vendredi 19 février 2016

Journal d'un vampire en pyjama

Journal d'un vampire en pyjama est le nouveau roman de Mathias Malzieu publié aux éditions Albin Michel en Janvier 2016.

Présentation de l'éditeur :
« Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

Journal d'un vampire en pyjama est un ouvrage autobiographique dans lequel l'auteur nous ouvre la porte de sa vie privée et surtout de la maladie qu'il a dû courageusement vaincre. En effet, le chanteur du groupe Dionysos s'est rendu compte un peu tardivement qu'il n'était plus en forme et que le moindre effort lui coûtait beaucoup d'énergie. A force de mettre cela sur le dos de la suractivité produite pour sortir son film (Jack et la mécanique du cœur), il n'a pas vu le pire arriver.

Et le pire est donc arrivé avec un verdict sanglant : aplasie médullaire ou manque de protection immunitaire produite par la moelle osseuse. Autant dire qu'il faut agir vite et très vite car son cas est critique. Les allers-retours à l'hôpital se multiplient et les mauvaises annonces s’enchaînent au point qu'on se demande comment il arrive à tenir encore debout.
Entre anecdotes et confidences, Mathias Malzieu nous livre du plus profond de son cœur toute sa douleur, ses peurs et ses angoisses. Son texte est très intime et nous donne l'impression de vivre, ou subir, cette éprouvante épreuve avec lui, sa compagne et sa famille.

Heureusement il ne manque pas d'humour et mêle vie personnelle avec son univers tant particulier représenté par sa Dame Oclès qui se nourrit quotidiennement de son malheur. Journal d'un vampire en pyjama est un ouvrage fort et une lutte acharnée contre une terrible maladie. C'est également un bon moment de lecture qui ne laisse pas indifférent.

samedi 6 février 2016

Les salauds devront payer

Les salauds devront payer est le nouveau roman d'Emmanuel Grand paru aux éditions Liana Levi le 7 Janvier 2016.

Présentation de l'éditeur :
Wollaing. Une petite ville du Nord minée par le chômage. Ici, les gamins rêvent de devenir joueurs de foot ou stars de la chanson. Leurs parents ont vu les usines se transformer en friches et, en dehors des petits boulots et du trafic de drogue, l’unique moyen de boucler les fins de mois est de frapper à la porte de prêteurs véreux. À des taux qui tuent... Aussi, quand la jeune Pauline est retrouvée assassinée dans un terrain vague, tout accuse ces usuriers modernes et leurs méthodes musclées. Mais derrière ce meurtre, le commandant de police Erik Buchmeyer distingue d’autres rancœurs. D’autres salauds. Et Buch sait d’expérience qu’il faut parfois écouter la petite idée tordue qui vous taraude, la suivre jusque dans les méandres obscurs des non-dits et du passé. Tantôt roman social trouble, tantôt thriller haletant, Les Salauds devront payer est une machiavélique histoire de vengeance. Emmanuel Grand y confirme son habileté à camper des personnages forts et à échafauder des scénarios diablement efficaces.

L'auteur de l'excellent Terminus Belz revient avec un nouveau roman policier et il était très attendu tant son premier roman était bon. Les salauds devront payer est un polar noir et musclé dans un décor de misère sociale puisque son histoire se situe dans le nord de la France, un lieu où le chômage est incroyablement élevé, notamment suite à la fermeture de leurs usines.

La drogue associée à la mafia ou à un gang, ça ne fait jamais bon ménage dans une petite ville. Les dérapages arrivent trop facilement. Et justement la jeune Pauline est retrouvée morte après avoir contracté un prêt important via un site Internet. Mais qui se cache derrière ce site web ? Est-ce si facile de demander un prêt ? Et surtout, qu'arrive t-il si l'on décide de ne pas rembourser ... ?
Les policiers ont affaire à une enquête qui s'avère tendue et compliquée. Attention, à ne pas croire toutes les rumeurs ...

Autant le dire tout de suite, Les salauds devront payer est très bon. Le roman est ingénieux et on ne s'ennuie jamais. On retrouve d'excellents personnages et l'auteur nous entraîne dans une sorte de ville far-west à la française où les fusils et autres revolvers sont de sortie. Une adaptation au cinéma serait sûrement excellente !

samedi 23 janvier 2016

Jack L'éventreur démasqué

Jack L'éventreur démasqué est un ouvrage de Russell Edwards édité ce mois-ci par L'Archipel.

Présentation de l'éditeur :
Après avoir acquis lors d’une vente aux enchères le châle qui a été retrouvé près du cadavre de Catherine Eddowes, quatrième et avant-dernière victime de Jack l’éventreur, Russell Edwards se lance dans une extraordinaire enquête qui durera sept ans.
Il cherche d’abord à authentifier le châle et à découvrir les secrets qu’il pourrait receler. Après lui avoir fait subir nombre de tests par les meilleurs scientifiques du pays, le châle se révèle authentique. Mais, outre le sang de Catherine Eddowes, il contient aussi des traces de l’ADN du tueur !
C’est ce qui a permis à Russell Edwards d’enfin mettre un nom sur le mystérieux tueur de Whitechapel…
Une découverte qui a stupéfié le monde à l’automne 2014. Plus de 120 ans après ses crimes légendaires, on connaît enfin l’identité de Jack l’éventreur.

Il aura fallu attendre qu'un amateur passionné par le plus célèbre des tueurs en série réussisse à se procurer un châle pour que le secret de l'identité de celui-ci soit enfin percé. Car en effet, il ne s'agit pas de n'importe quel châle, c'est celui de l'une des victimes de celui qui signait ses lettres à la presse par Jack L’éventreur.

Tout le monde connaît Jack L'éventreur qui est passé de l'histoire à la fiction au cinéma et dans de nombreux romans. Avec ce nouvel ouvrage, le mythe du tueur élégant londonien ou du psychopathe ingénieux s'écroule avec la véritable histoire racontée par l'auteur. En effet, pour ceux qui ne connaissent pas forcément très bien l'histoire du tueur, on passe d'un personnage fictif qui a des allures bourgeoises à un monstre sanguinaire.

Jack L'éventreur démasqué est un ouvrage intéressant qui passe au peigne-fin les rues de l'East-end, quartier de Londres où se sont produits les massacres, pour tenter de trouver les petits cailloux que l'éventreur aurait pu semer sur son passage. L'auteur décortique également la vie de chaque suspect et de chaque victime. Il remet même en question certains meurtres qui ne lui ont pas été attribués.
Au travers des courtes biographies des différentes personnes présentes dans l'histoire de Jack L'éventreur, il dépeint le décor d'une ville sombre où la misère se ressent à chaque coin de rue à une époque où de nombreux juifs ont migré vers Londres. Détail qui a son importance pour l'enquête.

Mais l'auteur s'attarde à quelques reprises sur sa vie personnelle et, quoiqu'il en dise, je trouve que cette partie est inutile pour comprendre comment il a mené l'enquête. Malgré ces passages, l'ouvrage est passionnant aussi bien par ses anecdotes historiques que par le déroulement de l'enquête.

Alors si vous aussi vous avez envie de découvrir qui est, vraisemblablement, Jack L'éventreur, n'hésitez pas à lire Jack L'éventreur démasqué. Attention, je tiens à signaler que, bien que son enquête se soit révélée incroyable en terme de révélations, d'autres spécialistes ont noté des réserves. A lire sur la page Wikipédia du tueur ... !

mardi 19 janvier 2016

Le Grand dieu Pan

Le Grand dieu Pan est un roman fantastique d'Arthur Machen ré-édité récemment aux éditions Pierre-Guillaume De Roux.

Présentation de l'éditeur :
« Vous voyez la montagne, ces collines pareilles à des vagues ; vous voyez des bois et des vergers, le grain mûr des champs, les prairies qui dévalent jusqu’à la rivière. Vous me voyez debout à côté de vous ; vous entendez ma voix. Mais je vous dis, moi, que toutes ces choses – oui, depuis l’étoile qui vient de s’allumer au ciel, jusqu’au sol que nous éprouvons du pied –, je vous dis que tout cela n’est que du rêve et des ombres, les ombres mêmes qui nous voilent le monde réel. Il y a un monde réel ; mais il est sous cet éclat et sous ces visions, [...] derrière tout cela comme si un voile nous le cachait. Je ne sais si jamais un être humain a soulevé ce voile ; mais je sais que cette nuit, et devant vous et moi, Clarke, il le sera pour d’autres yeux. Peut-être trouverez-vous tout ceci étrange, insensé même : étrange, soit, mais réel ; et les anciens savaient ce que c’est que “lever le voile”. Ils appelaient cela voir le dieu Pan. »
Pour que le voile se déchire devant le « grand Pan », le Dr Raymond va user du scalpel et rien moins qu’inciser le cerveau de Mary, sa protégée. Cette opération chirurgicale renvoie-t-elle seulement à l’une de ces spectaculaires expériences dont raffola le XIXe siècle, à la fois scientiste et spirite ? Ou bien s’agit-il de convoquer quelque chose de plus archaïque et autrement plus redoutable – de questionner notre capacité à soutenir le regard de la divinité ? C’est de toute façon l’effroi qui est au rendez-vous : au drame de la jeune Mary va succéder une longue série d’événements aussi troublants que terribles.
Ce court roman d’Arthur Machen (1863-1947), qui compte parmi les plus célèbres de la littérature fantastique, est réédité dans la traduction qu’en donna le poète Paul-Jean Toulet (1867-1920) en 1901. Avec une préface d’Anne-Sophie Yoo qui en souligne les profondeurs spéculaires, et une couverture originale signée Philippe Druillet.

Cela faisait quelques temps que je voulais lire ce roman cité parmi les grands classiques du genre. Et c'est en lisant l'un des derniers romans de Stephen King, qui y faisait référence, que je me suis enfin décidé à me le procurer.

L'ouvrage s'ouvre avec une préface d'Anne-Sophie Yoo. On ressent toute la passion et l'émotion qu'elle a pu éprouver en lisant ce roman et en analysant la vie de l'auteur. Elle trouve les mots justes pour nous toucher et nous donner encore plus envie de le commencer.

Puis vinrent les premiers mots et mon excitation se décupla ; enfin je pouvais lire le chef d'oeuvre d'Arthur Machen ! C'est au travers de dialogues entre plusieurs hommes de la haute société que l'on découvre cette terrible et mystérieuse histoire du Grand dieu Pan. Et c'est durant le premier de ces dialogues que se déroule l'opération chirurgicale qui permet à Mary de voir quelque chose que personne habituellement ne peut voir ... ou ne devrait voir.
Les années passent depuis cette étrange opération et d'étranges morts surviennent dans le club très fermé des hommes riches londoniens. Heureusement, certains d'entre eux enquêtent. Mais la vérité est difficile à comprendre même si tout ramène à une seule personne.

Des rues plongées dans la pénombre. Une angoisse omniprésente. Arthur Machen, dans une superbe traduction, crée une atmosphère dérangeante, très sombre, qui rappelle les meilleurs romans gothiques de l'époque. Je suis très heureux d'avoir trouvé cette ré-édition de 2015.

lundi 4 janvier 2016

Le visage de Satan

Tout d'abord je vous souhaite une excellente année 2016, en espérant que cette année soit riche en lecture et en écriture. Je m'excuse pour ce long moment d'absence mais j'ai participé à la correction d'un roman  dont je parlerai en temps voulu et qui m'a pris un peu de temps. En plus des fêtes bien entendu ...

Mon année 2015 s'est terminée en bonne compagnie avec Le Visage de Satan de Florent Marotta dont voici ma chronique. Le roman est paru le 7 Décembre 2015 aux éditions Taurnada.

Présentation de l'éditeur :
Un hurlement. Là, quelque part, qui se répercutait sur les murs poisseux et humides de la pièce. L'endroit ressemblait davantage à une cave avec ses murs bruts et ses parois voûtées. Puis un râle d'agonie s'étouffa, comme si même la mort prenait plaisir à attendre. L'homme pendait comme une vulgaire carcasse de viande accrochée à une esse de boucher. Son visage n'était que souffrance, rictus d'agonie et d'abomination.« Faites que je meure », implora-t-il en silence.

Le Visage de Satan met en scène pour la deuxième fois le personnage de Gino Paradio, un détective déjà apparu dans un précédent roman de l'auteur. Car l'auteur n'en est pas à son premier coup d'essai et cela se ressent pas sa maîtrise de l'histoire et le style employé.

Florent Marotta sait tenir son lecteur en haleine. Son texte est rythmé et ne manque pas d'intriguer l'amateur de roman noir que je suis. Sa toile de fond touche au satanisme. Il parle aussi bien de la magie noire que du mouvement Laveyen ; le satanisme moderne. Les satanistes de Florent Marotta sont bien dans l'opposition du culte religieux mais d'une façon bien trop extrême.

Gino Paradio subit une lente et longue descente en enfer depuis qu'il a accepté d'enquêter sur la mort du mari de Sibylle. Aidé par la belle Morgane, il commence à mettre un pied dans un univers qui lui est totalement inconnu ; l'ésotérisme, et il n'est pas au bout de ses surprises. Le lecteur non plus d'ailleurs !

Le Visage de Satan est un très bon polar où les personnages ont un visage humain et sont donc parfois fragiles, parfois violents. Le récit ne manque pas de piquant et on sent qu'un grand travail de documentation a été fait en amont. Une belle surprise !

dimanche 13 décembre 2015

Docteur Sleep

Docteur Sleep est un roman horrifique du maître du genre, Stephen King.

Présentation de l'éditeur :
Depuis Shining, le petit Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi…

J'ai enfin pris le temps de lire le tant attendu Docteur Sleep, la suite du mythique Shining du même auteur. Tout le monde se demandait ce qu'étaient devenus le petit Danny et sa maman traumatisés par les événements vécus à l'Overlook, l'hôtel où son père est devenu gardien le temps d'un hiver et où il a légèrement pété les plombs aidé par des esprits malins. C'est chose enfin faite, Stephen King répond à ses fans.

Le petit Danny a bien grandi et ses démons le hantent toujours. Alors qu'il sombre petit à petit dans l'alcoolisme, ses rencontres vont l'aider à affronter cette dépendance et à emprisonner ces fantômes qui reviennent le voir jour et nuit. Toujours doté du Don, il arrive de plus en plus à le maîtriser.
Mais sa plus belle rencontre sera avec une jeune fille dotée elle aussi du Don. Il s'avère même que son Don est très puissant. Ils vont devoir s'associer pour se battre contre une espèce de gang semi humain qui ne se nourrit que des vapeurs du Don qu'ils trouvent chez des enfants.

Après la joie de retrouver le petit Danny, on est vite dépaysé puisque l'auteur n'utilise plus le huis clos mais commence même par une sorte de road book avant que son personnage ne se pose enfin dans une ville. Les personnages, comme bien souvent dans les romans de Stephen King, sont délicieux et il est donc très agréable de suivre leurs péripéties.
La bande du Nœud Vrai, les mangeurs de Don, ne m'a pas plus. Je ne m'attendais pas à ça et je dois dire que cette partie, la traque, m'a déçu. Par contre, j'ai vraiment apprécié l'évolution dans le temps du personnage d'Abra, la jeune fille. Docteur Sleep ne me restera pas en mémoire comme étant un chef d'oeuvre de Stephen King mais le roman reste tout de même une bonne suite de l'excellent Shining. Stephen King est un excellent conteur !

dimanche 29 novembre 2015

Un doigt de politique

Un doigt de politique est un roman de Ben Orton publié aux éditions Létales.

Présentation de l'éditeur :
Je m'appelle Dari Valko, Russe par mon père, franchouillard par ma mère. Après une carrière bien remplie dans la Légion étrangère, je me suis installé garde du corps en free-lance, et je vais t'avouer un truc : le jour où je me suis lancé dans la protection rapprochée, j'aurais mieux fait d'ouvrir un kébab en banlieue ! Parce que pour tout te dire : depuis que je suis à mon compte, je passe mon temps à me friter, à rencontrer des gens bien pourris, et à patauger gaiement dans la merde et le sang mêlés ! J'en suis à regretter l'armée, tu juges un peu ?! Heureusement, qu'il y a mon oncle Piotr, l'ours de Sibérie, qui me file un coup de patte de temps à autre et surtout la toute belle Zoïa, ma pote commissaire, qui me tire du four quand ça devient trop chaud...
Enfin bref, je vais pas te saouler avec mes histoires, surtout que si tu veux les connaître bien à fond, t'as qu'à lire mes bouquins ! Mais je te donne quand même un petit conseil : si t'es fragile du cœur ou que t'es du genre pantoufles et mots croisés, passe ton chemin ma louloute. Je t'aurai prévenu !

Un doigt de politique est un polar urbain où le personnage principal, Dari Valko, s'exprime à la première personne et surtout s'adresse directement à son lecteur. Dari Valko est un garde du corps free-lance qui se voit embarquer dans une mission peu ordinaire sur fond de politique. Qu'ils soient de gauche ou qu'ils soient de droite, les politiciens sont tous logés à la même enseigne ici et le clivage droite-gauche n'empêche pas les rapprochements ... parfois même de très près.

Dari Valko nous embarque donc dans une histoire où les coups de poing volent de tous les côtés ; il faut dire qu'il n'est pas très délicat comme personnage. Même si le scénario est plutôt léger, l'important est de suivre les péripéties du franco-russe aux muscles d'acier. Parfois drôle, tantôt agaçant par ce langage peu raffiné, le texte se lit bien et assez vite.

A savoir, Dari Valko est le héros de toute une série de romans de Ben Orton disponibles ici.