauré, le foyer de demandeurs d’asile à Rennes me fait penser à mon lycée. Une grande porte vitrée, d’interminables couloirs, sauf qu’ici au lieu des salles de classe on a des chambres pour les réfugiés. Dans le hall central il y a une carte du monde avec les petits drapeaux du pays des résidents. La misère du monde s’est donné rendez-vous à Rennes en cette fin d’été 1992. 
Je suis accueilli par une dame aux énormes lunettes. Elle parle doucement en me regardant droit dans les yeux. Je saisis que je vais avoir une chambre simple, pour célibataire, que la salle de bains et la cuisine sont communes et que j’ai droit à un cours de français pour adultes analphabètes trois jours par semaine. 
Je suis un peu vexé : 
– I have BAC plus five, I am a writer, novelist… 
– Aucune importance mon petit, répond la dame. Ici tu commences une nouvelle vie…» 
Après avoir déserté l’armée bosniaque, le narrateur se retrouve sans argent ni amis, ne parlant pas le français, dans un foyer pour réfugiés. Dans une langue poétique, pleine de fantaisie et d'humour, Velibor Čolić aborde un sujet d’une grande actualité et décrit sans apitoiement la condition des réfugiés, avec une ironie féroce et tendre.

C'est avec beaucoup d'humour et une plume très agréable pour l’œil de son lecteur que l'auteur a écrit son nouvel ouvrage ; une oeuvre autobiographique d'un homme qui a fuit les guerres de Yougoslavie alors qu'il était un soldat espérant ne jamais toucher l'ennemi de son armée. C'est en France qu'il réussit à se réfugier après avoir déserté, s'être fait prisonnier et, finalement, s'être s'échapper.

L'auteur raconte comment il a vécu ses premières années en France, loin de son pays, de sa famille et de sa langue. Ne parlant pas le français, mais amoureux des plus grands poètes français, il va chercher à tout prix à apprendre notre langue. Mais les cours donnés pour les réfugiés ne sont pas vraiment ce qu'il attendait ... cela donne d'ailleurs quelques sketchs bien drôles. Et l'humour, l'auteur n'en manque pas. Même lorsqu'il semble dépressif, au bout du rouleau, ne pouvant s'accrocher à rien d'autre qu'une bouteille d'alcool, il temporise ses mots.

J'ai beaucoup aimé ce témoignage. C'est très intéressant, très intriguant aussi car on se demande comment l'auteur va s'en sortir, comme les milliers d'autres réfugiés d'ailleurs ... Le pouvoir de la plume a encore une fois été plus forte que le fusil.
Cette autobiographie était indispensable pour compléter l'ensemble de sa biographie. Elle vient apporter des preuves et confirmer que ses précédents romans ne sont pas si fictifs que cela peut en avoir l'air. Ravi d'avoir encore lu Velibor Colic et j'espère continuer à le lire pendant des années encore !

vendredi 20 octobre 2017

Consumés

Consumés est un roman de l'excellent cinéaste David Cronenberg publié aux éditions Gallimard en Janvier 2016.

Présentation de l'éditeur :
Naomi Seberg et Nathan Math œuvrent avec succès dans le photojournalisme à sensation de l’ère des nouveaux médias. À la fois amants et concurrents professionnels, ils arpentent le globe séparément, ne se croisent que dans des hôtels d’aéroports ou n’ont de rapports que par Internet, et sont toujours à la recherche d’histoires spectaculaires – si possible sordides. 
Celle de Célestine et Aristide Arosteguy, anciens professeurs de philosophie à la Sorbonne et couple libertin, a tout pour attirer Naomi. Célestine a en effet été retrouvée morte, mutilée, dans son appartement parisien. La police suspecte son mari, qui a disparu, de l’avoir assassinée et d’avoir mangé des parties de son corps. Avec l’aide d’Hervé Blomqvist, un étudiant singulier, elle se lance sur les traces d’Aristide, qui la mènent jusqu’à Tokyo. 
De son côté, Nathan se trouve à Budapest pour photographier le travail d’un chirurgien controversé, Zoltán Molnár, qui a été recherché par Interpol pour trafic d’organes et pratique désormais des interventions illégales. En couchant avec l’une des patientes de Molnár, Nathan contracte l’étrange «maladie de Roiphe», que l’on croyait disparue. Il s’envole alors pour Toronto, bien décidé à rencontrer le médecin qui a identifié ce mystérieux syndrome… 
Ces histoires parallèles finissent par se croiser dans une intrigue hallucinée mêlant la technologie et le corps, l’impression 3D et la philosophie, le festival de Cannes et le cannibalisme, la mort et le sexe sous toutes ses formes (fétichisme, voyeurisme, échangisme…).

Lorsque à la bibliothèque de ma petite ville mes yeux se sont tournés vers ce roman et ont lu le nom de David Cronenberg, je me suis immédiatement jeté sur l'ouvrage pour le rapporter chez moi, fier d'avoir trouvé un livre qui, je pensais, aller enflammer mon imagination.
Le réalisateur talentueux de Crash, Vidéodrome, eXistenZ, ou encore Chromosome 3, Le festin nu, Spider (coup de cœur) et autres History of violence a sorti ses tripes une nouvelle fois et les a collé sur les quelques centaines de pages de son roman.

Oui, Cronenberg a fait du Cronenberg. Il parle de déviance sous différentes formes avec beaucoup de facilité et sans complexe. Il dissèque à nouveau le corps humain pour en faire des morceaux de plaisir et rendre cela philosophique voire même poétique parfois.
Le roman est à la fois beau et dérangeant. On apprécie assez rapidement les personnages, on appréhende beaucoup pour eux, Naomi et Nathan, tant on se demande dans quel guet-apens ils se sont jetés. Chacun des deux journalistes va rencontrer un personnage totalement flippant entouré de mystères. Ils vont se prêter au jeu et rentrer dans leur intimité pour y voir plus clair, tenter de comprendre, par exemple, comment le cannibalisme peut se mêler à l'amour, la passion.

Mais les phrases deviennent de plus en plus lourdes et l'action ne décolle jamais. Le suspense n'est pas vraiment le principal moteur. Pourtant, lors de la première moitié du roman, on accroche facilement, on lui fait confiance pour nous en mettre plein la vue, nous choquer, nous atteindre au plus profond de nous.
Mais non, la seconde moitié n'a pas pris chez moi et c'est bien dommage car tout annonçait une grande lecture. Je n'ai pas réussi à rester accrocher à l'histoire et à ses personnages. Je me suis finalement ennuyé ... Allez, je vais me rattraper en me regardant Les promesses de l'ombre.