vendredi 12 mars 2010

La ville insoumise

La ville insoumise est un roman de Jon Fasman. Sa sortie est prévue courant mars aux éditions du Seuil. Merci donc à Suzanne de chez-les-filles.com de m'en avoir fait profiter.

Présentation de l'éditeur :

A trente-quatre ans, Jim Vilatzer considère que sa vie s’enlise dans la médiocrité. Employé dans le delicatessen que ses parents, enfants d’immigrés russes, ont ouvert dans une banlieue de Chicago, échaudé par un échec sentimental, pris à la gorge par des créanciers, il suffoque et rêve d’un changement de décor. Lorsque l’opportunité lui est offerte de partir en Russie, il la saisit sur le champ. C’est ainsi que le jeune Américain s’installe à Moscou, où il est embauché par la Fondation de la mémoire pour recueillir des témoignages. Peu à peu, il se familiarise avec une ville inhospitalière qui ne ménage pas ses habitants, loin de se douter qu’en tombant amoureux de la belle Kaisa et en rencontrant d’anciens prisonniers, il sera mêlé à un complot d’envergure planétaire, au grand dam du gouvernement russe et de la CIA.
Ce thriller mené tambour battant est avant tout une déclaration d’amour à une ville chargée d’émotions et d’histoire ainsi qu’une réflexion tout en finesse sur le déracinement et l’identité familiale.

La ville insoumise est la parfaite définition d'un Moscou à l'identité forte, une ville où les occidentaux paraissent paranoïaques et où les russes ne manquent pas de faire valoir leur autorité. Ce qui ressort principalement de cette lecture est tout d'abord une tension qui ne fait que s'accroître, et, ensuite, une description peu commune de la Matouchka Moskva (Moscou). On ressent l'amour de l'auteur pour cette ville. Ses descriptions nous permettent de découvrir un Moscou comme on ne l'a jamais vu/lu, plus en profondeur et pas d'un point de vue touristique.
Tout au long du récit, l'auteur utilise efficacement un rythme constant ; jamais trop lent, jamais trop rapide. Rythme efficace qui lui permet de poser son personnage, Jim, dans Moscou et de lui en faire voir de toutes les couleurs ...

A l'école, on me traitait de communiste ; ici, en Russie, je suis Yevrei, nie Ruski.

Le principal intérêt du roman n'est pas le côté thriller ou espionnage mais bel et bien le thème de l'identité. Jim est un homme perdu entre deux identités ; russe et américaine. Jamais considéré comme un frère par l'une ou l'autre de ces patries, Jim est un homme perturbé à la recherche de stabilité. C'est ce trouble naissant qui va l'amener à s'aventurer sur la route de la malchance, là où se cachent de nombreuses crapules qui n'hésiteront pas à profiter de lui.
Célibataire, sans famille sur place, très peu d'amis et étranger, toutes ces caractéristiques font de Jim une proie parfaite. Tantôt pigeon dans des magouilles, tantôt espion malgré lui, il va faire de nombreuses  et enrichissantes rencontres dans des circonstances parfois périlleuses.

La brutalité de Moscou - sa morosité ambiante, son immensité, sa violence - le laissait encore pantois, et l'après-midi s'était éternisé dans cette stupeur oppressante qui frappe quiconque s'isole dans une ville inconnue.

Finalement, La ville insoumise est une sorte de roman d'espionnage manquant peut-être un peu d'action ou de piment pour captiver entièrement son lecteur. Mais malgré quelques légers défauts, ce roman est tout de même une belle découverte qui pose des questions intéressantes et j'espère qu'il ne passera pas inaperçu à côté de certaines grosses sorties écrasantes et autres pompes à fric souvent un peu fade.

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13 commentaires:

Allie a dit…

La couverture est alléchante, le sujet aussi. Moscou m'intéresse beaucoup. Il va aller rejoindre ma liste de romans à découvrir!

saxaoul a dit…

Je n'ai pas du tout aimé. J'ai même abandonné me lecture... Je trouve effectivement que ça manque d'action, au moins dans les 200 premières pages.

Yv a dit…

Un peu mou, mais pas inintéressant.

MiKa ... a dit…

Oui c'est tout le problème, trop mou, c'est vraiment dommage.

Michel a dit…

Contrairement à toi je n'ai pas été assez loin pour que la molle intrigue débute
mais que ce Jim est un personnage sans couleur, sans sentiment

Catherine a dit…

Je suis contente que tu l'aies apprécié quand même, je me sentais seule, j'avais l'impression d'être la seule à aimer ce roman...

Au fait, le défi 'Littérature policière sur les 5 continents' continue en 2010 donc si tu veux participer encore ?

Mickael a dit…

Bonjour Catherine,
J'ai bien reçu ton mail concernant le défi des 5 continents. Je pense que je vais y participer mais j'ai un autre (long) défi en cours.
Concernant la ville insoumise, je vois que de nombreuses personnes n'ont pas aimé. Pourtant il y a une ambiance plutôt étrange, mystérieuse, dans ce roman qui est attirante. Mais l'intrigue n'est pas des plus intéressantes et je comprends que le personnage puisse déplaire (apparemment c'est le cas pour Michel).
D'autres personnes de Polars Pourpres le lisent actuellement, je verrai bien si nous sommes les seuls à l'avoir apprécier ...
A bientôt

keisha a dit…

Ce livre m'a procuré un plaisant moment de lecture (une fois que je n'ai plus cherché à comprendre les intrigues chez les russes...) et je viens voir les avis des autres...

MiKa ... a dit…

Tu as dû voir un peu partout que les avis étaient très partagés.
Très intéressant de lire autant d'avis différents !

craklou a dit…

Avis très partagés chez tout le monde ; je rejoins ton point de vue : c'est un roman très intéressant dès lors qu'on ne s'attend pas à un vrai thriller et à l'énigme du siècle!

MiKa ... a dit…

Le problème, je pense, avec ce roman c'est qu'il est vendu en tant que thriller. C'est un genre qui vend donc on associe un peu tout et n'importe quoi au thriller. Et du coup on s'attend à de l'action, du suspense ...
Mais à mes yeux de jeune lecteur peu expérimenté, ce roman n'est pas vraiment un thriller.

Sympa ton blog !!

liliba a dit…

Bonne lecture pour moi aussi, j'ai trouvé l'intrigue un peu légère, mais tout ce qui concerne la ville et ses habitants passionnant.

MiKa ... a dit…

Les avis que je lis à droite et à gauche sur le net sont tous d'accord sur le fait que l'intrigue est plutôt légère. Mais certains n'ont apparemment même pas été captivés par la description de la ville. Ceux-là ont dû passé un mauvais moment parce qu'à part ça ... il n'y a pas grand chose d''intéressant' dans le roman.
Au plaisir.