dimanche 4 janvier 2009

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte est un roman de Thierry Jonquet.

Présentation de l'éditeur :
Septembre 2005, Anna Doblinsky rejoint son premier poste en collège à Certigny, dans le 9-3. Zone industrielle, HLM, trafics et bagarres entre bandes rivales, influence grandissante des salafistes, voilà pour le décor. Seul Lakdar Abdane, jeune beur très doué, sort du lot. Pourtant, une erreur médicale va bouleverser sa destinée…

Le roman est un peu comme un cocktail molotov dont les ingrédients sont de douloureux thèmes tels que la vie en banlieue, l'école en banlieue, la religion, l'antisémitisme, le terrorisme, le racisme ... sans oublier le trafic de drogue et la prostitution. L'auteur ne se contente pas de donner son avis ou de constater les différents problèmes existants, il formule des critiques constructives, aussi bien positives que négatives, sur chacun de ces sujets. Il tente de comprendre comment la France (voire le Monde) en est arrivée là et, à travers ses principaux personnages, nous donne différentes visions de la situation.

Le spectacle de la mise à mort traverse toutes les cultures et sa représentation n'a jamais manqué d'amateurs enthousiastes

Anna vient d'avoir son diplôme de l'IUFM et va enseigner, à la rentrée, dans un collège de la banlieue parisienne. Le combat de l'enseignement s'annonce rude car les élèves ne sont pas réputés pour être attentifs. A part peut-être l'un d'entre eux, Lakdar, jeune musulman handicapé de son bras droit suite à une erreur médicale. Anna va se battre pour offrir toutes les chances possibles à ce jeune homme intelligent mais tellement perturbé. Cette nouvelle bataille ne semble pas être gagnée d'avance ... beaucoup de personnes ne l'entendent pas de la même oreille.

leur cité c'est une sorte de Palestine à domicile

Le titre du livre exprime bien sa situation; une sorte de conflit avec l'autre, celui qui semble être différent de moi ou de ma communauté. Ce conflit engendre à travers les pages une tension qui ne va cesser de croître. Entre musulmans et juifs (en parallèle à ce qu'il se passe en Palestine), entre "bons" et "mauvais" musulmans, entre élèves, même entre professeurs, entre élèves et professeurs (dû aux conditions difficiles d'enseignement), entre divers trafiquants, entre flic et trafiquant ... Chacun a son avis sur une question et n'en démord pas. Il s'agit bien souvent d'avis imposés par une communauté (religieuse ou non), les jeunes sont bombardés d'images violentes et de discours haineux par des chefs religieux et autres extrémistes.

On se les fait à la Apocalyspe Now, ça aura de la gueule !

Les diverses situations dans la cité ne sont pas sans rappeler l'extraordinaire film La cité de Dieu qui dénonce la vie difficile dans les favelas du Brésil. Cet ouvrage est un roman très noir mélangeant fiction et réalité puisqu'il s'appuie sur quelques faits politiques réels. L'auteur ne laisse place à aucun avenir heureux. A vous de lire comment va se terminer l'histoire pour chacun des personnages. Quel sort leur est réservé ? Un livre poignant et malheureusement tellement réaliste.

Note : 17/20

dimanche 28 décembre 2008

Tournée générale !

Tournée générale ! est un roman noir urbain de Charles Higson, l'auteur de L'Encombrant Mister Kitchen et de l'excellent Le roi des fourmis.

Présentation de l'éditeur :
Dennis Pike a choisi le mauvais jour pour arrêter de fumer. Ce matin-là, le pain est rassis, le lait a tourné, et en plus il y a un toxico mort dans l'ascenseur. Et comme si ça ne suffisait pas, débarquent les frères Bishop pour lui proposer l'arnaque du siècle. Il paraît qu'on ne refuse rien à ses amis. Sauf que Dennis Pike n'a plus vraiment d'amis. Avec Tournée générale !, embarquez-vous dans un voyage à deux cents à l'heure à travers une Angleterre déjantée où la violence, les combines et l'alcool viennent tenir compagnie aux mauvais souvenirs.

Tournée Générale ! plonge le lecteur dans les yeux anarchistes d'anciens hooligans. Dennis Pike n'a plus vu ses vieux potes Chas et Noel, alias les frères Bishop, depuis près de dix ans suite à un violent matraquage qui s'est terminé avec la pire des conclusions. C'est depuis cet évènement que Dennis a décidé de vivre loin de ses anciens complices. Il a enchaîné les petits boulots et a amassé un paquet d'argent pour pouvoir se retirer de la vie londonienne et s'installer au Canada. C'est sans compter les magouilles des frères Bishop ...

partis de zéro, ils étaient arrivés au néant

Que feriez-vous si après dix années de travail légal et acharné, deux de vos anciens amis, avec qui vous avez monté les pires arnaques, viennent vous rendre subitement visite afin de vous proposer une nouvelle escroquerie ? Et si c'était vous la personne visée par l'arnaque ? Dennis va en faire les frais en perdant l'intégralité de son argent. Aidé par Noel, ils vont parcourir une expédition sanglante à base d'hyper violence à la recherche de Chas; l'organisateur de ce vol aidé par Herman, un jeune hacker surdoué. La trame de l'histoire pourrait en rester là mais non ... Higson pousse le vice encore plus loin en embarquant Terry et Basil dans cette folle aventure. Basil sert de secrétaire, chauffeur, ... bref d'homme à tout faire à son compagnon. Terry sort de prison et ne souhaite qu'une chose : retrouver Chas qui lui doit un paquet de thunes. Mais comment retrouver Chas si ce n'est en suivant son frère Noel et Pike ... Une double chasse à l'homme est alors lancée.

T'es enfin redevenu toi-même, Pike.

Avec ce roman, l'auteur évoque l'impossibilité pour un personnage violent de changer. Bien que Pike se soit rangé de tous ces combats et autres arnaques de jeunesse, le passé le rattrape. Les personnages paraissent tellement réels que la violence en devient amplifiée. Un peu à la manière de Le roi des fourmis, Higson aborde des sujets qui ne semblent pas pouvoir se dissocier : l'argent, la violence, la ville, la trahison et la vengeance. Un bon roman dans l'ensemble même si l'histoire n'est pas assez, à mon goût, poussée vers l'attirance qu'a l'être humain envers la violence. L'homme est-il un éternel sadique ? Sommes-nous condamnés à ne pouvoir changer ? Tournée Générale ! est une sorte de "road polar" noir et urbain qui m'a évoqué certains films tels que : Orange Mecanique, Another Day in Paradise, Tueurs nés et le Boulevard de la mort. A vous de voir si vous êtes prêts à prendre place dans cet impétueux voyage !

Note : 15/20

jeudi 25 décembre 2008

H.P. Lovecraft , Contre le monde, contre la vie

H.P. Lovecraft , Contre le monde, contre la vie est une biographie du célèbre écrivain Lovecraft rédigée par Michel Houellebecq.

Présentation de l'éditeur :
Howard Phillips Lovecraft constitue un exemple pour tous ceux qui souhaitent apprendre à rater leur vie, et éventuellement, à réussir leur œuvre. Encore que, sur ce dernier point, le résultat ne soit pas garanti. " Auteur de "L'appel de Cthulhu", de"" Dagon" et des "Montagnes hallucinées" , H.P. Lovecraft, maître incontesté de l'horreur et du fantastique, reste l'objet d'une fascination toute particulière chez nos contemporains, particulièrement chez Michel Houellebecq, qui le découvrit à l'âge de seize ans pour ne plus cesser de le lire.

Howard Phillips Lovecraft fait partie de ces auteurs qui m'ont toujours attiré plus pour l'étrange univers gravitant autour d'eux que pour leurs ouvrages. Quelque part cet écrivain me fait penser à Franz Kafka. Décalé, sombre et surtout reconnu à titre posthume, les deux auteurs connaissent quelques échecs dans leur vie personnelle; notamment amoureuse, qui ont joué un rôle dans la conception de leur œuvre. Mais pourtant, leur caractère reste très différent; ce qui se ressent dans leurs romans. D'un côté, Lovecraft déteste lire un ouvrage où les personnages éprouvent de quelconques sentiments, et c'est pour cela que ses meilleurs romans sont ceux où les différents protagonistes ne connaissent ni la tendresse, ni l'amour, mais uniquement la peur et la fascination. Contrairement à lui, Kafka a étudié profondément la psychologie de ses personnages face à d'étranges situations inattendues et incompréhensibles; des atmosphères devenues kafkaïennes.

Quand on aime la vie, on ne lit pas. [...] l'accès à l'univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre.

Houellebecq est fasciné par le curieux comportement de Lovecraft durant sa vie. Celui-ci vivant à une époque où l'économie se porte encore bien aux Etats-Unis n'arrive pas à dénicher le moindre emploi. Comment expliquer cela ? Le gentleman dénué de sentiments, le sociopathe littéraire, semble mettre mal à l'aise ou ne plaire à personne. Mise à part quelques "disciples littéraires" et son unique femme qui ne le restera que quelques années ...

Une haine absolue du monde en général, aggravée d'un dégoût particulier pour le monde moderne.

En effet, il devait être difficile d'apprécier un tel homme. Malgré son beau langage et ses belles manières, Lovecraft était antisémite, raciste, réactionnaire ... Et tout ceci se retrouve naturellement dans ses romans. Mais c'est cette haine, enfouie au plus profond de lui, qui lui permit d'écrire ce qu'on appelle de nos jours ses grands textes tels que : Dagon, Dans l'abîme du temps, l'Appel de Cthulhu ...

L'univers n'est qu'un furtif arrangement de particules élémentaires.

Avec cette biographie, l'auteur ne cherche pas à excuser les propos de Lovecraft mais tente d'expliquer la naissance de cet univers si souvent copié par la suite. Un univers unique, poétique et difficile à s'imaginer tant l'architecture décrite est impressionnante. Houellebecq réussit son pari avec cette courte biographie. Le lecteur en apprend assez pour détester le genre d'homme qu'était Lovecraft et apprécier le cosmos insensible créé à travers ses divers romans et nouvelles. J'ai beaucoup apprécié cet ouvrage car l'auteur ne se fixe pas sur la vie de Lovecraft (devenu ici le personnage insensible qu'il a tant écrit) mais se contente de présenter et d'expliquer comment cet écrivain a pu engendrer tant d'engouements par la suite.

Note : 16/20

jeudi 11 décembre 2008

Miserere

Miserere est le nouveau roman de Jean-Christophe Grangé, l'auteur de célèbres romans - dont certains ont été adaptés au cinéma - tels que Les rivières pourpres, Le concile de Pierre ou encore L'empire des loups.

Présentation de l'éditeur :
Ce sont des enfants.
Ils ont la pureté des diamants les plus parfaits.
Aucune ombre.
Aucune inclusion.
Aucune faille.

Mais leur pureté est celle du Mal.

Le nouveau thriller de Jean-Christophe Grangé réunit deux enquêteurs totalement opposés : Lionel Kasdan, commandant de la brigade criminelle à la retraite et d'origine arménienne, et Cédric Volokine, jeune flic d'origine russe et accessoirement voyou travaillant à la brigade de protection des mineurs.

Et ils avançaient, tous les deux, dans un vide éternel.

Des anges démoniaques qui œuvrent pour le châtiment et le pardon ... Des enfants aux voies d'anges mêlés à de sordides meurtres et terrifiantes tortures ... D'opposition à oxymore, Miserere est une œuvre musicale et un roman contrasté où les notes les plus hautes font tomber les corps au plus bas de l'enfer. Grangé fait rimer Ange avec Démon, Péché avec Pureté et Torture avec Délice.

Cette voix qui l'avait bouleversé et qui avait attiré, comme un aimant, à la surface de sa conscience, ses blessures les plus sensibles.

L'auteur maîtrise son sujet avec perfection et dénonce, par le biais d'une documentation très pointue, les ravages et l'héritage qu'ont laissé derrière elles certaines guerres. En plus de cela, ses personnages sont soigneusement travaillés. Leur passé nous touche. On tremble avec eux. Et on s'inquiète pour eux.

Les enfants ne sont jamais coupables.

Kasdan prend part à l'enquête pour des raisons personnelles. Un meurtre a été commis dans l'église arménienne où il se rend régulièrement. Les vieux réflexes du flic ressurgissent et c'est ainsi qu'une enquête parallèle voit le jour. Accompagné d'un jeune flic drogué et terrassé par un passé qui ne cesse de le torturer, les deux compères doivent user de leur flair pour suivre la bonne piste ... fanatique religieux ? Tueur en série ? Piste politique ? Les indices se multiplient mais ne paraissent pas s'assembler. D'autant plus que la technique utilisée pour assassiner est très particulière ... et surtout inconnue.

C'est de l'utopie. C'est pour ça que c'est réel.

A aucun moment je n'ai lâché l'histoire. L'auteur a une écriture terriblement agréable et un soucis du détail impressionnant. Miserere est un fabuleux voyage à travers différents pays d'où les personnages et le lecteur ne sortent pas indemnes. Mon premier Grangé ne restera pas le dernier.

Note : 18/20

dimanche 30 novembre 2008

L'ange du mal


L'ange du mal est le premier roman de Gilles Caillot. Ce roman est sélectionné pour le prix 2008 des Limbes Pourpres.

Présentation de l'éditeur :
Lyon, été 2006. Une série de meurtres, plus atroces les uns que les autres, sont perpétrés dans la capitale Rhodanienne. La police est sur les dents et Massimo Zanetti, capitaine de police à la Criminelle , est investi de l’enquête qui s’avère d’ores et déjà extrêmement compliquée, remplie d’énigmes et d’étranges indices laissés par le tueur sur les corps décomposés et mutilés. Satanisme, magie noire, tortures sexuelles et mentales… La traque du psychopathe l’emmènera jusqu’aux portes de la folie. Accompagnée de Julie Martin, la responsable de l’institut médico-légal de Lyon, dont il est toujours amoureux et de toute son équipe d’investigation, le capitaine Zanetti va mener la chasse dans la ville entière et nous emmener jusqu’aux plus profond d’un des lieux les plus mystérieux de la cité Lyonnaise : Les catacombes.

L'ange du mal est un bon premier roman avec ses qualités mais aussi avec ses défauts. Des défauts de premier roman sans doute. Gilles Caillot maîtrise très bien l'écriture et son roman se laisse dévorer sans soucis. Les premiers mots qui vous viennent à l'esprit lorsque vous avez refermé le livre sont : sanglant, pervers, diabolique ... L'œuvre est brutale. L'auteur joue avec le dégoût du lecteur. L'horreur est poussée très loin alors âmes sensibles, abstenez-vous !

Un tueur en série sévit sur Lyon et utilise des techniques affreuses pour torturer et mutiler ses victimes. Qui est-il ? Et pourquoi agit-il de la sorte ? Massimo Zanetti est le capitaine de Police qui s'occupe de cette affaire. Aidé par la charmante légiste, Julie Martin, ils vont tous les deux découvrir l'œuvre perverse d'un grand malade au passé trouble et bouleversant.

Des membres coupés, du sang, des viscères présentant un aspect brillant et mouillé ... L'auteur en rajoute encore et encore jusqu'à réussir à vous dégoûter. De ce côté, l'auteur a réussi son pari. Là où le roman est moins bon, d'après moi, c'est au niveau du suspense. La trame est très classique et le lecteur s'attend assez à l'avance à ce qu'il va se produire par la suite. Malgré cela, Gilles Caillot a réussi à me captiver avec un final époustouflant et digne des grands romans d'horreur.

La petite cloche sonnait sans discontinuer ce matin comme un dernier hommage ...

Tout roman apporte sa part de culture. Histoire (ici de la ville de Lyon), nouvelles technologies, techniques de médecine légale ... Il est toujours difficile pour un auteur de les placer dans le contexte du roman policier. Dans ce roman, j'ai eu l'impression que l'auteur ne savait pas toujours comment aborder le sujet. Raconter l'histoire des catacombes de la ville de Lyon en plein milieu d'une discussion tendue entre deux flics au sujet du tueur m'a gêné ... Au final, malgré ces quelques défauts, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire L'ange du mal et c'est sans hésiter que je lirai sa suite : Réminiscence.

Note : 14/20

dimanche 16 novembre 2008

Instinct


Instinct est le dernier tome de la trilogie de Les voies de l'ombre (voir Prédation et Stigmate) de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Ce polar est sélectionné pour le prix 2008 des Limbes Pourpres.

Présentation de l'éditeur :
Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante…
Et s’il suffisait d’un seul homme ?
Pour que nous nous mettions tous à douter…

Après le très ingénieux Prédation et la chasse à l'homme, Stigmate, Kurtz revient et ses grands projets se mettent enfin en place. Alors qu'il doit s'échapper d'une prison où il est retenu par un ennemi qu'il n'arrive pas à déterminer, un évènement tragique survient à Berlin.

Mais à l'impossible nul n'est tenu.

Shan se réveille dans un hôpital allemand suite à un accident. Malheureusement pour elle, elle a perdu la mémoire et ne sait donc pas qui elle est. D'où lui viennent ses capacités à se battre ? Le début du roman est extrêmement bien ficelé. D'un côté, le lecteur découvre cette étrange femme et poursuit avec elle l'exploration de sa mémoire. De l'autre côté, Kurtz nous livre la force qu'il déploie face à une situation périlleuse et non attendue.

Toute la souffrance accumulée n'attend qu'un signe pour se muer en violence et en haine.

Tout au long du roman le rythme effréné est soutenu et on ne peut s'empêcher de penser à certains films d'action tels que La Mémoire dans la Peau, Assaut, Apocalypse Now bien entendu ou encore la série 24 Heures Chrono dont l'un des personnages de la Cellule Anti-Terroriste s'appelle Ryan Chappelle (ressemblance au nom de Yann Chopelle dans le roman ; hasard ?).

Quand on me retrouvera, on saura que je n'étais pas n'importe qui.

Kurtz, bien qu'affaiblit, a toujours des ressources et le commissaire Eliah Daza et autres policiers vont en faire les frais. De Paris à la Roumanie, des meutes de tueurs sanguinaires agissent sous les ordres d'un seul homme ; un homme qui impose sa vision de la vie aux yeux du monde. Toujours autant manipulateur que dans les précédents romans, les auteurs s'attardent pourtant un peu moins sur le passé du personnage.

JE SUIS CELUI QUE L'ON NE PEUT ENVISAGER !

Malgré de nombreuses scènes d'actions et une première moitié de roman sensationnelle, j'ai trouvé que la seconde partie était moins passionnante. Je trouve que les auteurs ne sont pas allés au bout des choses avec cette mystérieuse Shan. Néanmoins le roman reste très bon et le lecteur aura la surprise de découvrir en annexe le cahier intime de Kurtz qui nous livre ses secrets et méthodes qui ont permis d'accomplir son œuvre.

Note : 16/20

mardi 4 novembre 2008

Berceuse

Berceuse est un roman de Chuck Palahniuk ; le créateur du célèbre Fight Club.

Présentation de l'éditeur :
Quoi de plus inoffensif pour s'endormir qu'une berceuse tendrement lue le soir ? Rien à voir avec la mort subite du nourrisson, génératrice des pires angoisses des parents penchés sur le souffle nocturne du nouveau-né. Le journaliste Carl Streator y verrait pourtant comme un lien, un je-ne-sais-quoi d'inexpliqué. Il y aurait un livre qui tue. Une comptine mortelle. En plein cœur des Etats-Unis. Un recueil pour enfants constitué de poèmes... Carl Streator en parle à son patron, lui en lit un extrait... et le voit s'affaisser devant lui pour ne plus se réveiller. L'enquête peut commencer. Combien de livres en circulation dans le pays ? Combien le savent et pour quel usage ? Quel pouvoir absolu pour celui qui en aura l'ultime possession !... Un livre de Palahniuk ne se résume pas, c'est déjanté, subversif et incroyablement lucide.

Lire du Palahniuk est une expérience. Ça ne ressemble qu'à du Palahniuk. Il vous entraine dans ses délires sans pour autant perdre pied. Bercé d'humour noir et de fantastique, le lecteur participe à un road-movie (road-book ?) sur papier dans lequel il va parcourir de multiples bibliothèques et librairies à la recherche de recueils de comptines pour enfant où est placé malencontreusement la chanson d'élimination.

Et moi je compte 1, je compte 2, je compte 3 ...

Carl Streator est journaliste et enquête sur une série de meurtres inexpliqués ; des bébés morts sans raison apparente. Ses recherches vont l'amener à croiser le chemin de l'étrange Helen Hoover Boyle ; agent immobilière un peu particulière ... En effet, à l'aide de fantômes et de maléfices, elles terrorisent les nouveaux propriétaires pour qu'ils quittent leur chaumière afin de pouvoir la revendre à de nouvelles victimes. Carl ne mettra pas longtemps à se rendre compte que son enquête est rapport à un sortilège.

Peut-être que les humains sont simplement les alligators de compagnie que Dieu a virés dans les toilettes d'un coup de chasse.

Mona est l'assistante d'Helen, Oyster son impitoyable petit-ami. Tous ensemble ils vont se mettre à la recherche de recueils pour enfant dont l'une des berceuses est mortelle. A la simple pensée ou prononciation des quelques vers de l'envoûtement, la personne visée meurt instantanément. Mais le plus important, reste à retrouver le fameux grimoire d'où est sortie cette berceuse. C'est sans compter les réelles motivations de chacun ...

Et voici Big Brother qui chante et qui danse pour que je ne me mette pas à trop penser pour mon propre bien.

Trahison, possession, humour noir, destin nihiliste ... Chuck raconte son histoire à base de fantastique mais parle de la vie, la vraie ; celle où l'esprit de l'Homme est possédé par de pompeux discours politiques, de publicités abrutissantes et d'émission pervers tel Big Brother pour vous faire marcher dans leur rang ... la consommation en masse ! Carl ... pour Karl Marx ? ... le célèbre philosophe et théoricien considéré justement comme nihiliste par l'aristocratie russe ...

C'est juste ma génération qui essaie de détruire la culture existante en propageant sa propre contagion.

Tantôt passionnant par ses allusions et ses métaphores, tantôt légèrement ennuyeux, mon avis concernant ce roman est mitigé. J'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose aux personnages pour les rendre plus attachants ... ou plus maléfiques encore. Néanmoins je viens de découvrir un auteur très imaginatif.

Note : 14/20