dimanche 28 septembre 2008

Innocent

Innocent est un roman d'Harlan Coben.

Présentation de l'éditeur :
Un ami en danger. Une bagarre qui dégénère. Un accident. A vingt ans, Matt Hunter est devenu un assassin. Treize ans plus tard, il mène enfin une vie paisible avec la femme qu'il aime, Olivia, enceinte de leur premier enfant. Et puis, un jour, sur son portable, une vidéo d'Olivia dans une chambre d'hôtel en compagnie d'un inconnu. Le cauchemar recommence. Meurtres, disparitions, faux-semblants... un suspense explosif par le Maître de vos nuits blanches.

Comment définir un livre écrit par Harlan Coben ? Comme le film du dimanche soir, on l'attend sans vraiment y penser et on le savoure avec plaisir car on sait que c'est une valeur sûre pour passer un agréable moment chez soi. Pas vraiment des chefs d'œuvres, malgré tout, les romans de Coben ont l'avantage d'être riche en suspense. Certains peuvent les voir comme des "polars pour filles", d'autres crient aux chef d'œuvres et compare ces ouvrages à d'élégants bijoux si astucieusement réalisés ... moi, je les définie comme des valeurs sûres bien qu'un brin redondant.

On reprend les mêmes et on recommence. Un peu comme les films du dimanche soir, l'écrivain reprend les mêmes intrigues que ces précédents romans et les modifie légèrement. C'est le gros point négatif de Innocent. L'auteur est son propre plagiaire. Après le mystérieux email de Ne le dis à personne, l'étrange photo de Juste un regard et la révélation de dernière minute de Disparu à jamais, le nouveau personnage né de l'imagination de Coben, Matt Hunter, va devoir faire face à une photo et une vidéo reçues sur son portable en provenance de celui de sa femme, Olivia.

Matt, après avoir passé quelques années en prison pour homicide involontaire, est marié avec Olivia. Celle-ci est désormais enceinte et tout est prévu pour que leur vie soit la plus paisible possible. Mais pour cela, le couple va devoir surmonter de rudes épreuves qui ressurgissent du passé. Mais du passé de qui ? Et pourquoi ?

En parallèle de cette enquête, Matt doit affronter ses propres démons. Toujours en contact avec l'un des membres de la famille de la victime qu'il a accidentellement assassiné, Coben entraîne son personnage dans une recherche du pardon assez originale et intéressante. Cette partie du roman est la plus captivante à mon avis. Comment expliquer l'inexplicable ? Pourquoi ressentir le besoin absolu de voir fréquemment le bourreau de votre vie ? Afin de comprendre ? De pardonner ? Non, il faut chercher plus loin.

Malgré une fin attendue et très proche de Disparu à jamais, Coben réussit encore à surprendre avec ses révélations et à émouvoir avec de touchants personnages.

Note : 14/20

dimanche 21 septembre 2008

Comment sera le monde en 2020 ?

Le rapport de la CIA ou Comment sera le monde en 2020 ? est un compte rendu présenté par Alexandre Adler.

Présentation de l'éditeur :
Ce document est exceptionnel, unique même. Pour la première fois, le public a accès aux recherches et aux analyses des meilleurs géopoliticiens de la CIA. Quelle sera la carte du monde dans dix ans ? dans trente ans ? Quelle sera l'issue de la guerre mondiale diffuse que nous vivons actuellement ? Le terrorisme va-t-il s'amplifier ? La montée de la Chine et de l'Inde sera-t-elle progressive ou violente ? Verra-t-on l'effondrement de l'hégémonie américaine ? La mondialisation, apparemment irréversible, imposera-t-elle le modèle occidental ? Entre alarmisme et espérance, les auteurs de ce rapport - historiens, militaires, diplomates - proposent la lecture la plus fine, lucide et vraisemblable du monde de demain.


Cet ouvrage est un rapport réalisé par le Conseil national du renseignement américain, le NIC (National Intelligence Council), et exposé par l'historien et journaliste français spécialisé en géopolitique internationale ; Alexandre Adler. Comment sera le monde en 2020 ? Les meilleurs experts tentent d'y répondre en nous proposant quatre scénarii totalement différents et agrémentés de schémas, de carte du monde affichant une idée du paysage en 2020, de lettres personnelles et fictives où un parent d'Oussama Ben Laden raconte ce qu'il vit et comment il voit le reste du monde, de discussions imaginées par SMS entre deux marchands d'armes et de divers graphiques.

Afin de prévoir les évènements futurs, Alexandre Adler nous explique, par le biais d'une préface, comment est le monde actuel et comment il en est arrivé là. A partir de là, les plus grands spécialistes au monde nous expliquent leurs visions des choses sur les épisodes à venir ... comment vont évoluer les différentes religions ? La Chine et l'Inde vont-ils devenir les plus grandes puissances mondiales ? Comment vont évoluer les États-Unis ? Et les groupes terroristes ? La réponse à toutes ces questions se trouve dans l'un des scénarios présentés ci-dessous.

Le monde selon Davos propose "une croissance économique robuste" mais nettement dominée par l'Asie, et notamment la Chine et l'Inde. "Dans ce scénario, les géants asiatiques et quelques autres états en voie de développement ne cessent de creuser l'écart avec les économies occidentales". Ces hypothèses prévoient la montée de plusieurs autres pays : la Russie, le Brésil, l'Indonésie et l'Afrique du Sud; et le rechignement en masse des Etats-Unis.

La Pax Americana "se penche sur la manière dont la prééminence américaine pourrait survivre aux mutations du paysage politique mondial". On y voit les Etats-Unis toujours aussi puissants dans leur rôle de "gendarme du monde" malgré l'inévitable montée de la Chine.

Le scénario Un nouveau califat prévoit la venue d'un "mouvement mondial alimenté par l'identité religieuse radicale" suite à la proclamation d'un nouveau calife. Les distances entre le monde occidental et le monde musulman vont se creuser encore plus et "une nouvelle génération d'activistes" pourrait naître afin de défendre les idées de ce Califat dans le monde entier.

Le cycle de la peur est un scénario catastrophe. Il "explore ce qui pourrait arriver si les inquiétudes nées de la prolifération de certaines armes se trouvaient exacerbées". La montée du terrorisme et l'accession des ADM (armes de destruction massive) rendent ce scénario le plus dangereux de tous.

Bien que l'ouvrage soit parfois assez difficile à lire car il demande une très grande concentration, il n'en reste pas moins très intéressant. En effet, voir comment va se développer notre monde est palpitant. Malheureusement, rien de vraiment bon n'est présagé. Carpe Diem diront certains mais il ne faut pas oublier que l'avenir et nos enfants dépendent de nous ... dépendent de ce fameux instant présent où nous prenons des décisions et faisons des choix ... de vote par exemple.

Note : 16/20

dimanche 14 septembre 2008

Une balle dans la tête

Une balle dans la tête est le dernier roman d'une trilogie de Dan Simmons ayant pour personnage principal Joe Kurtz (voir Vengeance).

Présentation de l'éditeur :
Joe Kurtz, heureusement, a la tête dure. Il n'est pas donné à tout le monde de se sauver d'un hôpital avec une balle dans le crâne. Joe Kurtz le fait. On lui a tiré dessus et un flic y est resté. Une femme. Son officier de probation. Lui s'en sort avec la pire migraine de sa vie, rappel de cette exécution manquée, et doit surtout, une fois de plus, prouver son innocence. Qui était réellement visé ? N'a-t-il pas été blessé par erreur alors qu'il aurait lui-même commandité le meurtre ? La police ne le lâchera pas. La mafia entre dans la danse. Un psychopathe s'en mêle. Joe Kurtz le sait : ses ennemis l'adorent. Ils s'entretueraient pour lui faire la peau …

Toujours responsable, avec son indispensable secrétaire Arlene, des sites NocesJoyeuses.com et RechercheTendresse.com, Joe Kurtz continue ses activités de détective malgré qu'il n'ait plus le droit d'exercer ce métier suite à la défenestration de l'homme qui avait tué son ancienne compagne. Les principaux personnages de Vengeance reviennent pour cette nouvelle enquête : Joe et Arlene bien entendu, mais aussi Peg O'Toole (l'officier de probation de Joe) et Angelina Farino Ferrara (chef d'une famille mafieuse).

Pour conclure sa trilogie, Dan Simmons a choisi d'insister sur l'action plutôt que sur l'intrigue policière. Après avoir reçu une balle dans la tête dans un parking en sous-sol où il discutait avec son officier de probation, Joe se réveille menotté dans un hôpital ... Commence pour lui les embêtements ! Il a sur le dos deux chefs de famille mafieuses, la Police, un tueur en série fan de jazz et l'oncle de Peg O'Toole, ancien héros de la guerre du Vietnam.

Le détective va devoir fouiner un peu partout et collaborer un peu avec tout le monde avant de trouver qui est le responsable du massacre du parking, mais aussi pour rechercher le tueur en série qui nuit aux affaires de drogue des mafieux. Au final, peu de surprise mais le personnage de Joe Kurtz reste très intrigant et touchant. Bien qu'il soit parfois désagréable et plutôt sale d'apparence, il est hanté par un passé torturé et se bat jusqu'à donner sa vie pour les quelques personnes qu'il aime.

Avec sa belle plume et sa manière de présenter les évènements, l'écrivain réussit à captiver le lecteur. Malheureusement, le livre souffre trop, à mon goût, de situations tirées par les cheveux et laisse place à de nombreux combats où chacun semble trouver son compte.

Note : 14/20

dimanche 7 septembre 2008

Les démons de Dexter

Les démons de Dexter est le troisième roman de Jeff Lindsay mettant en scène le célèbre tueur en série : Dexter.

Présentation de l'éditeur :
Dexter Morgan est le serial killer dont on rêve en secret, qui canalise ses instincts de tueur en se débarrassant des monstres ayant échappé à la justice. Son job de technicien de scène de crime pour la police de Miami lui fournit une couverture idéale. Mais un jour tout bascule : un double homicide commis sur le campus de l'université le terrifie... et le prive de sa voix intérieure, le Passager noir, qui l'aidait à identifier les assassins. Le plus dur pour lui sera de protéger les enfants de sa compagne Rita, les jeunes Cody et Astor, qui semblent avoir les mêmes appétits sanglants que lui...

Quel plaisir que de retrouver Dexter Morgan et son Passager noir dans de nouvelles aventures ! Dans ce troisième roman relatant la vie de ce sympathique et effroyable tueur en série, celui-ci va devoir faire face à de nombreux problèmes ... Si vous n'avez pas lu les précédents romans, je vous conseille de ne pas lire ce qui suit.

*********** SPOILER des précédents romans ***********
Précédemment dans Dexter ... après avoir sauvé l'agent Doakes et le petit copain de sa sœur Deborah des griffes d'un tueur aux méthodes peu orthodoxes, notre brillant expert scientifique du service médico-légal de la Police de Miami, Dexter, s'est vu confronté à un nouveau style de problème. En effet, Cody et Astor, les enfants de sa future femme Rita, ressentent eux aussi la présence intérieure d'une âme sombre ... leur Passager noir.

Dans Les démons de Dexter, le futur père de famille va devoir apprendre à ces deux bambins à contrôler leurs ardeurs et maîtriser leur fougue qui leur donnent sans cesse l'envie de devenir à leur tour des tueurs sanguinaires. Son rôle de nouveau père, Dexter l'apprécie de plus en plus chaque jour ... mais son Passager noir se fait la malle et il est difficile, voire inimaginable, de les éduquer sans celui qui lui souffle tout.

On découvre alors un Dexter perturbé et confronté au monde réel ... le monde gris et inutile des humains et leurs pitoyables sentiments. Son Passager noir s'en est allé pour laisser place à une mystérieuse et envoûtante musique qui va l'amener à rencontrer un nouveau genre d'ennemi.

Suite au double meurtre commis dans une université, Dexter et sa sœur vont poursuivre une enquête extrêmement surprenante ... Secte ? Tueur en solo ? Démons ? Sans son double intérieur, Dexter va peiner à retrouver ses intuitions qui le caractérisaient des autres agents de Police.

Cette troisième aventure de Dexter commence fort dès le départ et relève le niveau par rapport au précédent épisode. L'auteur continue à rendre la vie impossible à ce tueur en série qu'on adore tous. La fin du roman est fabuleuse et nous promet un avenir très sanglant dans les futures pages de Jeff Lindsay.

Note : 16/20

dimanche 31 août 2008

Alligator Strip

Alligator Strip est le second roman de Chris Haslam mettant en scène le personnage de Martin Brock. Ce roman est en compétition pour la 9ème édition du prix du polar SNCF.

Présentation de l'éditeur :
Au moment où il va se faire pincer pour grivèlerie à la sortie d'un restaurant de Marrakech, Martin Brock, jeune Anglais séduisant et peu recommandable, est sauvé in extremis par l'intervention d'un homme d'affaires américain, Eugene Renoir. Aux abois, il accepte de suivre son bienfaiteur en Floride, pour l'aider à monter une escroquerie géniale. Si leur trafic de pièces de monnaie anciennes se déroule comme prévu, il sera millionnaire, garanti. C'est compter sans Sherry-Lee, une minable strip-teaseuse dont Martin s'entiche, le petit ami de la belle décidé à lui faire la peau parce qu'elle lui a piqué une demi-tonne d'herbe mexicaine, les crotales et l'infinie traîtrise de Renoir... N'importe qui, en pareilles circonstances, prendrait ses jambes à son cou. Mais Martin Brock n'est pas n'importe qui.

Martin Brock est un petit arnaqueur anglais qui exerce son art de truander les touristes à Marrakech. Lorsque l'une de ses minables escroqueries ne se déroule pas comme prévu, Martin se retrouve pris au piège par plusieurs marocains. Heureusement pour lui, un américain surgit à son secours et le sauve des griffes de ses agresseurs. Heureusement ? Pas sûr vu la suite des évènements ...

Eugène Renoir, alias Gene, propose à Martin d'arrêter ces petits combines et de le suivre aux États-Unis pour participer à une gigantesque escroquerie sur le trafic de pièces d'or. Une fois arrivé aux USA, Martin fait la rencontre de Brad. Fou d'armes à feu et au volant d'un pick-up volé, ce personnage confie à Martin qu'il souhaite tuer sa petite amie ... Sherry-Lee, une strip-teaseuse qui vit seule dans une caravane. Tout aurait pu bien se dérouler si Martin ne s'était pas épris de la jeune demoiselle ...

Un peu d'humour bien anglais, quelques situations cocasses et des références musicales bien Rock n' Roll n'ont pas réussi à me convaincre. Le roman rencontre de nombreuses longueurs et le manque d'originalité se fait cruellement ressentir. A tout moment j'espérais un retournement de situation mais l'histoire suit son cours sans la moindre progression sur le plan de l'intrigue. Très bien écrit mais décevant.

Note : 12/20

jeudi 21 août 2008

Versus

Versus est le second roman d'Antoine Chainas. Ce roman est en compétition pour le prix du polar SNCF.

Présentation de l'éditeur :
Si le major Paul Nazutti n'a pas la réputation d'être un tendre, c'est qu'il est en guerre. En guerre contre les tueurs d'enfants, les satyres, les pervers. Une guerre sans merci qui s'est étendue, dans son esprit, à tous et à toutes. Une guerre contre le monde entier. Mais combien de temps peut-on vivre rongé par la haine ? C'est ce qu'Andreotti, jeune inspecteur idéaliste, va découvrir à ses dépens, tandis qu'au sortir d'une affaire longue et douloureuse il reprend du service aux côtés de Nazutti. Rose Berthelin, quant à elle, a tout perdu. Sa fille, son mari, ses amis, sa famille. Elle trouvera la force, lentement, de se reconstruire et de dompter ses propres démons. Le passé ressurgira en force un jour, tandis qu'elle croyait avoir trouvé la paix, sous la forme de lettres anonymes. Jusqu'au bout, cette fois, Rose devra reprendre son combat.

Après avoir tendu une première joue récemment à Marin Ledun et son Marketing Viral, c'est au tour d'Antoine Chainas de m'envoyer une forte claque avec son nouveau roman. En effet, Versus fait l'effet d'une bombe ... lorsque vous retirez la goupille et que vous commencez à pénétrer dans l'histoire, le livre vous explose en plein dans votre imagination pour vous éparpiller dans de sombres et sinistres situations. C'est avec ce genre d'auteur que l'on peut affirmer que les écrivains français n'ont rien à envier à des Coben, King et autres maîtres du suspense et de romans noirs.

Beaucoup plus roman noir que thriller, Versus nous projette dans le calvaire de trois personnages qui vont se rencontrer par le biais d'une même affaire. Le Major Paul Nazutti est un homme violent, macho, misogyne, xénophobe et homophobe. Ce qui lui vaut de ne pas être très apprécié dans la Police. Membre de la brigade de protection des mineurs, on peut tout de même constater un bon fond dans ce dégoûtant personnage ; il passe son temps à se battre contre les pédophiles et autres dangereux pervers.

Andreotti est lui aussi un flic et vient d'intégrer l'équipe de Nazutti suite à une enquête délicate au sujet de flics ripoux qui lui a valu d'être mis sur la touche pendant un long moment. Avec son entêtement et sa volonté de rétablir la justice, il va vite devenir le poulain du Major. Ce dernier va lui montrer la face cachée de la ville et de la vie en générale ... un périple dangereux souvent sans retour.

Rose Berthelin a tout perdu ; sa fille, son mari, la plupart de ses amis et son père qui l'évite comme la peste. Vivant dans un monde de culpabilité et monotone, Rose vit sa sexualité de manière très étrange et très violente. Elle cherche à se laver de ses erreurs passées en s'infligeant d'horribles actes sexuels avec des inconnus. Des lettres anonymes vont bousculer son quotidien et rappeler de mauvais souvenirs. Ces lettres ne sont pas porteuses de bonnes nouvelles.

Le roman est violent et l'auteur ne mâche pas ses mots ; Versus ou la suite de La guerre des boutons revisitée par Takashi Miike. Les images que notre cerveau fabriquent d'après les descriptions de l'auteur sont parfois insoutenables. On aimerait pouvoir lire certains passages en se cachant les yeux comme un enfant devant un film d'horreur ... chose difficile à réaliser avec un livre. J'ai adoré ce roman, j'apprécie quand l'auteur se lâche et ne ralentit à aucun moment. Par contre, âmes sensibles s'abstenir ...

Note : 17/20

mardi 12 août 2008

Marketing Viral

Marketing Viral est le second roman de Marin Ledun. Après l'excellent Modus Operandi, l'auteur revient avec un nouveau thriller dont tout le monde parle chez les férus du polar.

Vous pouvez découvrir le prologue de ce roman ici (merci au site Polars Pourpres).

Présentation de l'éditeur :
A l’université de Grenoble, Nathan Seux travaille sur la sexualité. Ses recherches convergent vers un étrange laboratoire qui prétend utiliser génétique et nanotechnologies dans des buts alarmants : marketing, contrôle du corps et de l’esprit, « amélioration de l’homme ». Il cherche à en savoir plus, mais ses étudiants sont assassinés les uns après les autres et toutes ses pistes semblent déboucher sur des bains de sang...

Bien que ce roman soit lui aussi un roman policier, Marketing Viral est tout de même très différent de Modus Operandi. Alors que ce dernier nous entraine dans un pur polar à l'ambiance sombre et au héros psychologiquement perdu, le nouveau roman de Marin nous embarque dans une aventure où religion flirte avec science ... avec les nanotechnologies pour être exact. L'exemple le plus flagrant est la découverte d'une revue nommée Baalith (plus connu sous le nom de Belphégor) "animée par des chercheurs du Cérimex" (page 70).

"Des fous de technologie, comme d'autres sont des fous de Dieu."


********* ATTENTION, spoilers ci-dessous *********
Et quand on s'intéresse de plus près au personnage de Belphegor, on peut remarquer la ressemblance entre lui et Jézabel, la "machine humaine" (page 430).
"Dans la démonologie chrétienne, Belphégor est le démon qui séduit ses victimes en leur inspirant des découvertes et des inventions ingénieuses destinées à les enrichir. Il prend souvent un corps de jeune femme." (source wikipedia)

Depuis le début du roman, l'auteur nous guide habilement vers la double identité de Laure. Au départ, lorsque Nathan Seux fait sa connaissance, il n'est plus concentré sur son travail : "l'arrivée de Laure dans sa vie a tout chamboulé" (page 63), le lecteur est alors intrigué par ce mystérieux personnage. De même, par la suite, l'auteur en rajoute une couche : "Il ne comprend même pas comment il a fait pour oublier tout ça pendant l'été" (page 66). C'est avec cette dernière phrase que j'étais convaincu que le personnage principal se faisait manipuler. Puis d'autres preuves s'accumulent telle que l'entrevue entre Laporte-Daube et Loïc quand ce dernier demande des nouvelles de Nathan et de sa cousine Camille ... mais aucune question sur la fameuse Laure.
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"Des esprits meilleurs, des corps meilleurs et des vies meilleures."

Entre markéting génétique, neuro-markéting, puces à ADN, et les références à Tchakhotine et sa manipulation des masses, on peut dire que Marin a écrit un roman très pointu scientifiquement. Le centre de recherche Cérimex n'est qu'une façade afin de cacher leurs véritables expériences dans le but de créer des puces permettant de "susciter génétiquement l'impulsion créatrice et consommatrice" des êtres humains. L'auteur nous livre l'histoire de deux êtres, Nathan et Jézabel, qui vont se rencontrer et essayer de mettre fin à ces terribles expériences.

"Ceci est mon corps, donné par eux [...] Ceci est mon sang, livré par eux."

Manipulation, perversion, traque, clones, double personnalité ... les pages défilent devant les yeux du lecteur sans qu'il n'y ait le moindre temps mort ou la moindre longueur. On prend plaisir à lire cet excellent roman.

Note : 17/20