mercredi 4 juin 2008

Modus Operandi

Modus operandi est le premier roman de Marin Ledun. Il a d'ailleurs été élu Plume 2007 du premier roman.

Présentation de l'éditeur :
Cette ville pue la mort, marmonne l’inspecteur Éric Darrieux, adossé
à la portière de sa vieille Peugeot.
Tu m’entends, Grenoble ?
La mort par tous tes trous !
Plus de quarante ans que je roule
pour toi. Quarante ans que j’use
mes semelles dans tes rues
et tes escaliers en or gris.
Et que m’as-tu donné en échange ?
M.L.

Marginal opiniâtre et alcoolique invétéré, Éric Darrieux enquête
sur des disparitions d’enfants à Grenoble. Témoins fuyants, preuves confuses… À travers les brouillards de l’alcool, il poursuit un passé tourmenté dans les méandres de la mémoire urbaine.

Eric Darrieux est un inspecteur de police un peu (beaucoup) porté sur la bouteille. Il est revenu sur Grenoble pour enquêter sur l'étrange disparition de trois adolescents. Il aurait pu s'agir d'une fugue mais chaque enfant a disparu à très peu de jours d'intervalle. De plus, un gamin affirme avoir vu traîner près de l'école un homme mystérieux, dégarni et portant un manteau beige. Eric penche pour la thèse de l'enlèvement. Surtout que le quartier a déjà connu une histoire de pédophilie il y a plusieurs années de cela.

Lors de cette enquête, Eric va devoir se battre, dans tous les sens du terme, contre les habitants du quartier, certains flics apparemment ripoux mais surtout contre ses vieux démons qui refont surface. Heureusement, Catherine est là pour l'aider. Elle est médecin légiste et lui donne quotidiennement une dose de morphine afin de calmer une douleur au dos. D'autres personnages vont apparaître lors de l'enquête : le professeur d'anglais des enfants qui donnait des cours particuliers à chacun d'entre eux, Grégory Thiel qui est le propriétaire des caves où se déroulent d'illégales transactions et certains agents de police cachant leur jeu.

La narration est originale. Tantôt victime, tantôt psychopathe et le plus souvent spectateur des actes d'Eric, le lecteur se voit décrire la situation de différents points de vue. Et lorsque ces récits se recoupent, on se rend compte que l'écrivain nous a mené en bateau depuis le début. Que cache la disparition de ces trois enfants ? Qui est le véritable coupable ? Et qui croire ? Marin Ledun signe là un très bon premier roman.

Note : 16/20

1 commentaire:

Fabien a dit…

un très très gros coup de coeur.
Souvent, au cours de la letcure, je me suis demandé où on allait. On a du mal à comprendre où se situe excactement la frontière entre réalité et délire éthylique. La ligne est floue, et ne cesse d'être mordue, dépassée. Eric Darrieux est un personnage à part comme on en lit peu, et c'est dommage. Un personnage vivant dans l'illusion de son métier et dans l'envie. Un personnage qu'on a du mal à cerner. Ça donne une histoire floue et alcoolisée. Je veux dire que l'histoire avance en zigzag sans qu'on comprenne où on va. mais on sait qu'on va quelque part. Et effectivement, on y va et on y arrive. Et cela qu'aux dernières lignes.

Marin Ledun a réussi un superbe premier roman!!!